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lundi 23 septembre 2013

De la rue aux étoiles, édition 2014


C'est vrai, je suis silencieuse ces temps-ci. Ce hïatus, signe de mouvements dans ma vie, achève. Les astres se sont enfin alignées pour moi et je pense bien avoir à nouveau le temps, l'énergie et l'intérêt de me consacrer à vous un peu plus. Cela dit, silence n'égale pas nécessairement inactivité! Pour la troisième année, je serai au nombre des gens à donner un peu de temps à l'organisme Dans la rue dans le cadre de leur évènement De la rue aux étoiles. Pourquoi? Parce que cet organisme, qui célèbre son 25e anniversaire cette année, oeuvre au bien-être des gens les plus démunis de cette société.

L'évènement De la rue aux étoiles réunit chaque année des chefs des restaurants les plus en vus en ville qui se réunissent pour réinterpréter un classique de la bouffe de rue. Dans une atmosphère de fête, ils se livrent à une compétition qui visent à couronner le plat favori des juges et du public. C'est une excellente façon de contribuer au financement de l'organisme Dans la rue tout en goûtant à un échantillon du meilleur de la gastronomie montréalaise. Difficile de faire mieux! 

Cette année, je serai jumelée à l'équipe du Gros Jambon Diner, composée du chef Matt Zatavina et des propriétaires, Monica Terlecki et Travis Champion. Leur interprétation du hot dog sera tout à fait montréalaise, avec des accents de viande fumée. Pour eux, l'évènement De la rue aux étoiles est l'occasion idéale de faire connaître leur cuisine à une nouvelle clientèle, tout en œuvrant pour une bonne cause. Monica soulignait d'ailleurs que les activités de Dans la rue, qui offre toutes sortes de ressources aux jeunes itinérants pour les aider à sortir de l'itinérance, étaient d'autant plus pertinentes qu'elles visaient non pas seulement à soulager la souffrances des itinérants, mais aussi à les guider vers un meilleur avenir. Je suis totalement d'accord.

C'est pour cette raison que cette année encore, je vous invite à acheter votre billet! Jeudi, soyez des nôtres, dès 18 h au Centre des sciences pour une soirée glamour qui aidera de nombreuses personnes qui ont vraiment besoin de notre coup de pouce.

Les billets sont au coût de 150$ et peuvent être achetés par téléphone, au 514-526-5222. Un reçu de 125$ pour sera remis pour fins d'impôt.

Au plaisir de vous voir ce jeudi! 

Crédit photo: LaPresse.ca

mardi 18 septembre 2012

De la rue aux étoiles, édition 2012


Encore une fois cette année, j'ai le plaisir d'être associée à Dans la rue pour l'événement De la rue aux étoiles, qui vise à récolter des fonds pour l'organisme qui vient en aide aux jeunes de la rue. Le concept est simple, et très intéressant pour les foodies comme moi: des brigades issues des meilleures cuisines en ville s'affrontent dans le but de réinventer un mets typique de la cuisine de rue. Cette année, le mets à l'honneur est le taco. De mon côté, j'aurai le plaisir d'intégrer la brigade du chef Samuel Maudet, du Bice. J'ai choisi le chef du Bice (parce que oui, ce sont nous, les blogueurs, qui choisissons nos chefs, et non pas l'inverse, avouez qu'on est chanceux !) parce que sa cuisine méditarréenne d'inspiration italienne me fait baver d'envie. Présent sur place pour la troisième année consécutive, Samuel a fait des recherches pour élaborer le taco qu'il nous présentera, recherches variées qui l'auront mené aussi loin qu'au Mexique et à Calgary... en pensées du moins! J'ai très hâte de goûter à sa création, qui, quoique top secrète, promet d'être excellente, surtout en raison du boeuf braisé, grillé et fumé qui sera à l'honneur, sans parler de la salsa aux trois piments, dont mes préférés, les très chaleureux habanero... Oups ! J'en ai peut-être trop dit... ;)

mardi 17 avril 2012

Sur l'intégrité des blogueurs bouffe (ou: quand je me fâche contre La Clique du plateau)

Depuis hier soir, un bruit de scandale court dans le domaine des blogueurs bouffe: le service À la carte express, qui regroupe plusieurs restaurants et se propose de faire la livraison de leurs produits chez vous, offrirait 100$ aux blogueurs bouffe pour qu'ils essaient leur service. On leur aurait proposé, du même souffle, de leur offrir un autre 100$ à faire tirer parmi les lecteurs de leur blogue. Et on leur aurait demandé, si d'aventure ils avaient aimé leur expérience et qu'ils s'en étaient inspiré pour écrire un billet, de leur fournir les liens afin de pouvoir les partager sur la page Facebook de À la carte express. Remarquez que j'utilise le conditionnel: je ne l'ai pas reçu, moi, ce courriel. Mais je l'ai lu, puisque nous discutons de ce genre d'initiative entre blogueurs, justement parce que nous sommes sensibles aux questions d'éthique.

Et cette initiative de À la carte express est SCANDALEUSE ! En tout cas, c'est ce qu'a laissé entendre Lesley Chasterman, la critique gastronomique de la Gazette, quand elle a dit que le service À la carte express essayait d'acheter les blogueurs bouffe. Et c'est encore ce qu'a laissé croire (faussement, à mon grand regret), l'auteur (anonyme, évidemment) du billet de ce matin sur le blogue de La Clique du Plateau, billet très absurdement intitulé Une tuile de plus sur les blogues bouffe. L'article m'a tellement choquée que je me suis empressée de répondre, mais dans l'empire du journalisme de ruelle, on ne semble pas très pressé d'approuver mon commentaire, alors je vous partage ma réaction ici.

Une note, peut-être, avant de vous laisser lire ma diatribe: je suis une blogueuse bouffe entre deux mondes. Mon blogue est essentiellement axé sur les recettes - et ce genre de blogues connait une moins grande diffusion habituellement - mais j'aime faire des critiques de restaurants et de livres de recettes à l'occasion, ce qui m'a amenée à être parfois invitée à des restaurants à titre gracieux (je peux encore les compter sur les doigts de ma main) ou à recevoir des livres de recettes gratuits (privilège normalement réservé aux services de presse). J'ai aussi eu de la visibilité dans des magazines et même à la radio, mais je me considère comme chanceuse de tout ceci. Contrairement à ce que bien des gens pensent dans l'espace public, la majorité des blogueurs bouffe ont peu de visibilité: seuls une minorité d'entre nous sont connus des firmes de PR et reçoivent des "privilèges" grâce à leur condition de blogueurs. À ma défense, une partie de ma réaction est dûe au fait que les gens semblent avoir une vision très uniforme de ce qu'est un blogueur bouffe, et cette vision est fausse. Nous avons tous une ligne éditoriale différente, des intérêts différents et une personnalité différente. C'est très étrange de vouloir mettre tout ce beau monde dans le même moule pour dénoncer une initative somme toute assez commune.

Voici donc ma réponse à la Clique:

"Corrompus ? La plupart des blogueurs bouffe entretiennent leur blogue sans aucune compensation financière et sans aucune autre gratification que l’appréciation des lecteurs, et ce, malgré l’investissement (en temps, surtout) que demande l’exercice. La majorité des blogueurs ne bénéficient pas non plus de revenus publicitaires (on ne peut pas en dire autant de ce site) et ce sont loin d’être la plus grande partie d’entre eux qui sont courtisés par les firmes de PR et qui sont de tous les évènements; la plupart d’entre nous reçoivent une invitation à l’occasion, et tant mieux pour nous si nous décidons de participer ! Chaque critique de restaurant sur mon blogue a été écrite avec intégrité, et j’ai payé pour chacun des repas que j’ai commenté, à l’exception du seul plaisir coupable que je me réserve chaque année, soit le lancement de La Cabane urbaine au Scena du Vieux-Port. Et je pousse l’intégrité jusqu’à mentionner que je suis invitée à titre gracieux, et à critiquer les plats qui m’apparaissent les plus faibles de la soirée. Corruption, quand tu nous tiens…

Qu’est-ce qui choque dans l’offre de À la carte express au point de déclencher les hauts cris de Lesley Chesterman (qui voit son monopole gastronomique s’envoler en fumée, peut-être ?) et même de nous valoir un article sur le blogue de la Clique du plateau ? Un service destiné à des adeptes de bonne bouffe essaie de se faire connaître auprès de son public cible en lui proposant de l’essayer gratuitement. Voilà qui est assez commun dans le monde de la pub. Par la bande, on propose d’augmenter la visibilité du service en proposant au dit public cible d’organiser un concours ou de commenter l’expérience sur leur blogue. On ne parle pas de partenariat commercial en échange d’hyperliens ou bien de contrat entre la firme de PR et le blogueur. Les blogueurs mis sur la sellette n’ont même pas commencé à profiter de l’offre de ALCE qu’on les dénonce déjà – offrant dès lors au service À la carte express une visibilité bien plus grande qu’il n’aurait eu au départ. J’imagine qu’il y a des PR contents quelque part !

Ce qui serait corrompu serait de dire qu’on a eu un bon service si le service était mauvais. Ce qui serait corrompu serait de dire qu’on a eu un bon repas si la nourriture était médiocre. Aucun d’entre nous ne l’avons fait dans le cas précis de ALCE, et nous ne méritons pas l’épithète de corruption. Bien sûr qu’il y a des gens qui vont aller à tous les évènements et écrire des billets positifs sur chaque produit qu’on aura tenté de leur vendre, mais des gens à l’honnêteté douteuse, il y en a dans tous les domaines. Fuck, avant de dénoncer la corruption des blogueurs bouffe (first world problem), dénoncez la corruption qui compte… et qui existe. 

Je connais peu de gens qui s’opposeraient à ce qu’un blogueur cinéma soit invité gratuitement à la première d’un film et en parle ensuite sur son blogue. Je ne parle pas d'un gros junket publicitaire avec un voyage à Los Angeles toutes dépenses payées là, mais de la première d’un film québécois, bien normale, au Cinéma Quartier Latin, mais dont le blogueur ne payerait pas son billet disons. Vous ne criez pas à la corruption ? Avez-vous le jugement élastique ?

