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vendredi 12 avril 2013

Eggspectation: réinventer le brunch familial


Oeufs bénédictine au homard

C’est le pari que se sont donné les propriétaires de la chaîne lorsqu’ils ont décidé, il y a quelques semaines, de transformer le menu de leurs restaurants, qui n’avait pas changé depuis les quinze dernières années. Pour moi qui adore déjeuner au restaurant, qui suis une bruncheuse en série notoire et qui ne peux concevoir la vie sans bacon ni sauce hollandaise, l’idée de tester le nouveau menu était plus qu’alléchante. Parce que si j’adore déjeuner au restaurant, je n’ai pas grand goût pour les brunchs huppés et originaux où les grilled cheese sophistiqués côtoient des préparations toutes plus compliquées les unes que les autres. Non. Pour moi, le secret d’un brunch réussi réside essentiellement dans deux choses : de bonnes pommes de terre, croustillantes et délicatement épicées, et une sauce hollandaise riche, qui n’est ni une version édulcorée et en sachet de l’originale ni une sorte de variation sur le thème de la sauce béchamel ou, pire, de la sauce Alfredo.

mardi 18 septembre 2012

De la rue aux étoiles, édition 2012


Encore une fois cette année, j'ai le plaisir d'être associée à Dans la rue pour l'événement De la rue aux étoiles, qui vise à récolter des fonds pour l'organisme qui vient en aide aux jeunes de la rue. Le concept est simple, et très intéressant pour les foodies comme moi: des brigades issues des meilleures cuisines en ville s'affrontent dans le but de réinventer un mets typique de la cuisine de rue. Cette année, le mets à l'honneur est le taco. De mon côté, j'aurai le plaisir d'intégrer la brigade du chef Samuel Maudet, du Bice. J'ai choisi le chef du Bice (parce que oui, ce sont nous, les blogueurs, qui choisissons nos chefs, et non pas l'inverse, avouez qu'on est chanceux !) parce que sa cuisine méditarréenne d'inspiration italienne me fait baver d'envie. Présent sur place pour la troisième année consécutive, Samuel a fait des recherches pour élaborer le taco qu'il nous présentera, recherches variées qui l'auront mené aussi loin qu'au Mexique et à Calgary... en pensées du moins! J'ai très hâte de goûter à sa création, qui, quoique top secrète, promet d'être excellente, surtout en raison du boeuf braisé, grillé et fumé qui sera à l'honneur, sans parler de la salsa aux trois piments, dont mes préférés, les très chaleureux habanero... Oups ! J'en ai peut-être trop dit... ;)

lundi 12 mars 2012

La Cabane 2012


Comme l'année dernière, j'ai eu la chance de recevoir une invitation au lancement médiatique de La Cabane, cet évènement qui réunit chaque année trois des choses que j'aime le plus au monde: des chefs inspirants, de la bonne bouffe et du glamour. Cette année encore plus que l'année dernière, je me suis sentie privilégiée parce que Chéri a pu m'accompagner, nous avons eu une belle soirée de bombance festive et nous sommes rentrés à la maison la panse bien pleine, satisfaits et heureux comme jamais. Si le décor de La Cabane a peu changé depuis l'année dernière, le look rustique-trash de celle-ci est toujours aussi chaleureux et invitant, et il dépayse juste assez pour nous mettre dans l'ambiance. Cette fois, j'ai vraiment flashé sur les chaises berçantes suspendues dont le recouvrement imitait le motif d'un bon gros bas de laine, un élément de décor qui représente ce que doit être, pour moi, une cabane: cozy, confortable, décontractée...


C'est Martin Juneau qui succédait à Patrice Demers, Marc-André Jetté (édition 2011) et Danny St-Pierre (édition 2010) aux commandes des fourneaux du Scena du Vieux-Port. Je dois admettre que le travail de cette brigade m'a particulièrement impressionnée: tout, ou à peu près, était également délicieux et savoureux. Un premier service d'entrées qui était une sorte de jeu sur le thème du comfort food nous a jetés par terre: malgré un creton de truite (ou de saumon, le menu et le serveur ne s'entendaient pas à ce sujet) un peu sec, ce sont les saveurs explosives du petit sandwich au pulled pork (et sa sauce barbecue à l'érable juste assez épicée) et le smoked meat de bison (dont la saveur de fumée était si riche qu'elle chatouillait le nez) et sa moutarde à l'érable que nous avons le plus aimé dans notre soirée. Juste pour ça, le menu de La Cabane vaut le détour. J'ai un peu moins apprécié le deuxième service, la soupe nouilles et canard (je pense que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus "wow" que des rotelle et du bouillon), que j'ai trouvé juste un peu chiche et plus traditionnelle. En même temps, je suis toujours un très bon public pour une bonne soupe alors je l'ai enfournée avec plaisir malgré tout; ce n'était pas pas réussi, ce l'était juste un peu moins que tout le reste.