PS: Parlant de la supposée mauvaise bouffe de ALCE, il semblerait que le Europea soit un des restaurants accessible grâce au service À la carte express. Ouais, l’un des deux restaurants cinq étoiles à Montréal. C’est pas l’honnêteté qui étouffe La Clique non plus quand vient le temps de dénoncer quelque chose, on dirait."

Un mot en terminant: c'est possible qu'il y ait des blogueurs bouffe avec des pratiques douteuses. Des blogueurs bouffe qui vous donnent l'impression d'être malhonnêtes. C'est possible. Si c'est l'impression que vous avez, dénoncez ces blogueurs, montrez-les du doigt et leur crédibilité s'en trouvera grandement affectée. Mais je sais que moi, je ne mérite pas d'être traitée de vendue (ou d'achetable, c'est selon) et encore moins de corrompue. Et c'est la même chose pour la plupart des blogueurs que je connaisse. Alors qu'on cesse de remettre notre travail en question: c'est un travail bénévole, passionné et rempli d'amour pour la bouffe et pour nos lecteurs, et nous méritons respect.

mercredi 21 mars 2012

Défi Épicerie: le résultat des courses


Alors, vous brûlez de savoir si j'ai tenu mon pari ? Et bien... oui ! Et... non. Ça dépend de quel angle on prend le tout. D'abord, le jour des courses s'est déroulé dans une atmosphère très différente de nos courses habituelles. J'étais tellement concentrée et stressée que le moindre contretemps (comme quand Chéri me ramène 300g de bacon tranché épais alors que je lui en avais demandé 125g, une différence de... TROIS dollars) me donnait des boutons et me donnait l'impression que le défi était gâché. Tout simplement. Or, il s'est avéré qu'en achetant une livre de beurre au lieu de deux, et en étant raisonnable dans tout le reste, nous avons assez facilement réussi à ne pas (trop) dépasser le seuil fatidique des 50$ d'épicerie.

En fait, le résultat total de l'épicerie de la semaine, une fois le chèque-cadeau de 12$ enlevé sur la facture de Métro, a été de 50.47 ! Pas mal, pas mal ! Cela étant, il a été plus difficile que prévu de s'en tenir au plan de match de la semaine. D'abord parce que vendredi, quand nous sommes allés compléter nos achats au Marché Oriental St-Denis, et que nous sommes allés veiller en emportant avec nous notre chou nappa et nos feuilles de la lot (oui, on est bizarres, oui, on a des troubles d'attachement), et bien... nous avons perdu une partie des courses en chemin, sans s'en rendre compte. Pas parce qu'on était trop enthousiasmés par la St-Patrick là, non, non ! Juste parce qu'on est malhabiles et qu'on a échappé les feuilles de la lot quelque part, sans s'en rendre compte. Résultat: Chéri est retourné au Marché Oriental St-Denis, et il est revenu avec 3$ de feuilles de la lot et de gingembre. Bilan: 53.47$

À quoi ça ressemble, 53,47$ d'épicerie ? Ça ressemble à ça, plus un chou nappa, un paquet de feuilles de la lot et un morceau de racine de gingembre.

C'est pas tant, n'est-ce pas ?

Est-ce que ça s'arrête là ? Et bien, pas vraiment... On a eu un budget divertissement un peu plus élevé que d'habitude, probablement parce que le budget épicerie très serré implique BEAUCOUP de cuisine, et on finit par être lassé. Donc, on a au moins déplacé deux repas pour les remplacer par des sorties au resto. Et hier, pour bien manger mes émotions après une déception professionnelle (ok, manger ses émotions, c'est NORMAL, c'est le monde qui mange comme des robots qui sont bizarres), je suis retournée à l'épicerie pour acheter du pop corn et des chips (cuites au four, quand même), pour grignoter pendant Twin Peaks, notre série télé du moment. Total de la facture: 8.78. Bilan total: 62.25, soit un peu plus de 12$ au-dessus du budget initial ou 24% de plus que le montant total prévu. C'est beaucoup !

Ceci m'a fait réaliser que 50$, c'est très peu pour deux personnes. Je n'ai pas pu me permettre aucun luxe, et je n'ai pas pu mettre quoique ce soit dans mes réserves, ce qui est bien plus inquiétant pour moi. En ajoutant 10$ de plus au 50$ initial, j'aurais pu acheter un petit roastbeef (il était en spécial chez Métro) et quelques cuisses de poulet que j'aurais pu utiliser cette semaine. Je pense que c'est d'ailleurs la mission que je vais tenter de relever cette semaine: 60$, avec quelques petits à côtés pas trop bon pour les coups de boule, et quelques petits trucs pour les placards.

Et vous ? Comment s'est passé votre épicerie de la semaine ?

jeudi 15 mars 2012

Défi Épicerie: la préparation, la liste et le menu

Et bien voilà ! Premier post sur le début de mon défi épicerie. J'ai fait mes premiers calculs, et honnêtement, il n'y en aura pas de facile ! Heureusement que j'ai un chèque-récompense de 12$ chez Métro pour l'accumulation des points Métro et moi, parce que notre repas hebdomadaire de poisson a failli se transformer en quelque chose d'un peu moins glamour. Je vais bientôt partir faire les courses, après avoir mangé parce que Chéri m'a préparé un drôle de truc pour le dîner et que j'ai bien hâte d'y goûter (quand je dis un drôle de truc, je veux dire un quesadillas avec des oeufs, des poivrons et... du kimchi), mais avant, je veux vous détailler un peu plus ma préparation.

D'abord, dans mon menu de la semaine, je ne prévois jamais les déjeuners. Je m'assure d'avoir du pain, des oeufs et du fromage dans le frigo (ce que Chéri et moi consommons habituellement au déjeuner, finalement) avant de partir à l'épicerie, mais je ne détaille pas plus que ça. Si nous avons envie de manger des crêpes ou du pain doré en cours de semaine, nous avons toujours ce qu'il faut sous la main ou presque, et je peux toujours faire un pain si je manque de pain pour mes traditionnelles rôties au P'tit crémeux Boivin et à la Sriracha (vous allez vraiment penser qu'on est un couple avec des goûts bizarres !). Par contre, je prévois tous les dîners et les soupers, quitte à me retrouver à passer un reste imprévu au dîner et à décaler les dîners suivants sur le menu de la semaine prochaine. De cette façon-là, je ne suis jamais prise au dépourvu. Finalement, je reçois des amis samedi soir, c'est donc une autre difficulté de rester dans le budget de 50$ tout en faisant un repas intéressant et savoureux digne des occasions spéciales. J'ai quand même trouvé des plats qui ne reviendraient pas trop cher en exploitant ce qu'il y a dans mon garde-manger et dans mon frigo, comme de la purée de citrouille, des carottes, des citrons Meyer, des condiments asiatiques et autres. Même le kimchi sera mis à contribution ! ;)

Comme justement je reçois avec une thématique asiatique samedi, je vais devoir passer au Marché Oriental St-Denis pour prendre quelques trucs qui ne sont pas disponibles ailleurs, comme des feuilles de la lot (merci à Chipeuse pour me les avoir faites découvrir !). Je dois aussi passer à l'Euromarché, une épicerie italienne du quartier St-Michel, pour me procurer un pot de Gardiniera à un prix avantageux. Ces deux établissements ont un avantage que les autres épiceries n'ont pas: ils offrent des produits typiques des cuisines régionales des pays de la clientèle à laquelle ils sont destinés, et ils les offrent généralement vraiment moins cher qu'en épicerie. Ainsi, en sachant que j'ai besoin de passer à l'Euromarché, j'en profite habituellement pour faire le plein de ricotta (2$ pour 450g au lieu de 5$ partout ailleurs !), de pâtes sèches de qualité, de tomates en boîte et, surtout, de veau, qui est vendu à un prix dérisoire puisque tellement présent dans la gastronomie italienne ! Au Marché Oriental, ce sont surtout les légumes que je convoite: quand je vois 10 belles limes fraîches pour 1$, je ne vois pas trop la nécessité d'en acheter des ratatinées à 2 pour 1$ à mon IGA de quartier. Bref: connaissez vos épiceries locales, c'est aussi une excellente façon d'économiser.

Je commence ma préparation de liste d'épicerie en épluchant les circulaires de mes deux épiceries régulières et en triant les bons spéciaux en fonction de ce que j'ai déjà dans mes réserves. Cette liste n'est pas vraiment faite en fonction de ce que j'ai besoin ou non, elle rassemble seulement ce que je considère être des bons achats de la semaine. La voici:


Ensuite, en fonction de ce que je vois sur la liste, je me remue les méninges en essayant de trouver des plats à cuisiner qui utiliseraient avantageusement un ou plusieurs éléments de cette liste, et les réserves que j'ai déjà dans mes armoires. Comme je fais la liste des spéciaux le mardi et que je ne fais l'épicerie que le jeudi, je me réserve souvent une grosse journée pour penser à cela à temps perdu. Pour m'aider, je consulte mes livres de recettes, mes favoris "Cuisine" sur Internet - soigneusement classés par types d'aliments (par exemple: pâtes, riz et pizza) et ensuite par types de recettes (par exemple: pâtes végétariennes, pâtes au poisson et aux fruits de mer, pâtes à la viande et à la charcuterie; j'ai même un dossier juste pour mes recettes de macaroni au fromage (je vous avais prévenu que j'étais un peu monomaniaque)), et ma liste d'îdées bouffe dans Word, un document dans lequel j'écris toutes les choses que j'aimerais cuisiner, que la recette existe ou non. C'est un peu le moment où je "crée" des recettes, en amalgamant ces idées avec les recettes que je connais déjà. Une fois que j'ai plusieurs bonnes idées, je monte le menu de la semaine. Je fais un petit tableau qui ressemble à ceci:


Et une fois le menu composé, je m'assure d'avoir tous les éléments pour cuisiner en bâtissant une liste d'épicerie détaillée avec les quantités requises ou le poids nécessaire. Inévitablement, je finis toujours par oublier quelque chose, mais en général, je m'en sors assez bien. Avec la liste de cette semaine, en prenant en compte le chèque-récompense, j'arrive à un total de 58$ estimé pour l'épicerie de cette semaine. Comment vais-je faire pour arriver au 50$ visé ? Je ne sais pas ! En espérant fort, je pense !


PS: En cliquant sur les photos, vous verrez bien plus nettement le texte... Si ça vous intéresse !

mercredi 14 mars 2012

Le prix de l'épicerie




Trouvez-vous que l'épicerie coûte cher ?

Bien j'espère ! Parce que c'est le cas. Selon les travaux de l'économiste Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques alimentaires à l'Université de Guelph, le prix moyen du panier d'épicerie aura été en augmentation constante au cours des trois dernières années, avec une augmentation de 10% en 2008 et 2009, de 3% en 2010 et de 5% en 2011. Heureusement pour nous, l'augmentation anticipée pour cette année est presque nulle, mais des produits comme le sucre, le café, le riz, le maïs et les arachides auront connu un bon astronomique dans les derniers mois, allant de 30% pour les arachides à 70% pour le maïs. Tout ceci crée énormément de pression sur les finances des familles, et il faut être très créatifs pour arriver à nourrir tout notre petit monde sans dépasser le budget.

C'est pour cela que cette semaine, je vous propose un petit défi épicerie: je me donne le défi de faire une épicerie, suffisante pour nourrir deux personnes, à 50$ ou moins, soit 30 à 40$ de moins que ce que Chéri et moi payons habituellement. Je vous partagerai les différentes étapes de ma planification hebdomadaire (car oui, ça prend de la planification), ainsi que mon menu de la semaine et mes petites stratégies pour éviter de retourner à l'épicerie une fois le marché de la semaine fait. Évidemment, je n'hésiterai pas à puiser dans mes réserves (c'est bien à cela qu'elles servent !), mais je vais aussi essayer de vous donner des trucs pour les exploiter au maximum (parce que des fois, ça fait du bien de ne pas payer un sou d'épicerie durant la semaine).

Donc, comme demain est le jour de l'épicerie (en tout cas, chez moi), voici toujours mes petits trucs pour réduire la facture d'épicerie.

1. Tenez-vous au courant des spéciaux: C'est très important de ne pas aller à l'épicerie sans être préparés. Ça m'arrive de parler avec mes amies de ma grande passion pour le fait d'aller faire des courses (j'aime vraiment ça, pour vrai là), et quand elles me disent qu'elles regardent les spéciaux qu'une fois rendues à l'épicerie, j'ai toujours un petit quelque chose qui ressemble à une bouffée d'angoisse. Comment font-elles pour être sûres qu'elles cuisineront ce qu'elles achètent pour ainsi éviter le gaspillage ? Comment font-elles pour être certaines qu'elles profitent d'un bon spécial, et non pas d'un rabais de quelques sous qui ne vaut pas la peine ? C'est peut-être mon côté monomaniaque, mais pour moi, il est impensable de ne pas au moins vérifier les aubaines de la semaine avant de se rendre au magasin. Le niveau deux de la préparation, ensuite, c'est de noter les différents spéciaux desquels on aime profiter (poitrines de poulet parées et désossées, yogourts individuels, barres tendres, etc.) et de voir les différentes fluctuations. Par exemple, les poitrines de poulet, au prix régulier, peuvent se vendre jusqu'à 8.99$/lb au prix régulier, c'est cher ! Elles tombent souvent en spécial à 2.99$ ou 3.29$, prix que je considère comme un très bon spécial. Si j'en ai besoin une semaine, et qu'elles sont à 3.49$, je vais considérer que c'est un rabais suffisant pour en acheter, mais hors de question que je les achète à un prix "spécial" (qui n'en est pas un) de 5.99 ou 6.99/lb. La meilleure façon de savoir ce qu'est un bon spécial pour nous, donc, c'est de regarder souvent les spéciaux et de faire un suivi. Pas besoin de se faire un tableau sur Excel là ! Juste quelques notes suffisent pour une bonne planification.

2. Faire un menu, et s'y tenir: Et surtout, faire le menu en fonction des spéciaux de l'épicerie, et non pas en fonction de ce qu'on a envie de manger. Donc une fois qu'on a épluché les circulaires (je m'en tiens aux deux épiceries auxquelles je peux aller à pied et à l'épicerie italienne où je me rends en autobus, mais c'est à vous de voir jusqu'où vous pouvez étendre votre territoire de chasse), on repère quelques aliments qui peuvent entrer dans notre répertoire de recettes sous plusieurs formes (du filet de porc, par exemple, qu'on peut sans doute apprêter de différentes façons durant la semaine, ou des épinards, qui sont super polyvalentes et peuvent se transformer en quiche, en potage ou en pesto en un rien de temps) et on construit le menu en fonction de ces aliments. On complète au besoin avec ce qu'on a dans nos réserves, et en dernier recours, on achète ce qui manque. Après, et c'est le plus dur, on s'en tient au menu, quitte à inverser des repas (parce que oui, je planifie aussi le jour où je cuisinerai les recettes que je choisis) pour adapter nos goûts du moment.

3. Faire une liste, et la suivre:
C'est un des secrets pour éviter les traditionnelles chicanes conjugales pendant l'épicerie: faire la liste avant de partir, et n'acheter que ce qui se trouve sur cette liste. Si on n'en a pas besoin pour cuisiner ce qui est au menu, on n'en a pas besoin cette semaine-là. Évidemment, tout le monde a envie de gâteries de temps en temps. Planifiez-les dans vos achats de la semaine, comme ça, pas d'achats impulsifs qui viendront plomber le budget. Si vous avez envie d'un produit de luxe comme le homard, attendez la saison (règle d'or #1), attendez les spéciaux (habituellement 4.99$/lb à la fête des mères), et gavez-vous. Personne ne souhaite être privé non plus.

4. Intéressez-vous aux coupons rabais: Sans devenir obsessif comme les participantes de Accro aux coupons rabais (Extreme couponing en anglais), il est possible d'obtenir de bons rabais si on s'intéresse juste un peu aux coupons disponibles. Certaines sites offrent des coupons à imprimer directement à partir de notre ordinateur, d'autres nous les envoient par la poste. C'est une bonne façon d'économiser sur les produits pour la maison comme les nettoyants et le papier hygiénique. Pour les produits d'épicerie, surveillez les tear-pad en magasin, ces coupons qu'on place sur les tablettes et qu'il suffit de déchirer (d'où le nom de tear-pad). S'il s'agit d'un produit que vous utilisez souvent, n'hésitez pas à en prendre plusieurs ! Le meilleur, c'est quand on arrive à combiner les rabais. Par exemple, j'ai une vingtaine de coupons pour les petites cannettes de V8 que j'ai obtenu sur un tear-pad en magasin. Je ne les utilise pas chaque semaine, que nenni ! J'attends que l'emballage de six cannettes tombe en spécial à un très bon prix, comme 3 pour 5$ (1.66 chacun) et j'en achète plusieurs, en utilisant un coupon de 0.75$ de rabais pour chacun d'eux, ce qui fait que les emballages me reviennent à 0.91$ chacun... au lieu de 2.49$ au prix régulier. Qui dit mieux ? Des sites comme OnMagasine.ca peuvent vous aider à vous initier au merveilleux monde du couponing et à vous tenir au courant des bons deals en cours.

5. Faites des réserves: Quand un prix n'est pas mal, à l'épicerie, ou qu'on a une bonne occasion de combiner un rabais en épicerie et un coupon, faites des réserves. C'est bien moins cher d'acheter 3 douzaines d'oeufs quand elles sont en spécial à 3 pour 5$ (1.66$ la douzaine ou 0.14$ l'oeuf) que de les payer au prix régulier 3 semaines sur 4 (0.27$ l'oeuf). Même chose pour le fromage en brique (le Cracker Barrel Fort à 3$ au lieu de 7.49$ se conserve quelque chose comme 3 mois au frigo... a-t-on vraiment de bonnes raisons de l'acheter à plein prix dans ce temps là ?), les pâtes, les viandes qui se congèlent bien...

6. Mangez... végé: Évidemment, je prêche pour ma paroisse, mais les sources de protéines végétales sont, en général, beaucoup moins dispendieuses que les protéines animales (en plus d'être plus écologiques, et meilleures pour la santé). En réduisant votre apport en viande et volaille d'un ou deux repas par semaine, vous êtes assurés d'économiser une bonne partie de votre facture d'épicerie. Un sac de 2lb de légumineuses avec lequel on peut faire une vingtaine de portions coûte entre 2 et 4$. Un bloc de tofu ferme de 500g nourrit entre 3 et 4 personnes et coûte 2.50$. Combien de personnes pouvez nourrir avec 2.50$ de viande ?

7. Cuisinez !: Pourquoi acheter du pain, des barres tendres ou des muffins tout faits quand on peut en cuisiner des meilleurs au goût et des plus sains pour une fraction du prix en coût d'ingrédients bruts. Bon, ça demande, du temps, de la planification et de l'énergie, mais c'est valorisant d'apporter nos propres muffins au bureau et de voir le regard d'envie de nos collègues qui se contentent des galettes à l'avoine pleines de gras trans de la café. (Bon, bon, j'ai peut-être des sources de satisfaction étrange, j'en conviens).

Voilà ! Si vous avez d'autres trucs, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires, et revenez tout au cours de la semaine prochaine pour lire les articles de la série "Défi Épicerie".

lundi 12 mars 2012

La tague des blogueurs

Au mois de février, alors que j'étais plongée jusqu'aux oreilles dans mon contrat de correction pour le Ministère de l'éducation, j'ai été taguée par deux blogueuses afin de partager avec mes lecteurs mes petites confidences culinaires. Les règles de la tague sont simples: je dois d'abord vous confier onze choses que vous ignorez à propos de moi-même, et je dois ensuite répondre aux onze questions qui m'ont été posées tour à tour par Libellule et Wimzie. Normalement, je devrais aussi passer la tague et créer onze questions pour onze blogueurs différents, mais comme j'ai pris un mois à répondre aux questions qui m'ont été posées, pas mal tous les blogueurs que je connais ont déjà eu la tague ! C'est dommage, mais j'ai quand même pas mal de plaisir à répondre aux questions de mes consoeurs blogueuses.