De tous les plats composant le plat principal, Chéri et moi avons préféré, et de loin, la tarte au boudin noir et son chutney de pommes. Moi qui n'avais jamais mangé de boudin (hé non...), je dois avouer que j'ai été surprise de la texture et du goût de cette préparation. C'était à la fois crémeux, souple et résistant sous la dent, un peu chewy... Je n'arrive pas à trouver le mot juste alors disons le simplement: c'était très bon. Aussi, le contraste de texture entre la croûte pur beurre, le boudin et le chutney de pommes était des plus intéressants. Pour accompagner ceci, Martin Juneau a cuisiné une pièce de flanc de porc DuBreton cuite à la perfection, dont la viande était tendre et juteuse et la couenne, croustillante comme on les aime, des fèves au lard traditionnelles et des légumes racines rôtis: l'assiette était en somme bien équilibrée et chacun des éléments m'a plu; je trouvais le tout généreux et appétissant.


Les desserts ont aussi été appréciés, parce qu'ils réinterprétaient des classiques à la fois rustiques et populaires. J'ai adoré le whippet à l'érable, avec un biscuit hyper feuilleté et croustillant, une guimauve à l'érable et un enrobage chocolaté et délicat. Chéri, lui, s'est attaqué aux beignets farcis au berre d'érable avec un enthousiasme inégalé: c'est en effet une belle trouvaille, parfaite pour les dents sucrés aguerries comme lui. Seul le nougat façon tarte à la farlouche m'a un peu moins satisfaite, mais je n'ai jamais été une grande fan de cette concoction à base de raisins secs et de sirop d'érable. Ce qui est étrange, c'est que même si je n'ai pas été particulièrement allumée par ce dessert, j'ai trouvé que le goût du nougat était vraiment très proche de la vraie tarte à la farlouche de ma grand-mère; on peut donc dire qu'il était tout à fait réussi quand même.


Finalement, une nouvelle addition à La Cabane cette année, c'est le divertissement musical en fin de soirée. Quand le service est terminé, on tamise les lumières et un DJ s'installe aux platines pour mixer un judicieux hybride entre la musique traditionnelle et électronique. On peut se dégourdir les pattes avant de rentrer, une excellente façon de faciliter la digestion !

La Cabane
Le Scena du Quai Jacques-Cartier, Vieux-Port de Montréal
514-444-4383
59$ par personne pour les cinq services - 20$ pour les enfants
Sur réservation seulement


lundi 19 septembre 2011

De la rue aux étoiles 2011


Ce mercredi 21 septembre, l'organisme Dans La Rue tiendra la huitième édition de l'évènement De la rue aux étoiles, une soirée de haute cuisine au profit des jeunes de la rue. La particularité de cet évènement, c'est qu'il permet aux 10 chefs invités de compétitionner de façon ludique pour réinventer un aliment street food afin de l'élever dans les hautes sphères de la gastronomie. Cette année, j'ai été invitée à intégrer l'équipe du restaurant Le Boucan et de son chef, Jonathan Nguyen, afin de la suivre lors de la soirée. Quelle belle occasion de se bourrer la fraise pour une bonne cause !

J'en ai profité pour demander au chef du Boucan de quelle façon il avait conçu le burger qu'il allait servir mercredi, une tâche qui n'a pas été très difficile pour ce propriétaire de smoke-house: selon lui, le burger de De la rue aux étoiles devait tout simplement contenir tous les ingrédients qui font d'un burger un bon, voire un excellent burger: de la bonne viande, du bacon, du fromage, du piquant et du croustillant. Et de la fumée, pour rester dans le thème de son restaurant ! C'est ainsi qu'il en est arrivé à l'idée de servir un burger nouveau genre, où le pain sera remplacé par un piment jalapeno farci de boeuf haché et nappé de la sauce barbecue à l'érable du Boucan. Et pour jazzer le tout, du bacon, du cheddar fort, des piments adobos et des poireaux frits, un clin d'oeil aux traditionnelles rondelles d'oignons du Sud. Tout un must à mon avis !

Il faut dire que l'équipe du Boucan n'en est pas à sa première participation à l'évènement: lors de la compétition de l'année dernière, ils étaient arrivés deuxième avec leur traditionnelle poutine au pulled pork (parce qu'elle est traditionnelle pour quiconque est déjà allé au Boucan, je vous le jure !) arrosée d'une sauce style tarte aux pommes aux épices chaï. Jonathan me faisait remarquer que l'évènement De la rue aux étoiles est une bonne chose pour l'organisme Dans la rue et pour les jeunes qui sont dans le besoin, mais c'est aussi une excellente chose pour les brigades qui y participent: il a remarqué une certaine fierté et un plaisir certain chez son staff après avoir fait la compétition l'an dernier. C'était, pour eux qui étaient alors relativement nouveaux dans le milieu de la gastronomie montréalaise, une façon de montrer qu'ils étaient à la hauteur de restaurants reconnus à Montréal, tout en faisant une bonne action et en laissant aller son imagination. Pas mal !

Si vous souhaitez être de la partie cette année, il reste encore des billets à vendre au coût de 125$ par personne (on vous remettra alors un reçu de 100$ pour vos impôts). Vous aurez la chance de rencontrer les chefs sur place ainsi que de voter pour votre burger préféré !

J'espère tous vous voir mercredi au Centre des sciences !