Donc... voici onze choses que vous ignorez sur moi-même:

1. Il n'y a rien du tout qui me destinait à devenir éditrice et rédactrice d'un blogue culinaire. Je me suis tout bonnement levée un matin, et j'ai décidé que comme je trouvais la plupart des blogues végétariens trop dogmatiques à mon goût, j'allais en créer un moi-même qui allait promouvoir la diversité alimentaire sans tomber dans le rigorisme. Le succès de l'expérience a été une grande surprise pour moi ! Surprise pour laquelle je vous remercie, d'ailleurs...

2. Même si j'ai l'air de passer ma vie à cuisiner et à lire des livres de recettes (activité qui, je dois dire, m'occupe quand même pas mal), il ne s'agit pas du tout de mon champ d'expertise. Au contraire, je dois être la seule spécialiste québécoise de Simone de Beauvoir qui s'adonne à une activité aussi hétéronormative que la cuisine...

3. Il ne faut toutefois pas se fier à mes dehors intellectuels, je n'en ai pas l'âme du tout. Outre le fait que j'aime la langue française et la littérature et que je ne dédaigne pas une bonne discussion politique ou philosophique, la plupart de mes passions sont excessivement girly: j'aime le vernis à ongle, les films de filles, les vêtements vintage, les sacs à main en cuir recyclé et pas mal tout ce qui est un peu rose. J'ai essayé, ça ne se guérit pas.

4. Je suis accro aux jeux questionnaire et j'ai été joueuse toutes étoiles de mon équipe de Génies en Herbe à l'université. Conséquence: personne ne veut jamais jouer à Quelques arpents de piège avec moi.

5. Un de mes plaisirs coupables littéraires est la littérature jeunesse. J'ai lu tous les tomes du Journal d'Aurélie Laflamme, et je relis presque tous les ans la série des Raisins de Raymond Plante. À la vente annuelle de la Bibliothèque nationale, je traque les livres que je lisais étant jeune, comme la série des Arpents de Alan Wildsmith, et je les achète en faisant semblant que je les accumule pour mes futurs enfants. C'est faux: c'est pour les lire enroulée dans une doudou, comme quand j'avais 10 ans.

6. Serdaigle et fière de l'être. Le courage, ce n'est pas tout dans la vie !

7. Un de mes plaisirs coupables culinaires est d'aimer à peu près tout ce qui contient du fromage orange manipulé génétiquement. Un de mes déjeuners préférés, c'est une rôtie de pain aux grains germés sur laquelle je dépose deux blancs d'oeuf frits dans un soupçon d'huile d'olive et une tranche de fromage sans gras. Ah oui: j'arrose copieusement le tout de Sriracha, sinon, ce n'est pas aussi bon.

8. Je pense que mes papilles gustatives souffrent un tantinet de mon obsession pour les sauces piquantes, mais ça ne m'empêche pas de souhaiter plus que tout aller au Austin Hot Sauce Festival au moins une fois dans ma vie.

9. Je ne serais jamais capable d'être strictement végétarienne parce que... j'aime bien trop la saucisse à hot dog ! On dira ce qu'on voudra, des tofu-pogo, c'est plate.

10. Même si mon cursus universitaire mène en général à l'enseignement de la littérature, je rêve plutôt d'un emploi stable dans une maison d'édition ou une magazine culinaire. Je trouve beaucoup plus stimulant d'écrire toute la journée que d'enseigner à des jeunes blasés.

11. Un de mes rêves est de posséder une chèvrerie pour faire une production artisanale de fromage. J'en profiterais aussi pour élever des canards et les gaver moi-même, afin de ne jamais manquer de foie gras !

Mes réponses aux questions de Libellule:

1. Si vous pouviez faire un métier, n'importe lequel, que choisiriez-vous? Comme tout le monde, je pense que j'aimerais être un ingénieur en astrophysique pour voyager dans l'espace. Sinon, journaliste culinaire me conviendrait.
2. Quel groupe de musique vous a rendu groupie pendant votre adolescence? Nine Inch Nails
3. Aimeriez-vous changer de prénom? Si oui, pour lequel? Pour les deux réponses: pourquoi? Ça ne m'est jamais passé par la tête... je pense que je suis adaptée à mon prénom.
4. Votre dernière gaffe mémorable? Elle ne devait pas être si mémorable, parce que j'ai oublié ! ;)
5. Quel bidule de cuisine gardez-vous, mais que vous n'utilisez jamais? Aucun ! Ma cuisine est remplie de trucs que j'utilise souvent, ou pas trop souvent mais qu'on est heureux de s'en servir quand on en a besoin. Je ne suis pas une acheteuse de gadgets. (Quoique, j'ai un pèle-ananas... mais je m'en sers chaque fois que j'ai des ananas à la maison.)
6. Quelle était votre dessin animé d'enfance favori? Quand j'étais jeune, je pense que je tripais énormément sur Maya L'abeille, mais honnêtement, à part la chanson thème chantée par Nathalie Simard, je ne m'en rapelle plus vraiment.
7. Votre phrase fétiche? Écrire, c'est ébranler le sens du monde. - Roland Barthes
8. Parlez-nous de votre pire travail d'étudiant... J'ai toujours aimé mes emplois étudiants, mais il y en a qui ont de pires mauvais côtés que d'autres. Parlez-en à une fille qui a été cinq ans de temps préposée au service à la clientèle chez Zellers...
9. La saveur qui vous rend gaga en cuisine et celle que vous détestez? J'adore tout ce qui est piquant (duh, quelle révélation !). Il n'y a rien que je n'aime pas, même les trucs très âcres comme le fromage bleu, j'apprends à les apprivoiser.
10. Votre tendance culinaire du moment? La cuisine coréenne !
11. Une mauvaise habitude que vous avez en cuisine? Je goûte tout, tout le temps, et quand arrive le repas... je n'ai plus faim. :(

Et celles de Wimzie:

1- L'aliment ou le met que vous avez le plus honte de manger ? Chaque semaine, je mange un bol de Kraft Dinner au micro-ondes. C'est habituellement ma collation du vendredi soir. J'aime mieux ça que le Kraft Dinner en boîte, et si je n'en mange pas, je "m'ennuie" de mon p'tit bol. Bizarre.
2- Avez-vous déjà servi un truc acheté et devant les bons commentaires des vos invités vous n'avez pas osé le dire? Et si oui, Wimzie veut que vous vous confessiez! Qui? Quoi? Quand? Hm, non, ça ne m'est jamais arrivé: soit je le confie, soit je le cuisine moi-même ! Mais il y a du très bon déjà tout cuisiné, il ne faut pas avoir honte... Les quiches de La p'tite boulangerie sur Fleury sont bien meilleures que les miennes...
3- Votre péché mignon ? Les chips. Dur, dur de résister, j'essaie de ne pas en acheter sauf quand on prend une bière entre amis. Même chose pour le fromage salé.
4- Même si on me payait un milion , je ne ferais jamais... Considérant que je suis actuellement au chomâge, c'est une réponse à géométrie variable ! Hehe ! Mais comme je suis quelque'un d'intègre, je ne ferais jamais quelque chose qui va à l'encontre de mes valeurs, comme être porte-parole pour une cause que je n'endosse pas du tout, par exemple.
5- Si vous pouviez changer le nom de votre blog, ce serait? Je ne sais pas trop, quelque chose dans lequel il n'aurait pas le mot "végé", pour que je ne me sente pas coupable quand je fais une recette de viande !
6- Votre pire mauvais coup? J'suis bien trop sage pour faire ça, des mauvais coups.
7- Une personne avec qui vous aimeriez avoir une discussion et pourquoi? Simone de Beauvoir, parce que honnêtement, je suis pas mal sûre qu'elle était insatisfaite de son pacte avec Sartre, et je me demande pourquoi tous ses biographes passent sous silence la souffrance qu'elle a vécu...
8- Chose que vous aimeriez que les gens se souviennent de vous? Euh... Ma générosité, je pense.
9- Si je ne devais manger qu'un seul repas jusqu'à ma mort.. Ce serait... et Pourquoi? Aucune idée, ça change selon les jours... peut-être de la soupe pho, on dirait que je ne me tannerai jamais d'en manger.
10- Objet les plus quétaine que vous possédez? Une collection de doudous auxquelles je suis très attachée, pour différentes raisons. L'une de mes préférées a été crochetée à la main par une dame qui travaillait dans un camp de vacances avec moi, une autre m'a été offerte par mon beau-père décédé il y a bientôt deux ans. Je ne m'en séparerais pas.
11- La plus belle chanson d'amour selon vous? Facile: Mon Dieu de Édith Piaf, écrite juste après la mort de Marcel Cerdan. Ça m'arrive souvent de pleurer si je l'écoute quand je suis trop fatiguée... Même chose pour Orly de Jacques Brel.

Voilà ! J'espère que vous avez trouvé l'exercice intéressant et que ça vous a permis de mieux me connaître.


La Cabane 2012


Comme l'année dernière, j'ai eu la chance de recevoir une invitation au lancement médiatique de La Cabane, cet évènement qui réunit chaque année trois des choses que j'aime le plus au monde: des chefs inspirants, de la bonne bouffe et du glamour. Cette année encore plus que l'année dernière, je me suis sentie privilégiée parce que Chéri a pu m'accompagner, nous avons eu une belle soirée de bombance festive et nous sommes rentrés à la maison la panse bien pleine, satisfaits et heureux comme jamais. Si le décor de La Cabane a peu changé depuis l'année dernière, le look rustique-trash de celle-ci est toujours aussi chaleureux et invitant, et il dépayse juste assez pour nous mettre dans l'ambiance. Cette fois, j'ai vraiment flashé sur les chaises berçantes suspendues dont le recouvrement imitait le motif d'un bon gros bas de laine, un élément de décor qui représente ce que doit être, pour moi, une cabane: cozy, confortable, décontractée...


C'est Martin Juneau qui succédait à Patrice Demers, Marc-André Jetté (édition 2011) et Danny St-Pierre (édition 2010) aux commandes des fourneaux du Scena du Vieux-Port. Je dois admettre que le travail de cette brigade m'a particulièrement impressionnée: tout, ou à peu près, était également délicieux et savoureux. Un premier service d'entrées qui était une sorte de jeu sur le thème du comfort food nous a jetés par terre: malgré un creton de truite (ou de saumon, le menu et le serveur ne s'entendaient pas à ce sujet) un peu sec, ce sont les saveurs explosives du petit sandwich au pulled pork (et sa sauce barbecue à l'érable juste assez épicée) et le smoked meat de bison (dont la saveur de fumée était si riche qu'elle chatouillait le nez) et sa moutarde à l'érable que nous avons le plus aimé dans notre soirée. Juste pour ça, le menu de La Cabane vaut le détour. J'ai un peu moins apprécié le deuxième service, la soupe nouilles et canard (je pense que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus "wow" que des rotelle et du bouillon), que j'ai trouvé juste un peu chiche et plus traditionnelle. En même temps, je suis toujours un très bon public pour une bonne soupe alors je l'ai enfournée avec plaisir malgré tout; ce n'était pas pas réussi, ce l'était juste un peu moins que tout le reste.


De tous les plats composant le plat principal, Chéri et moi avons préféré, et de loin, la tarte au boudin noir et son chutney de pommes. Moi qui n'avais jamais mangé de boudin (hé non...), je dois avouer que j'ai été surprise de la texture et du goût de cette préparation. C'était à la fois crémeux, souple et résistant sous la dent, un peu chewy... Je n'arrive pas à trouver le mot juste alors disons le simplement: c'était très bon. Aussi, le contraste de texture entre la croûte pur beurre, le boudin et le chutney de pommes était des plus intéressants. Pour accompagner ceci, Martin Juneau a cuisiné une pièce de flanc de porc DuBreton cuite à la perfection, dont la viande était tendre et juteuse et la couenne, croustillante comme on les aime, des fèves au lard traditionnelles et des légumes racines rôtis: l'assiette était en somme bien équilibrée et chacun des éléments m'a plu; je trouvais le tout généreux et appétissant.


Les desserts ont aussi été appréciés, parce qu'ils réinterprétaient des classiques à la fois rustiques et populaires. J'ai adoré le whippet à l'érable, avec un biscuit hyper feuilleté et croustillant, une guimauve à l'érable et un enrobage chocolaté et délicat. Chéri, lui, s'est attaqué aux beignets farcis au berre d'érable avec un enthousiasme inégalé: c'est en effet une belle trouvaille, parfaite pour les dents sucrés aguerries comme lui. Seul le nougat façon tarte à la farlouche m'a un peu moins satisfaite, mais je n'ai jamais été une grande fan de cette concoction à base de raisins secs et de sirop d'érable. Ce qui est étrange, c'est que même si je n'ai pas été particulièrement allumée par ce dessert, j'ai trouvé que le goût du nougat était vraiment très proche de la vraie tarte à la farlouche de ma grand-mère; on peut donc dire qu'il était tout à fait réussi quand même.


Finalement, une nouvelle addition à La Cabane cette année, c'est le divertissement musical en fin de soirée. Quand le service est terminé, on tamise les lumières et un DJ s'installe aux platines pour mixer un judicieux hybride entre la musique traditionnelle et électronique. On peut se dégourdir les pattes avant de rentrer, une excellente façon de faciliter la digestion !

La Cabane
Le Scena du Quai Jacques-Cartier, Vieux-Port de Montréal
514-444-4383
59$ par personne pour les cinq services - 20$ pour les enfants
Sur réservation seulement


jeudi 1 mars 2012

Et le gagnant est...




Voilà, le tirage d'un exemplaire du livre The Art of Living According to Joe Beef a pris fin, et c'est le site randomgenerator.net qui s'est occupé de choisir un gagnant.

Cette personne est Sophie, dont le livre de recettes préféré est La pâtisserie maison de Marlette.

Sophie, je te demande d'entrer en contact avec moi afin que je puisse t'envoyer ton prix. Pour ce faire, tu n'as qu'à cliquer sur mon profil Blogger, tu y trouveras mon courriel. Je te laisse jusqu'au jeudi 8 mars (le jour de la femme ! ;) ) pour te manifester et réclamer ton prix.

Félicitations à la gagnante et j'espère pouvoir vous organiser un autre concours sous peu.

dimanche 12 février 2012

Un concours pour le 450ième - Un exemplaire du livre The Art of Living According to Joe Beef à gagner !


Si on a fait tout un plat avec le 400ième anniversaire de la ville de Québec, je ne vois pas trop pourquoi on ne ferait pas de même avec le 450ième billet publié sur Presque végé. Sans blague ! J'attendais ce moment avec impatience, parce que j'adore les chiffres ronds et que ce nombre considérable de billets me donne l'impression d'avoir accompli quelque chose avec ce blogue. Quelque chose d'important, qui représente à la fois une somme de travail colossale et un très bel accomplissement.

J'ai décidé de célébrer cet accomplissement en organisant un petit concours pour mes lecteurs. À gagner, un exemplaire du livre The Art of Living According to Joe Beef - A Cookbook of Sorts, des chefs Dave McMillan et Fred Morin, en collaboration avec Meredith Erikson.

Pourquoi The Art of Living According to Joe Beef ? Parce que c'est un livre de recettes merveilleux, que j'ai eu le plaisir d'en recevoir un exemplaire en cadeau et qu'il m'a émerveillée. Parce que je l'ai lu d'une couverture à l'autre avec un intérêt soutenu. Parce que ce livre vient de gagner le titre du Meilleur livre de recettes de l'année au Piglet Cookbook Tournament en coiffant au poteau le très renommé Momofuku Milk Bar de Christina Tosi, ce qui montre bien que ce livre est un trésor de livre de recettes, une belle brique gourmande et costaude qui met en vedette les classiques de ce restaurant montréalais dont la réputation n'est plus à faire. On y retrouve les plats qui ont rendu le Joe Beef célèbre, comme le spaghetti au homard et le "double down" au foie gras, mais aussi des recettes fascinantes, qui prennent racines dans la cuisine française la plus classique, qui en retiennent le meilleur et qui deviennent de véritables chef d'oeuvres gastronomiques modernes. La recette de lièvre à la royale, par exemple, me fait carrément fantasmer depuis que mon père m'a donné le livre à Noël.

Pour participer, assurez-vous d’abord d’être abonné à Presque végé (grâce à l’outil Google Friend Connect – en haut de la page à droite, vous n’avez besoin que d’une adresse courriel valide) et laissez un commentaire à ce message me disant quelle est votre livre de recettes fétiche actuellement.

Vous avez jusqu'au 26 février à 23h59 pour participer.

Le tirage sera effectué au hasard parmi tous les commentaires reçus, le 27 février 2012.

Diffusez ce concours à votre liste d’amis !

S’il vous plaît, prendre note que le livre est en anglais. Le concours est ouvert aux résidents du Québec seulement. Valeur au détail de 40.00$.

dimanche 5 février 2012

Presque végé à la radio

Cette semaine, j'ai eu le plaisir de participer à l'émission Bien dans son assiette à la Première Chaîne de Radio-Canada, la seule émission de radio au pays à discuter tous les jours de nourriture, de gastronomie, de nutrition et des différents enjeux liés au monde la bouffe. J'ai été invitée à parler du phénomène des foodies et de l'importance que prenait la bouffe dans la vie d'une blogueuse en compagnie de l'animatrice, Sophie-Andrée Blondin, d'un chroniqueur de l'émission, Rémy Charest, et d'un autre blogueur, Francis Laplante.

Suivez le lien si vous avez envie d'entendre l'entrevue !

lundi 12 décembre 2011

Un dernier Facebook Live cette saison


Vous vous rappelez de ce projet de WebTV dont je vous ai parlé au début du mois d'Octobre ? Nous donnerons le coup d'envoi au dernier épisode de la saison demain, à 19h, sur la page Facebook de Métro. Cette fois-ci, les chefs invités, Jean-Michel Riverin de l'Académie Culinaire (que vous connaissez grâce à sa participation à l'émission Qu'est-ce qui mijote), et la très connue Sœur Angèle, seront là pour vous donner des trucs pour vos réceptions durant le temps des fêtes. La soirée sera animée par Katerine-Lune Rollet et vous pourrez bien sûr poser vos questions en temps réel grâce à l'outil de clavardage sur la page Facebook de la WebTV Métro.

Comme d'habitude, si vous souhaitez avoir un coup d'oeil sur les coulisses de ce tournage, ainsi que mes commentaires en direct du plateau, vous pouvez me suivre (ainsi que tous les autres blogueurs présents) sur Twitter grâce au mot-clic #webtvmetro.

Ne manquez pas ça ! On vous réserve de belles surprises...

mercredi 30 novembre 2011

Bibliothèque gourmande: Amuse-gueules autour du monde


Le 10 novembre dernier, sous une pluie battante, je me suis rendue dans un endroit mythique et mystérieux de Montréal, niché en plein cœur du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Et même si le Bain Mathieu (parce que c'est de cet endroit dont je parle) étais, jadis, l'une des choses que j'aime le plus au monde (c'est-à-dire, une piscine), et que mes pieds étaient détrempés (qui, sérieusement, porte des ballerines en plein orage automnal, dites-le moi, einh ?), je n'y étais pas pour faire trempette mais bien pour assister au lancement du dernier livre d'Antoine Sicotte: Amuse-gueules autour du monde, une collection de petites entrées à picosser entre amis autour d'un bon verre de vin... ou d'un cocktail !

Sérieusement, je suis vraiment une fille d'apéro. Depuis quelques temps, quand je reçois, je ne me casse même plus la tête à faire une entrée digne de ce nom. Je mets un plateau au centre de la table avec des olives, de la rosette de Lyon (j'adore la rosette de Lyon aux noisettes !), des noix... et quelques petites bouchées inspirées du moment: tartare de poisson bien relevé, crostini au pesto avec mozzarella di buffala et roquette bien citronnée, toasts à l'ail, au fromage et aux anchois... N'importe quoi qui se manque avec les doigts et qui est un peu salé et croustillant (si vous ne connaissiez pas encore ma relation de dépendance au crounch, je me confesse: je suis dépendante au crounch). Je trouve ça plus relaxant que de faire un service assis, et ça me laisse le temps de jaser en finissant la préparation de ce qui va suivre.