De la rue aux étoiles

SOIRÉE DE HAUTE CUISINE DE LA RUE

21 septembre 2011 dès 18h
Centre des Sciences de Montréal - Le Belvédère
2, rue de la Commune Ouest, sur les Quais du Vieux-Port
Stationnement disponible ($)


Billet : 125$ (reçu de 100$)
10 Billets : 1000$ (reçu de 750$)
(514) 526-5222

Pour plus d'infos, cliquez ici. Pour la page Facebook de l'évènement, ici. Pour la page web du restaurant le Boucan, ici.

samedi 12 mars 2011

La Cabane: racines et terroir sur les quais du Vieux-Port


Cette semaine, j'ai été conviée au lancement de l'édition 2011 de La Cabane, cette entreprise de recréation gastronomique qui investissait mercredi le Scena du Quai Jacques-Cartier pour une deuxième année consécutive. Cette année, le projet a un petit quelque chose de glamour qui lui confère un aura d'évènement à ne pas manquer: les chefs invités, Marc-André Jetté et Patrice Demers des 400 coups, ou bien le décor, créé par des artistes d'ici, ou bien l'idée même de réinventer la cabane à sucre traditionnelle, tout est mis en œuvre pour nous conforter et nous dépayser tout à la fois. Et ça marche. On sort de La Cabane urbaine avec le ventre aussi rond qu'un bûcheron ventripotent, et satisfaits, ce qui n'est pas peu dire.


L'invitation, au départ, m'avait vraiment enthousiasmée: il avait été prévu, à la suite de la critique qu'en avait fait Marie-Claude Lortie dans La Presse l'année dernière, que Chéri et moi visitions cette Cabane qui était, pour sa première édition, aux mains de Danny St-Pierre. Puis, mon beau-père est décédé et Chéri et moi avions dû annuler notre réservation, circonstances obligent. Je me disais que l'occasion serait parfaite pour me rattraper, et j'ai réservé ma place avec empressement. Puis, certaines personnes ont fait circuler l'information qu'il fallait, au moment de réserver, payer en entier la facture - service inclus - ce qui a nettement refroidi mon enthousiasme. Ce n'est pas que c'est une pratique qui me dérange particulièrement, mais le fait qu'on ne mentionne pas cette information sur le site web me semble un peu décontenançant. Je prêche toujours pour un maximum de transparence dans mes relations d'affaires et je pense qu'à La Cabane, on aurait dû faire pareil. Finalement, je suis partie me remplir le ventre en me disant que les cuisiniers auraient fort à faire pour me redonner la chaleur et l'enthousiasme du départ.


Au final, je dirais qu'ils ont absolument réussi. Pour tout ce qui concerne l'ambiance, le décor, l'accueil, le service et la nourriture, La Cabane est splendide. On est accueillis à l'arrivée par un feu de bois extérieur qui crépite et par des bancs en bois qui laissent déjà croire qu'on aura besoin de repos après le repas. À l'intérieur, tout a été pensé pour nous rappeler tout à la fois les cabanes à sucre traditionnelles (le fameux panache d'orignal; les chaises artisanales en bois recouvertes de fourrures, le mobilier d'aspect hétéroclite) et la branchitude urbaine (l'espace à aire ouverte, le bar très slick en inox, les superbes jeux de lumières rappelant des branchages). On a même décoré les serveurs pour l'occasion: leur tablier rayé est agrémenté de poches et de courroies de cuir travaillées à l'ancienne. C'est superbe.


Le service commençant à 18h30, j'ai eu le temps de faire le tour de l'espace (qui change au gré des projets qui y sont tenus) et d'admirer les différentes œuvres en exposition, un cocktail alliant bière, thé glacé et sirop d'érable à la main. Ensuite, j'ai rejoint quelques collègues blogueurs et nous nous sommes installés pour papoter et pour examiner la carte des vins (honorable, il y a même des produits québécois en vedette, ce qui est assez rare dans ce genre d'évènements) en attendant la tablée. Vous me connaissez: j'aime vraiment, vraiment beaucoup les bouchées, et cette mise en bouche pour commencer est probablement le service qui m'a le plus plu. Sur des planchettes de bois à partager, on nous sert des oeufs mimosas (onctueux comme une mousseline, légèrement relevés) parsemés de sucre d'érable - le goût du sucré est ici vraiment délicat, des bouchées de terrine de wapiti surmontées de croquantes betteraves marinées à l'érable et une plus-que-délicieuse (à se rouler par terre de plaisir et d'enchantement) mousse de foie de volaille finement recouverte de gelée d'érable, qu'on a finie à la cuillère pour se consoler du fait qu'on a manqué de croûtons. Honnêtement, je ne me rappelle pas avoir mangé une aussi bonne mousse depuis celle que j'avais mangée sur le Mont St-Michel, et celle du Mont St-Michel n'avait pas comme qualité d'être surmontée d'une gelée d'érable délicate et fine comme de l'or. Bref. J'ai aimé ça. Vraiment beaucoup.