Quand j'ai pu interroger Antoine au sujet de son inspiration pour ce livre (je sais, je sais, cette phrase servait uniquement à vous faire mourir de jalousie, mesdames), il m'a confié qu'il avait plutôt la même vision que moi à ce propos: il adore prendre un verre avec ses amis et ce genre de rassemblement impromptu, qui se fait, chez lui, à toute heure de la journée, s'accompagne parfaitement de petites bouchées qui se préparent aussi simplement. Le fait qu'il ait choisi de les rassembler par pays, pour lui, était une suite logique de ses inspirations, qu'il a glané au cours de ses voyages partout dans le monde. Le livre acquiert de cette organisation une cohésion qui aurait pu être difficile à obtenir autrement; Espagne, France, Italie, Asie, Pays Basque... c'est un véritable voyage culinaire et gustatif qui vous attend !

Comme ici, c'est surtout Chéri qui est fan du Cuisinier Rebelle (et oui... je ne sais pas si je devrais m'en inquiéter, mais je le surprend parfois à écouter l'émission en cachette!), j'ai aussi demandé à Antoine s'il était conscient de ce public un peu inusité quand il écrivait. Il m'a révélé que ce n'était pas vraiment le genre de chose auxquelles il pensait en concevant des recettes: chez lui, les idées culinaires se nourrissent de chacune de ses passions, comme la musique, la photo, l'art urbain (d'ailleurs, saviez-vous qu'il a lui-même fait toutes les photos de son livre ?!), et c'est vraiment cette ébullition qui l'inspire. Par contre, le fait qu'il réussisse à intéresser les gars à la cuisine n'est pas vraiment surprenant: les recettes de Amuse-gueules autour du monde ont quelque chose de brut, pas compliqué et punché qui ont tout pour plaire à ces messieurs qui s'adonnent une fois de temps en temps à la cuisine.

De mon côté, je ne suis pas en reste. Il y a tout un tas de recettes qui me sont tombées dans l’œil, le tartare gaulois au premier chef (un sublime tartare de veau aux noisettes... vous connaissez mon amour pour le cru !). J'ai eu aussi un petit coup de foudre pour les boulettes d'agneau piquantes, le canard express à la Chengdu (imaginez: du canard confit défait en bouchées qui, frit, et accompagné d'une petite sauce citronnée), les canapés à la provençal, qui combinent deux des choses que j'aime le plus au monde, soit les olives et les anchois et la terrine de foies de poulet au calvados. Mais la recette que je vais vraiment m'empresser d'essayer, c'est assurément les pogos cre-gin-cor: des crevettes assaisonnées tout en fraîcheur, enfilées sur un bâton et délicatement frites. Tu parles d'une recette qui fera assurément partie de mon buffet du jour de l'an ! :)

Points forts: le design du livre et la facture de grande qualité (une caractéristique que j'adore chez tous les livres Éditions Cardinal !), les photos alléchantes et les portraits urbains, la variété des recettes et le fait que la liste d'ingrédients soit souvent réduite au plus simple pour qu'elles soient accessibles pour tout le monde. La cuisine pas compliquée du Cuisinier Rebelle est vraiment parfaite pour recevoir sans se casser la tête.

Bémols: Certaines recettes en noir sur fond rouge sont un peu plus dures à lire (bien quoi, on chipote !). C'est pas mal ça... ;)

Le Cuisiner Rebelle: Amuses-gueules autour du monde
Antoine Sicotte
Les Éditions Cardinal
Prix de détail suggéré: 34,95$

mercredi 19 octobre 2011

Bibliothèque gourmande: Marché Jean-Talon - Recettes et portraits


J'ai eu le plaisir de recevoir le livre Marché Jean-Talon - Recettes et portraits des éditions Cardinal parce que je ne pouvais pas me rendre au lancement qui était organisé... au marché Jean-Talon, évidemment ! Quand je l'ai reçu, je l'ai immédiatement feuilleté parce que c'est exactement le genre de gros livre volumineux que j'aime lire pour relaxer le vendredi soir, après ma semaine de travail. Susan Semenak, l'auteure, a fait un travail remarquable pour rendre tangible l'atmosphère du marché Jean-Talon: en plus des recettes annoncées par le titre, des portraits des artisans du marché nous permettent de faire incursion dans la machine bien rodée qui est l'envers du marché. Les photos exceptionnelles qui illustrent le livre achèvent ce portrait détaillé du plus grand marché en Amérique du Nord.

Ce qui m'a frappée lorsque j'ai lu le livre la première fois, c'est la simplicité des recettes présentées, ce qui ne les empêche toutefois pas d'être somptueuses. J'ai eu un coup de cœur immédiat pour le magret de canard au sirop d'érable et à la sauce soja, les beignets de maïs et leur mayonnaise au chipotle, la pizza-dessert aux fraises, au mascarpone et au chocolat, la salade de fleurs de courgettes à la buratta, le poulet portugais, les fusillis au chou-fleur rôti... Bref, pour BEAUCOUP de recettes. Un des aspects qui me plaît beaucoup du livre, outre son papier mat à gros grain qui me rappelle les livres de Jamie Oliver pour lesquels j'ai toujours eu un faible, c'est le fait que les recettes soient organisées par saison. C'est logique quand on parle d'une cuisine locale comme celle de la cuisine du marché, mais pour moi, c'est aussi la meilleure façon de penser l'organisation de nos menus de façon à mettre en valeur les produits d'ici.

Les portraits, quant à eux, nous permettent de mieux connaître les gens que nous croisons tous les jours au marché, ceux que chaque année nous allons voir pour nos fines herbes, nos tomates, nos huîtres... Pour moi, c'est comme si j'avais un tête-à-tête privilégié avec de vieilles connaissances avec qui je n'avais jamais eu le temps de discuter pour vrai. Comme si tous les gens de mon quotidien devenait soudainement des vedettes. J'étais presque déçu de ne pas voir mon ami Julien aux côtés du Capitaine à qui j'achète mes oeufs !

Points forts: Recettes variées et superbement illustrées. Je verrais très bien ce livre être offert en cadeau à des Européens en visite ici et qui voudraient garder un souvenir de notre gastronomie. C'est un très beau livre de table à café, à laisser traîner pendant qu'on s'affaire encore à la cuisine: discussion gourmande assurée ! Pour tous les amateurs de cuisine locale et les accros du marché Jean-Talon, c'est aussi une excellente idée-cadeau. La facture du livre est très soignée et l'objet en lui-même, très résistant. Ça fait du bien d'avoir un produit d'une telle qualité.

Bémols: Pour les gens qui aiment lire des livres au lit (comme moi), le format du livre est peut-être un frein. Les portraits et les photos occupent une grande partie du livre, il y a donc moins de recettes que ce à quoi on pourrait s'attendre d'un tel volume. Certaines recettes un peu trop simples auraient pu être écartées pour des idées un peu plus gastronomiques (je pense aux radis marinés ou à la compote de rhubarbe, par exemple).

Marché Jean-Talon - Recettes et portraits
Susan Semenak
Les Éditions Cardinal
Prix de détail suggéré: 40$

lundi 10 octobre 2011

Bibliothèque gourmande: Crudessence


Ma relation avec le livre de recettes de Crudessence a drôlement commencé. D'abord, j'ai assisté à un atelier d'initiation à l'alimentation vivante avec mon amie Audrey et son mari, Félix, un beau vendredi soir de septembre. L'atelier en lui-même, quoique donné par des personnes vraiment sympathiques, nous avait laissées (je nous conjugue au féminin, mais je pense que le qualificatif qui suit convient aussi parfaitement à Félix) relativement perplexes. Je pense que ce ne serait pas exagéré que de dire que nous n'adhérons pas du tout à certains préceptes à la base de l'alimentation vivante, et certains des exemples utilisés durant l'atelier nous avait vraiment éberluées ("Moi !? Trop gênée pour tirer le lait d'une vache si j'ai faim !?! Voyons donc !").

Mais l'atelier s'est achevé sur une évocation du tout nouveau livre de recettes de Crudessence (Crudessence: Plus de 180 recettes crues, croquants et craquantes) qui a tout de suite piqué ma curiosité, en bonne maniaque de livres de recettes que je suis. Audrey et moi l'avons feuilleté sur place, et je pense que je suis immédiatement tombée en amour avec les images colorées et pleines de vitalité qui accompagnaient les recettes. Et aussi, peut-être, avec les recettes de desserts, particulièrement élaborées mais ô combien alléchantes. Bref, j'ai immédiatement chargé Audrey (magasineuse professionnelle s'il en est une) de l'acheter pour moi dès qu'elle le verrait en spécial quelque part, ce qu'elle a fait la semaine dernière. Je me suis donc retrouvée à la maison avec mon livre de recettes crues, et je me suis empressée de le lire d'une couverture à l'autre (ce qui m'a quand même pris trois jours, considérant le niveau de fatigue qui m'habite ces jours-ci).

Je dirais que le livre est super intéressant, même pour une fille comme moi qui ne sera jamais crudivore. Même si certaines recettes demandent un équipement particulier, il y en a un très grand nombre qui sont accessibles. Moi qui a-do-re la soupe tonkinoise (vous le savez depuis le temps), j'ai été immédiatement tentée par la recette de soupe tonkinoise à base de vermicelles de courgettes (c'est celle que vous voyez sur la couverture !). Et aussi par la recette de pad thaï cru. Et par la salade pleine de soleil avec un confit de figues super appétissant. Et par le bacon d'aubergines. Bref, par plein de choses qui m'ont semblées splendides et savoureuses. Il faut dire que le livre a un petit quelque chose de spécial qui donne l'impression que tout, tout, tout est bon. Je pense que le secret réside dans le design hyper lumineux et aéré et dans les marches à suivre simples. Les deux conjugués donnent un résultat très léché et très appétissant. Je pense que le mérite du livre de Crudessence, à l'image de leurs restaurants, c'est de ratisser très large dans le répertoire culinaire: les recettes de pâté chinois côtoient ici les sushis, les rouleaux de printemps, la lasagne et les spaghettis de courgettes au pesto. Il y en a pour tous les goûts !