Le service qui a suivi, pour se réchauffer, m'a enthousiasmée un peu moins, même si tout le monde ma table semblait plutôt ravi. La soupe de courge fumée était délicieuse, chaleureuse et réconfortante, et le saumon mi-cuit tendre comme je l'aime: c'est le mélange entre les deux que je trouvais moins réussi. Toutefois - et c'est peut-être là mon erreur, j'avais omis de mélanger tous les éléments du plat dans ma première bouchée, et j'avoue qu'une fois qu'on ajoute le croustillant-sucré des oignons cipollini marinés à l'érable à l'ensemble, c'est mauditement bon. Et ça a effectivement cet effet de nous réchauffer et de nous mettre dans de bonnes dispositions avant de passer à la suite de l'histoire.


Pour nous régaler, on nous a servi un plat surprenant par sa générosité: dans des cassolettes en fonte, on nous servait des tranches de poitrine de dinde cuites sous-vide (d'une tendreté incomparable) accompagnées d'un ragoût de haricots coco (ok, soyons honnêtes, il s'agit de fèves au lard - et elles sont très bonnes à part ça), de carottes et d'un ragoût de cuisse de dinde effilochée qui me rappelait le très bon et très délicieux ragoût de pattes de cochon de ma grand-maman. Pour équilibrer les textures, on ajoute un peu de coriandre et de très croustillantes oreilles de crisse, dont j'ai abusé à loisir, puisque mon compagnon de table n'en mangeait pas (quelle drôle d'idée ! je pense que je vais à la cabane à sucre exclusivement pour les oreilles de crisse d'habitude).


Moi qui étais pleine depuis (à peu près) le deuxième service, et qui n'a pas particulièrement le bec sucré, je me suis dit que je passerais peut-être mon tour sur le service des desserts, mais c'était avant que le service commence et que je puisse admirer ce qui se distribuait ailleurs dans la salle. Finalement, les planchettes sont arrivées, et j'ai pris une grande respiration pour être sûre de manger tout ce qu'il y avait sur la table: financiers à l'érable (on dirait un petit muffin, mais la croûte est croustillante, dorée et savoureuse comme celle d'un pudding chômeur de grand-maman, et l'intérieur est moelleux et très délicatement sucré, parfait pour les timides bibittes à sucre comme moi), sandwiches de crème glacée à l'érable (petit sablé et crème glacée au sucre d'érable, miam) et, une réinterprétation du classique de Patrice Demers, petits pots de crème au chocolat, mousse à l'érable et sel de Maldon. Ce dernier opus était particulièrement décadent: sur un étage de riche ganache au chocolat, on dépose du crumble chocolaté (croquant et savoureux) et on arrose le tout d'un espuma à l'érable. La première bouchée est paradisiaque, puis on roule les yeux, on recommence et c'est toujours aussi bon. Merveilleux.


Pour finir en beauté (et c'est le cas de le dire), les chefs sortent de la cuisine et s'amènent avec un drôle d'attirail sur la souche qui trône au milieu de la salle. Armé d'un siphon et d'une bonbonne d'azote liquide, ils façonnent des petits baisers de meringue à la tire d'érable qu'ils font ensuite refroidir, ce qui les rend croustillants comme des chips. Quand on les mange, ils explosent (et nos bouches produisent de la fumée), puis les meringues fondent en nous laissant la saveur inimitable de la tire d'érable en bouche, sans la lourdeur du sirop bouilli. Une trouvaille incroyable qui exprime, à elle seule, tout le concept derrière la modernisation de la cuisine de la cabane.


Au sortir, les hommes du Point G nous attendait pour nous faire goûter leur tire au cidre de glace, délicate et fruitée. Si je n'avais pas travaillé le lendemain, je pense que je serais restée devant le feu pour reprendre mon souffle avant de rentrer. La Cabane, c'est finalement une grande réussite et un beau plaisir à s'offrir.

Points positifs: la bouffe est bonne, la décoration soignée (c'est une expérience culturelle juste à regarder !) et les chefs ont été vraiment inventifs.

Points négatifs: la place est grande mais accueille beaucoup de monde ! Les tablées sont donc assez petites, il faut être intime. De plus, La Cabane devrait indiquer sur son site web qu'on demande de payer à la réservation.

On y va: pour se régaler des desserts de Patrice Demers et pour se gaver de la cuisine réconfortante et chaleureuse de Marc-André Jetté.

On y retourne: l'année prochaine, pour voir la prochaine mouture !

La Cabane
Le Scena du Quai Jacques-Cartier, Vieux-Port de Montréal
514-444-4383
55 $ par personne (15$ pour les enfants) - sur réservation seulement.


dimanche 23 janvier 2011

Critique restaurant: Macaroni Bar


Chéri a décidé, pour son anniversaire, que nous rayerions le premier restaurant sur notre liste de résolutions culinaires 2011: le Macaroni Bar. Même si la critique qu'en avait fait Gildas Meneu dans le Voir était plutôt tiède, Chéri et moi étions assez intrigués par ce restaurant branché qui occupe les locaux du mythique Tire-Bouchon depuis un peu plus de deux ans. Comme Chéri adore la bouffe italienne, et que c'est un sacré gourmand (vous en doutiez ?), l'endroit s'avérait tout désigné pour célébrer son premier quart de siècle - ce que nous avons fait en bonne et due forme, après une visite au Belgo avec notre ami Jean-Gabriel.

Première constatation, lors de notre arrivée: le Macaroni Bar n'est pas exactement un restaurant - c'est plutôt un supper club, dans la plus pure des traditions saint-laurentiennes, à l'image du Buona Notte (où nous étions justement aller manger l'année dernière, à la même occasion). N'étant pas des plus à la mode, Chéri et moi avons entamé la soirée avec l'impression d'être vaguement undressed, même si Marc-Olivier (notre dévoué serveur) s'est empressé de nous dire que le Macaroni Bar est un supper club qui prend la bouffe très très au sérieux, et que le chef, Sergio Mattoscio, rivalise de bon goût et d'originalité pour élaborer son menu.

Et en général, je pense que Marc-Olivier a raison. Oui, le Macaroni Bar fait très branchouille, avec son décor monochrome, son éclairage étudié et son mobilier contemporain (très confortable, soit dit en passant; réservez les banquettes !), mais c'est aussi un endroit où on mange, et où on mange très bien. Qu'aux petites heures, les clients restent pour faire la fête autour d'une bouteille de Grey Goose n'y change rien: ce qu'on a dans notre assiette est solide, savoureux et très, très roboratif.

Après une longue discussion avec notre charmant et attentionné serveur, nous avons entamé la soirée avec deux tartares différents: le tartare de boeuf classique pour Chéri et les bombes de thon pour moi - une des spécialités de la maison qui fait pas mal jaser dans le milieu. Nous avons aussi commandé une bouteille d'un très correct Valpolicella Ripasso de chez Michel Castellani, qui s'est avéré un très bon choix pour les bombes de thon (même si ça me fait toujours un petit pincement au coeur de payer près de 50$ une bouteille de vin qui en vaut une vingtaine dans les faits...). Marc-Olivier a tenu à nous prévenir que le tartare de boeuf ne serait pas des plus épicés, ce qui n'est pas exactement le cas. Si on a eu la main très très leste sur le tabasco, le tartare est cependant savoureux, poivré, huilé et aromatisé juste ce qu'il faut pour être délicieux. La viande, hachée grossièrement au couteau (exactement comme nous l'aimons !), était des plus tendres, et la légèreté de l'assaisonnement laisse place au goût imbattable de la viande crue. Même si les traditionnels croûtons n'ont rien de bien original, ils sont primordiaux aux côtés d'un tel tartare, et le croustillant qu'ils apportent en bouche est le liminaire essentiel de la dégustation.


De mon côté, les bombes de thon ont été renversantes: je m'attendais à quelque chose d'assez épicé, mais l'assemblage est dans les faits assez équilibré. Oui, le goût (et le petit kick) du sambal ressort - et c'est entre autres pour ça qu'on aime ces bombes ! -, mais on aime aussi la subtilité des oignons verts, la saveur marquée de l'huile de sésame et le croustillant du riz soufflé qui vient donner texture et originalité à la chose. En elle-même, la portion est gargantuesque: j'ai refilé une de mes quenelles à Chéri et je n'avais déjà plus faim pour le reste du repas. Chéri a tellement aimé qu'il m'a dit qu'il reviendrait au Macaroni Bar juste pour manger ce tartare avec une bière. C'est tout dire ! Mon seul reproche irait à l'aïoli au gingembre qui vient achever l'assiette et qui donne une douce texture crémeuse à l'ensemble: je l'aurais aimé bien plus gingembré - à tout le moins, avec un goût de gingembre facilement perceptible.


En deuxième service, Chéri s'en est donné à coeur joie dans les pâtes en choisissant le maccheroni au fromage au gorgonzola. L'assiette, monstrueuse, est présentée en toute simplicité. Ici, pas de doute, ce sont les pâtes qui sont reines, et elles sont mises en valeur. Simplement garni d'un peu de ciboulette, le maccheroni avait tout d'un mac and cheese chic, avec le goût relevé caractéristique du fromage bleu. Moi qui ne suis pas une fan des pâtes persillées de toutes sortes, je me suis surprise à piger à plusieurs reprises dans l'assiette de Chéri. L'ensemble est réussi: ça goûte le gorgonzola, et c'est ce goût relevé et typé qu'on recherche lorsqu'on y va pour une deuxième bouchée. À la fin, par contre, la crème et le fromage finissent par être un peu lourds en bouche: on aurait gagné à assouplir le plat avec une touche de fraîcheur.


De mon côté, j'ai choisi de finir mon repas en commandant la fameuse poutine aux gnocchis, poutine qui fait tellement jaser qu'elle est même en vedette sur l'affiche qui sert à faire la publicité du restaurant au coin de la rue. Heureusement pour moi (qui était, à ce moment, déjà amplement rassasiée !), la poutine aux gnocchis fait partie des entrées: la portion est raisonnable - mais pas légère pour autant. Les petits gnocchis - qui sont faits main, en cuisine - ne sont pas frits comme on me l'avait dit: ils sont plutôt caramélisés, encore très tendres à l'intérieur ET à l'extérieur. On les arrose d'une sauce de type gravy à base d'une réduction de veau et on les coiffe ensuite de fromage St-Guillaume, le fameux fromage qui fait kwick kwick. Chéri et moi avons été unanimes sur la question: la poutine aux gnocchis, c'est bon. Pas nécessairement bon à s'en taper les cuisses de plaisir, mais assurément très bon et très réconfortant. Une critique toutefois: la sauce manquait (à mon goût) de coloration - peut-être était-on à court de fond de veau foncé, ou avait-on été rapides sur le temps que les os avait passé à rôtir - et elle était, aussi, un peu trop salée - peut-être trop réduite. Dans tous les cas, la combinaison des gnocchis moelleux, du fromage élastique et de la sauce crémeuse est réussie. Pas aussi mémorable que mes bombes de thon, mais assurément réussie.