J'ai été tellement impressionnée par le livre que j'ai décidé de me mettre au défi et de faire une journée crue quelque part dans le mois d'Octobre. Je vous en donnerai des nouvelles ! :)

Points forts: une grande variété de recettes allant des boissons aux desserts en passant par les entrées, les repas principaux et les collations. Les recettes sont superbement illustrées et relativement simples, malgré qu'elles demandent parfois un équipement spécialisé. La variété des saveurs et la diversité des cuisines mises en valeur offrent une grande variété de choix. Le livre donne envie d'explorer un type de cuisine relativement méconnu.

Bémols: Certaines recettes, notamment celles qui nécessitent un déshydrateur, sont beaucoup moins accessibles. Certains textes qui expliquent les principes du crudivorisme me semblent un peu "prêchi-prêcha", un côté dans lequel j'embarque moins. Finalement, certaines quantités me semblent un peu aléatoires (une cuillère à soupe de crumesan pour garnir un plat de lasagne au complet ? 10 rondelles de bananes pour décorer une tarte alors qu'il y en a une trentaine sur la photo ?). Rien de dramatique, il y aurait peut-être juste un peu de travail à faire au niveau de la standardisation des recettes.

Crudessence: plus de 180 recettes crues, croquantes et craquantes

David Côté et Mathieu Gallant
Éditions de l'homme
Prix de détail suggéré: 34.95$

PS: J'ai emprunté la photo du livre au site de Renaud-Bray.com, alors je les compense moralement en vous mettant le lien vers leur page web. Comme si vous ne connaissiez pas leur site, t'sais. ;)

dimanche 9 octobre 2011

Bibliothèque gourmande: Apollo 2


Cette semaine, j'ai eu le plaisir de recevoir le troisième livre de recettes du chef napolitain Giovanni Apollo, Apollo 2. J'étais particulièrement heureuse puisque c'est moi qui en avait fait la demande à maison d'édition: après l'avoir feuilleté en librairie, j'étais restée avec une impression très favorable d'une recette (ça n'en prend qu'une pour avoir un coup de foudre !) particulièrement décadente, quelque chose comme une escalope de foie gras poêlée aux canneberges, une gourmandise que j'imagine délicate, onctueuse et savoureuse. Et il y a eu, aussi, quelque part au creux du livre, une recette de beignets d'escargots à la bière brune, parfaite pour l'apéro les soirs de match. Et une autre, plus loin, de croustillant de poires au chocolat bounty. En un mot comme en cent: j'étais conquise. Et chez une grande consommatrice de livres de recettes comme moi, cela est de plus en plus rare.

Le concept du livre est assez simple et ressemble en tout point au premier livre de Giovanni (APOLLO : CECI EST UN LIVRE DE CUISINE) : les recettes sont organisées autour d'ingrédients-clé, déclinés de cinq façons différentes. L'éventail des saveurs mises en valeur est surprenant, et les recettes de desserts côtoient avec cohérence les entrées, les condiments et les plats principaux. Le design, lui, reprend le visuel du livre RECETTES INTERDITES: les photos présentent les aliments de façon singulière, sur un fond noir quasi-épuré qui laisse toute la place à l'aliment vedette. Une des choses que j'ai le plus apprécié du livre Apollo 2, c'est que plusieurs recettes s'articulent autour d'aliments végétaux: betterave, chou-fleur, courgette, poireau, poire, rhubarbe... Un vrai plaisir pour les amateurs de légumes comme moi, et un petit trésor pour les flexitariens qui sont toujours à la recherche de recettes gastronomiques qui honorent autre chose que les protéines animales. Aussi, et j'en ai fait mention au chef sur Twitter, toutes les recettes qui sont des accompagnements (comme ce gratin de chou-fleur au fromage bleu qui fait rêver Chéri) sont accompagnées de suggestion de plats principaux. Cela devient donc un vrai plaisir de bâtir les menus.

Points forts: la variété des recettes, la simplicité des manipulations, l'accessibilité des ingrédients utilisés. Aussi, le livre a tout de suite attiré Chéri (que j'ai surpris en train de le feuilleter à plusieurs reprises, c'est un signe !!), qui s'est reconnu dans la cuisine du chef Apollo. C'est d'ailleurs Chéri qui est responsable de notre premier essai, la recette d'arancini, qui lui est immédiatement tombée dans l'oeil. N'importe quel livre de recettes qui pousse mon chum à me faire à manger est un excellent livre de recettes.

Bémols: personnellement, je trouve la mise en page sur fond noir un peu moins attrayante qu'une mise en page plus sobre, mais en même temps, les aliments y sont vraiment mis en valeur. J'suis juste gribiche dans le fond. ;)

Apollo 2 de Giovanni Apollo
Éditions Transcontinental
Prix de détail suggéré: 34,95$

lundi 26 septembre 2011

WebTélé Métro




Cet automne, je travaillerai pour les supermarchés Métro afin de mettre de l'avant un projet-pilote de webtélé qui prendra la forme d'un Facebook Live, c'est-à-dire une capsule vidéo d'une vingtaine de minutes que vous pourrez écouter en direct sur la page Facebook de Métro, et à laquelle vous pourrez réagir en posant des questions en direct, à l'aide de votre page Facebook, au chef sur place. Il y aura un Facebook Live en septembre, en octobre et en novembre, et des chefs invités différents seront présents chaque fois.

Mon rôle dans tout ceci ? J'agirai à titre de yeux et d'oreilles pour vous, afin de rendre compte de ce qui se passe devant et derrière les caméras, et de témoigner des délices que nous prépareront nos chefs. Vous pourrez donc suivre la WebTélé Métro sur Facebook tout en lisant mes commentaires et ceux des autres blogueurs présents sur Twitter grâce au mot-clic #webtvmétro.

Le premier Facebook Live aura lieu cette semaine, jeudi, le 29 septembre, à 19h30. Ce sera le chef Robert Trottier de l'émission Tout simplement Clodine qui sera devant la caméra afin de nous présenter un recette de tous les jours et de nous donner des conseils pour la préparation des repas quotidiens. Pour participer, rien de plus simple: rejoignez la page Facebook de Métro et cliquez sur l'onglet Ma WebTélé afin de vous inscrire à l'évènement.

Vous pourrez suivre mes commentaires sur mon profil Twitter.


lundi 19 septembre 2011

De la rue aux étoiles 2011


Ce mercredi 21 septembre, l'organisme Dans La Rue tiendra la huitième édition de l'évènement De la rue aux étoiles, une soirée de haute cuisine au profit des jeunes de la rue. La particularité de cet évènement, c'est qu'il permet aux 10 chefs invités de compétitionner de façon ludique pour réinventer un aliment street food afin de l'élever dans les hautes sphères de la gastronomie. Cette année, j'ai été invitée à intégrer l'équipe du restaurant Le Boucan et de son chef, Jonathan Nguyen, afin de la suivre lors de la soirée. Quelle belle occasion de se bourrer la fraise pour une bonne cause !

J'en ai profité pour demander au chef du Boucan de quelle façon il avait conçu le burger qu'il allait servir mercredi, une tâche qui n'a pas été très difficile pour ce propriétaire de smoke-house: selon lui, le burger de De la rue aux étoiles devait tout simplement contenir tous les ingrédients qui font d'un burger un bon, voire un excellent burger: de la bonne viande, du bacon, du fromage, du piquant et du croustillant. Et de la fumée, pour rester dans le thème de son restaurant ! C'est ainsi qu'il en est arrivé à l'idée de servir un burger nouveau genre, où le pain sera remplacé par un piment jalapeno farci de boeuf haché et nappé de la sauce barbecue à l'érable du Boucan. Et pour jazzer le tout, du bacon, du cheddar fort, des piments adobos et des poireaux frits, un clin d'oeil aux traditionnelles rondelles d'oignons du Sud. Tout un must à mon avis !

Il faut dire que l'équipe du Boucan n'en est pas à sa première participation à l'évènement: lors de la compétition de l'année dernière, ils étaient arrivés deuxième avec leur traditionnelle poutine au pulled pork (parce qu'elle est traditionnelle pour quiconque est déjà allé au Boucan, je vous le jure !) arrosée d'une sauce style tarte aux pommes aux épices chaï. Jonathan me faisait remarquer que l'évènement De la rue aux étoiles est une bonne chose pour l'organisme Dans la rue et pour les jeunes qui sont dans le besoin, mais c'est aussi une excellente chose pour les brigades qui y participent: il a remarqué une certaine fierté et un plaisir certain chez son staff après avoir fait la compétition l'an dernier. C'était, pour eux qui étaient alors relativement nouveaux dans le milieu de la gastronomie montréalaise, une façon de montrer qu'ils étaient à la hauteur de restaurants reconnus à Montréal, tout en faisant une bonne action et en laissant aller son imagination. Pas mal !

Si vous souhaitez être de la partie cette année, il reste encore des billets à vendre au coût de 125$ par personne (on vous remettra alors un reçu de 100$ pour vos impôts). Vous aurez la chance de rencontrer les chefs sur place ainsi que de voter pour votre burger préféré !

J'espère tous vous voir mercredi au Centre des sciences !

De la rue aux étoiles

SOIRÉE DE HAUTE CUISINE DE LA RUE

21 septembre 2011 dès 18h
Centre des Sciences de Montréal - Le Belvédère
2, rue de la Commune Ouest, sur les Quais du Vieux-Port
Stationnement disponible ($)


Billet : 125$ (reçu de 100$)
10 Billets : 1000$ (reçu de 750$)
(514) 526-5222

Pour plus d'infos, cliquez ici. Pour la page Facebook de l'évènement, ici. Pour la page web du restaurant le Boucan, ici.

vendredi 8 juillet 2011

Pour une intégration efficace du flexitarisme dans la diète des réfractaires

D'abord, excusez-moi le titre un peu scolaire de ce billet: c'est que ces temps-ci, tous les matins, et ce, durant un minimum de quatre heures, je m'installe devant mon ordinateur pour fixer mon mémoire de maîtrise. Je dis bien fixer, et non pas écrire, parce que la fixation nécessite beaucoup moins d'ardeur intellectuelle et donne beaucoup moins la nausée. Toujours est-il que j'ai sans cesse un vocabulaire scolaire qui me court dans la tête, et on voit que cela finit par affecter mon style. Mais bon, passons.