Comme nous étions plein comme des boudins, nous avons pris un seul dessert pour clôturer notre soirée, et, à notre grand regret, pas la pizza au nutella et au ricotta (nous serions encore sur place à essayer de nous rouler jusqu'ici, si c'était le cas). Nous avons plutôt opté pour le Smores, savante réinvention du classique qui se déclinait ici comme un brownie - un peu sec, il aurait eu avantage à avoir une texture plus crémeuse, semblable à celle d'un fudge - coiffé d'un crumble de biscuits graham, de crème glacée et, bien sûr, de guimauve grillée. Chéri a particulièrement aimé la crème glacée, qui avait la texture dense et fondante des gelato. De mon côté, j'ai trouvé que le jeu sur les textures était particulièrement réussi. C'était un bon dessert, sans être particulièrement révolutionnaire.


Comment conclure sinon pour dire que le Macaroni Bar est un très bon restaurant qui devrait être visité au moins une fois, ne serait-ce que pour découvrir ce que sont les classiques de la maison. Nous avons été choyés, lors de notre visite, par un service impeccable qui nous a grandement impressionnés. Aussi, si la cuisine n'est pas nécessairement des plus inventives (c'est surtout au niveau des entrées que le chef s'éclate; du côté des secondi, on reste dans une cuisine des plus classiques), ce qui nous a été servi était bien exécuté. Il y aurait certainement place à un peu plus de caractère en cuisine (nous préférerions, par exemple, un plat de pâtes des plus éclatés à une portion monstrueuse comme celle qui nous a été servie), mais les amateurs de cuisine italienne en nous ont été ravis par le goût et la qualité de ce qui nous a été servis.



On y va pour: découvrir les classiques de la maison.

On y retourne pour: les plats paesano, des plats plus rustiques élaborés par le chef, sur une base quotidienne, et pour les soirées barbecue sur la terrasse l'été.

Le Macaroni Bar
4448 avenue St-Laurent (à l'angle des rues St-Laurent et Mont-Royal)

Prix: 128$ pour trois entrées, un plat principal, un dessert et une bouteille de vin (taxes incluses). Un minimum de 20$ par personne est exigé (sur le menu, en tout cas).

lundi 27 décembre 2010

Résolutions culinaires !

Pour l'année 2011, je me propose de faire une liste de résolutions culinaires dont je ferai périodiquement le suivi sur ce blogue. C'est une façon pour moi de m'engager à faire des choses dont j'ai toujours eu envie, sans jamais prendre le temps de les faire.

Je propose donc une liste de 12 plats que je cuisinerai en 2011 (que je n'ai jamais cuisiné !) et de 6 restaurants que je visiterai (et commenterai).

Les 12 plats que je vais cuisiner en 2011

  • Des calmars frits faits à partir de calmars frais, ou, mieux encore, des calmars farcis à la vietnamienne.
  • De la brandade de morue. (Dans les faits, je ne sais même pas c'est quoi.)
  • Du crabe à carapace molle.
  • De la crème brûlée au foie gras.
  • Des cupcakes au S'mores.
  • De la polenta crémeuse.
  • Des Xiao Long Bao, les fameux dumplings à soupe chaude.
  • Des spaghettis Vongole.
  • Du sorbet ou de la crème glacée maison.
  • Du beurre de homard.
  • Du fond de veau.
Et on pourrait ajouter plusieurs recettes que j'ai déjà repérées et que je compte essayer en 2011, comme le homard Général Tao de Chuck Hughes, les ravioles de crevettes au beurre de litchi de Ricardo, le burger style Buffalo de Bobby Flay, les os à moelle rôtis à la fleur de sel de Jennifer McLagan et la joue de boeuf braisée au vin rouge de Gordon Ramsay.

Pour ce qui est des restaurants, Chéri et moi visiteront cette année:
Ces promesses me font déjà saliver de plaisir... J'ai hâte de m'y mettre ! :)

lundi 29 novembre 2010

Concours Au chaud lapin



Vous me connaissez, j'adore la cuisine d'inspiration française, et heureusement, à Montréal, on est très bien servis sur ce plan. Un des nouveaux resto qui m'allument et m'intriguent, c'est le Chaud Lapin, une petite adresse de l'avenue Mont-Royal dont le menu est particulièrement inspirant.

C'est pour ça que j'ai été si enthousiaste quand j'ai vu ce nouveau concours sur Swakes: la chance de gagner un repas trois services, pour deux, avec accords mets et vins proposés par le sommelier. Wow !

Empressez-vous de vous inscrire vous aussi, ça me ferait plaisir si l'un de mes lecteurs gagnait (à la condition que vous me racontiez tout, tout, tout, bien sûr ! ;).

mercredi 17 novembre 2010

La fée aux miettes et le Pied de cochon


Pour notre anniversaire, Chéri et moi sommes allés manger au Pied de cochon, ce minuscule restaurant de l'avenue Duluth qui se passe vraiment de présentation. Nous étions vraiment enthousiastes à l'idée d'y aller, puisque la cuisine gargantuesque du chef, ainsi que sa personnalité rabelaisienne, a une réputation mythique. Comme je possède aussi, depuis mon anniversaire, l'Album du Pied de cochon, j'ai eu le temps de me faire toutes sortes d'idées sur la cochonceté et la décadence de la cuisine picaresque de Martin Picard, et c'est la tête pleine d'images de foie gras, de sauce demi-glace et de cochonnailles que je suis arrivée au Pied de cochon.

Assez curieusement, mes premières impressions sur l'endroit furent assez mitigées. Je savais, bien sûr, que l'endroit était petit, mais je n'aurais jamais cru qu'il l'était à ce point. Même avec une belle table à l'avant du resto, on a un peu l'impression d'être coincés sur les autres, et dans l'entrée tout à la fois. Remarquez, ce n'est pas dramatique, mais ce n'est définitivement pas l'endroit le plus sensuel pour célébrer en amoureux. De même, le service, bien que efficace, n'était pas des plus courtois; je ne suis pas des plus exigeantes, mais l'affabilité devrait être naturelle chez les gens qui travaillent dans le service à la clientèle, et ce n'est pas ce que j'ai pu observer lors de ma visite au Pied de cochon.

Notre repas a commencé sur une bière, une corbeille de pain (le meilleur pain au monde - j'étais tellement conquise que je grignotais les miettes sur la table) et une déception: les oreilles de crisse que je rêvais (je devrais dire bavais) de commander pour l'apéro n'étaient pas disponibles cette journée là, et je me suis contentée d'un cromesquis de foie gras - sorte de petite bouchée apéritive qui explose en bouche sur une réduction de foie gras liquide. L'idée est assez bonne, mais j'ai trouvé que le goût du foie gras n'était pas si présent. Au final, nous aurions peut-être dû commander une autre concoction au foie gras: la poutine ou la pizza, peut-être, pour bien en profiter.



Nous avons rous les deux enchaîné sur une entrée de cru (vous êtes surpris, n'est-ce pas ?). Le carpaccio de canard, servi de façon traditionnelle, badigeonné d'huile d'olive et garni de sauce piquante, de moutarde forte, de copeaux de parmesan et d'un jaune d'oeuf, était formidablement fondant, mais tiède, puisque servi sur une assiette chaude. J'ai trouvé cette erreur de manipulation un peu curieuse pour un restaurant de cette trempe, mais elle n'a pas vraiment nuit à mon expérience du carpaccio. Je me suis d'ailleurs empressée de le reproduire à la maison: c'est dans les petites choses qu'on reconnaît les grandes cuisines. Chéri a quant a lui choisi le tartare de boeuf en cornet, qui tenait à la fois de l'oeuvre d'art et du plaisir gastronomique: le tartare est servi avec tempura, sambal et oignons verts, enveloppés dans une feuille de nori. L'ensemble, vraiment réussi, se laissait vraiment dévorer.

Notre plat principal s'est avéré satisfaisant, mais peut-être pas aussi surprenant ou étonnant que nos entrées. De mon côté, je me suis délectée d'un jarret d'agneau confit sous-vide sur une purée de lentilles Du Puy (mes préférées ! ;), dans une sauce tomatée bien assaisonnée, mais tout de même... ordinaire. Chéri, lui, a pris le magret de canard aux champignons, cuit à la perfection mais nageant dans une sauce de type bouillon des plus tristounettes, alors qu'elle aurait pu être une merveilleuse demi-glace soyeuse à souhait. Il a apprécié, mais n'a pas nécessairement eu la révélation du siècle: la simplicité, qui peut, à la maison, être à la source d'une cuisine très maîtrisée, n'était pas nécessairement ce que nous attentions de Martin Picard. Son absence derrière les fourneaux ce soir là s'est peut-être fait ressentir plus que nous ne l'aurions cru.



La soirée s'est terminée sur une autre déception: les fameux churros à l'érable, qu'on m'avait vanté et qui me faisaient fantasmer quand je consultais le menu sur le site du restaurant, ne figuraient même pas sur la carte des desserts. Je me suis rebattue sur un mi-cuit au chocolat complètement banal, un peu sec et pas du tout cochon. On est loin de la tarte au sucre saucée dans le chocolat évoquée par Marie-Soleil Michon dans le dernier Ricardo...

Notre opinion sur le restaurant s'est donc trouvée légèrement assombrie. Dans l'ensemble, la cuisine à laquelle j'ai goûté ne tenait pas les promesses de décadence et de délires gastronomiques qu'elle signifiait dans ma tête. Les prix, légèrement plus élevés que dans les autres restaurants montréalais de cette gamme, deviennent carrément exorbitants quand on ajoute un plat de foie gras - sans parler des accompagnements qui sont vendus à part (ce qui, à mon avis, est un peu ridicule quand on parle de plats braisés comme ceux que nous avons commandé). L'ambiance, aussi, nous a déçu: on a l'impression d'être dans une minuscule cabane à sucre où les gens et les serveurs sont particulièrement guindés. Peut-être n'avions nous pas le budget pour vivre une véritable expérience Pied de cochon, avec champagne et foie gras à volonté, mais manifestement, le Pied de cochon ne nous a pas du tout mystifié. Question de malchance, peut-être.