Comme nous sommes à la veille de célébrer le deuxième anniversaire de Presque végé (oui, ça s'en vient vite !), je me suis dit qu'il était temps que je réponde à l'une des questions qu'on me pose le plus souvent par rapport à mon blogue (car on m'en pose quelques unes, des fois). Et cette question, ce n'est pas: "Quelle est ta meilleure recette de marinade pour le tofu ?" ou "À quel endroit achètes-tu les cargaisons de légumineuses que tu sembles consommer ?". Ce n'est pas non plus "As-tu une bonne idée de substitut de viande dans la recette de sauce à spaghetti de ma mère ?", ni même "Combien de temps tu passes à cuisiner par semaine, coudonc ?!" (quoique cette dernière revienne assez souvent aussi). Non. La question que je me fais le plus souvent poser, tout lecteurs confondus, c'est...

"Comment tu fais pour faire manger tout ça à ton chum !?!?"

Ouais. Vraiment.

Mais je vais vous le dire. Il n'y a pas de méthode miracle, j'ai hérité d'un Chéri qui se plaint quand il ne mange pas assez de légumes (je vous passe les prétextes scatologiques qu'il invoque pour me faire la gueule quand je n'accompagne pas notre plat principal de légumes, mais sachez que ça a rapport à son transit intestinal) et qui boudait la viande quand il était bébé. Il a donc été habitué très tôt au fait de manger du tofu, des légumineuses et du poisson, et il a continué avec moi le jour où je me suis levée en me disant qu'on devait manger moins de viande. C'est même, de nous deux, le plus grand amateur de fèves et de haricots en tout genre. Je me demande même si, confronté à un t-bone contre une salade de pois chiches, il ne choisirait pas les pois. C'est tout dire.

Ça ne veut pas dire que je suis dépourvue de stratégies pour aider les gens qui sont abattus à l'idée de faire manger un peu de tofu à leurs enfants, ou de transformer leur carnisaurus en amateur de germinations. Bon, ce genre de transformation est possible, mais pas du jour au lendemain. Il faut donc un minimum d'inventivité, et beaucoup de persévérance. Mais ça marche. Je vous le dit.

Voici donc quelques bonnes attitudes à adopter.

1. La tolérante (ou comment y arriver avec un peu de bonne volonté)

La première stratégie pour convaincre votre chum de manger végé, c'est probablement de ne pas manger végé du tout. Surprenant ? Pas tant que ça. Si vous avez vraiment un carnivore convaincu dans votre lit, et que vous essayez de le changer du tout au tout du jour au lendemain, vous essuierez bien des rebuffades. De même, si vous souhaitez convaincre Chéri de manger ce que vous lui préparez, il faut aussi lui montrer que vous êtes prête à y mettre du vôtre. Donc, pour chaque bouchée de tofu consentie par votre Jules, il vous faudra aussi consentir à une bouchée de viande ou de fast-food à un autre moment de votre vie. À moins d'être strictement végétarienne, ce premier sacrifice ne devrait pas trop vous coûter, c'est, en somme, du donnant-donnant. Et assurez-vous d'y aller d'un peu de manipulation doucereusement au moment des repas: " Tu vois Chéri, moi je n'aime pas le steak plus que tu aimes le tofu, mais j'en mange. Pour te faire plaisir.".

Vlan.

(Rien ne vous empêche, au passage, d'acheter de la viande issue de l'agriculture durable pour continuer de manger selon vos valeurs en catimini).

2. La conciliatrice (ou comment y aller étapes par étapes)

On peut commencer par intégrer doucement les protéines végétales, en les combinant avec des protéines animales, en mélangeant, par exemple, des lentilles et de la viande hachée pour faire un pâté chinois, ou du poulet et du tofu dans une tourte automnale. Ou, tout simplement, en ajoutant un peu charcuterie à un plat de pâtes. Il n'y a rien de mal là-dedans. En fait, c'est probablement une stratégie vieille comme le monde, parce que c'est ce qu'on fait dans les alimentations traditionnelles, quand les protéines animales sont moins abondantes que les autres merveilles du monde végétal. Ainsi Mario Batali décrit-il l'alimentation rustique italienne dans l'introduction de son livre Molto Gusto:
Most of the proteins comes from a small portions of cured meats, cheeses and grains, with any animal protein as the flavoring and the bulk of the actual comestibles plant-based, wether lead, stalk, flower, seed or drupe.
Traduction: chez Otto (le restaurant dont il est question dans le livre), la majorité de l'apport en protéines provient d'une petite portion de charcuteries, de fromages et de céréales, qui viennent relever la saveur du plat, mais l'essentiel du repas est basé autour des végétaux. C'est pourquoi je n'hésite jamais à mettre quelques tranches de jambon cru sur une pizza aux figues si c'est la seule viande que nous mangerons dans la journée. Vous pouvez faire quelque chose de semblable avec votre Chéri. Des pâtes carbonara, c'est en majorité composé d'oeufs et de parmesan, avec une ou deux tranches de pancetta par personne. Et une salade de pois chiches au chorizo, c'est surtout des pois chiches, avec quelques morceaux de chorizo croustillant. Plus tard, vous pourrez plus facilement le convaincre qu'il aime les pois chiches si vous lui dites: "Mais oui tu aimes ça, tu en as mangé avec du chorizo l'autre fois". Et une autre fois, vous lui refilerez des carbonara végé, en remplaçant le bacon par des courgettes grillées, et vous lui rappellerez que c'était les meilleures pâtes qu'il n'avait jamais mangées.

Après tout, si c'est bon pour un Iron Chef, c'est bon pour lui !

3. La naturelle (ou le fast-food végétarien)

Je ne connais pas un homme ni un enfant au monde qui n'aime pas le macaroni au fromage (le vrai là, avec du fromage et du beurre. Beaucoup de beurre.), la poutine ou la pizza. Grâce au ciel, ce sont des aliments qui sont naturellement végétariens, et il y en a beaucoup d'autres. Donc, vous pouvez les préparer avec amour, en sachant que vous plairez à votre tablée. Et une fois tout ce petit monde servi, en train de se bourrer la face de tout leur content, insistez malicieusement sur le caractère végétarien du repas sur la table: "C'est la recette de macaroni de ta mère. Elle le faisait comme ça, sans rien mettre d'autre que fromage et du lait. C'est bon, einh, juste le fromage et le lait ?", ou encore: "Elle est bonne, einh, ma pizza méditerranéenne ? Beaucoup de fromage, comme tu l'aimes. Et pas de viande. Qui aurait cru que manger végé aurait pu être aussi bon, non ?".

Pour que cette stratégie marche, il est important de miser sur le plaisir de la nourriture, et non pas sur le caractère "santé" qu'elle pourrait revêtir. Manipulez les émotions et les souvenirs d'enfance de votre victime, vous arriverez plus facilement à vos fins.

4. La joviale (ou quand on fait semblant que ce n'est pas végé)

"Je t'ai fait quelque chose que tu vas adorer !"

C'est une phrase que j'utilisais souvent quand je soumettais mon père à des essais culinaires, avant de lui refiler, par exemple, une lasagne végétarienne avec une tombée de poireaux comme garniture et des aubergines en guise de pâtes. Je ne peux pas jurer qu'il a toujours aimé ce que je faisais (comme cette lasagne, par exemple, il l'avait détestée, et moi aussi d'ailleurs. C'était vraiment infect.), mais c'est toujours un bon préambule pour convaincre quelqu'un d'essayer quelque chose qu'il n'est pas certain d'aimer. C'est normal dans la vie d'avoir des goûts, et une bonne façon de miser juste dans l'adoption du flexitarisme, c'est de cibler le plus possible les préférences de nos cobayes. Votre chum aime les shish taouk ? Offrez-lui des falafels maison avec toutes les garnitures qu'il aime, et beaucoup, beaucoup de sauce à l'ail. Il adore fréquenter le Thaï Express près de son travail ? Allez-y pour un pad thaï traditionnel au tofu. À moins que, comme mon Chéri, ce soit un passionné des burgers de toutes sortes ? Une bonne galette de légumineuses, couverte de fromage, de mayonnaise, de cornichons et d'oignons rouges marinés et nichée dans un petit croustillant devrait faire l'affaire.

Il n'existe à peu près pas de nourriture qui ne s'adapte pas à la cuisine végétarienne. Il suffit d'un peu d'invention et d'ingéniosité.

5. La dissimulatrice (ou comment devenir une cuisinière machiavélique)

En désespoir de cause, il ne vous reste plus qu'à cacher vos expérimentations à votre Chéri et à faire comme si de rien était en espérant qu'il ne s'en rende pas compte. Le problème, c'est qu'il n'y a pas de stratégie de dissimulation qui soit sûre à 100%, surtout avec les Chéris soupçonneux. À éviter absolument: les substituts de viande déjà préparés, qui ont tous un petit goût de gruau facilement décelable pour les non-initiés (à moins d'utiliser celui du Menu Bleu Le choix du Président, mais encore...). Il y a quand même toutes sortes de façon possible de dissimuler: le tofu dans des pâtes farcies (comme les grosses coquilles) passe habituellement très bien. Réduites en purée, les légumineuses deviennent invisible dans les soupes, les trempettes ou les risottos, en plus d'offrir une texture crémeuse sans pareille. Elles sont aussi bienvenues dans les sauces crémeuses. De même, le tofu peut se cacher derrière un enrobage croustillant et une bonne sauce épaisse dans un sauté asiatique. Je connais des mères plus téméraires qui font croire à leurs enfants qu'ils sont en train de manger des pépites de poulet alors qu'ils sont en train de manger du soja. Ça peut marcher avec les plus naïfs.

C'est une façon de faire qui devra cependant être remplacée assez rapidement par une autre qui peut s'appliquer à long terme, sinon, vous devrez jouer les dissimulatrice toute votre vie, ce qui n'a rien d'emballant.

Finalement, ce qui risque le plus de vous permettre d'arriver à vos fins, c'est la patience et la communication. Personne ne change ses habitude du jour au lendemain, et il vous faudra expliquer longuement vos motivations à votre Chéri pour qu'il comprenne les implications écologiques et physiologiques de son alimentation. Et une bonne dose d'ouverture d'esprit ne fait pas de tort. Pas seulement de sa part, mais de la vôtre aussi. Ainsi régnera l'harmonie à votre table !

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