Restaurant Au Pied de cochon

536 rue Duluth Est
514-281-1144


lundi 1 novembre 2010

Anatomie d'une dégustation de vin


Pour amorcer le mois de Novembre et pour court-circuiter la grisaille glaciale du lundi matin, j'ai rarement vu moins enthousiasmant qu'un séjour au Complexe Guy-Favreau, dans le but de renouveler nos droits de passeport canadien. Par contre, quand ce même séjour au Complexe Guy-Favreau est suivi d'une dégustation de vins décontractée et chaleureuse dans un chic hôtel du vieux-montréal, on en arrive à oublier la deuxième veste enfilée ce matin là pour se laisser aller aux plaisirs de la table. Ou, à tout le moins, j'ai réussi à oublier, et j'ai dégusté chaque minute de ce petit moment gastronomique, solide remède contre la déprime automnale.

Qu'on s'entende: je connais très peu de choses dans le monde des vins. Je sais que j'aime les Rioja 2004 et les Valpolicella Ripasso 2007, je sais que j'aime mon vin rouge boisé et mon blanc souple et que le meilleur vin que j'ai bu récemment était un Viogner australien nommé en l'honneur du Bernard l'hermite, mais je n'ai pratiquement aucune connaissance technique à ce sujet, et c'est dans cet état d'esprit que je me suis présentée à l'hôtel St-Paul ce matin. Et j'y ai trouvé des vins à ma mesure, qui, je le pense, ont été conçus pour des gens comme moi, qui aiment les bons vins mais qui n'ont pas encore tout le bagage nécessaire pour apprécier des vins plus complexes et plus dispendieux.

Je pense que c'est dans ce but que John Casella a créé la gamme Reserve des vins Yellowtail (oui, oui, ces petits vins australiens avec un drôle de kangourou sur l'étiquette), des vins qu'il a voulu tout aussi accessibles que la gamme régulière des vins Yellowtail, mais avec un goût plus évolué et plus complexe, digne des vins de qualité supérieure. Pour nous guider dans la découverte de ces vins, le sommelier Nick Hamilton a mené une dégustation à l'aveugle, de type aller-retour, où nous devions comparer entre eux des vins issus de même cépage, mais de caractère différent. En général, les vins Yellowtail Reserve se sont bien débrouillés: parce qu'ils sont bien équilibrés et parce qu'ils sont modérés en tout, les néophytes comme moi y trouvent plaisir, et les spécialistes, comme nombre des journalistes et sommeliers présents, ont su trouver des qualités structurelles dans chacun des verres. Au point où le Shiraz Yellowtail à 16,80$ en est venu à éclipser le Côte-Rôtie de Guigale à 75$ dans le palmares des goûteurs.

Pour moi qui n'ai comme point de comparaison que mes propres goûts, je dois avouer avoir trouvé le Chardonnay Yellowtail trop peu boisé pour l'apprécier autant qu'un Chardonnay avec beaucoup de caractère comme le Albert Bichot 2007 que nous avons dégusté cette fin de semaine. N'étant pas non plus une grande admiratrice des Shiraz, quels qu'ils soient, j'ai trouvé l'ensemble des vins dégustés un peu trop astringents, mais j'ai admiré l'équilibre du puissant Dead Arm Shiraz, un vin qui se détaille quelques 55$ à la SAQ, et que j'ai trouvé formidable. Mon vrai coup de foudre, chez les Yellowtail Reserve, c'est donc le Cabernet-Sauvignon, que j'ai trouvé frais en bouche, avec des flaveurs de fruits marquées et présentes, un excellent vin dont j'ai aimé la sucrosité et les tanins délicats qui entraient en scène après que la saveur de fruit du vin se soit déployée complètement en bouche. C'est ce que moi j'appelle une réussite.

Chacun des vins Yellowtail Reserve a ensuite été marié à des plats préparés par le restaurant Vauvert, et je pense que c'est ainsi accompagnés qu'ils ont trouvé tout leur sens. Le Chardonnay que j'avais trouvé un peu trop discret s'est bien déployé sur le saumon au sésame et au gingembre, le Shiraz a perdu de son caractère sur les pennes aux champignons sauvage, et le Cabernet-Sauvignon est resté délicieux et magnifique sur le carré d'agneau d'inspiration maghrébine. Pour moi qui ne boit jamais qu'en mangeant, j'ai trouvé que les vins se révélaient beaucoup plus une fois «accordés».

Je pense donc que ces vins sont ce qu'ils promettent d'être: ce sont de bons vins accessibles, mais ils ne relèvent pas nécessairement ce qui se fait déjà dans la gamme des vins entre 15 et 20 dollars. Ils sont comparables, parfois très réussis (vous ai-je parlé du Cabernet-Sauvignon ? ;) ), mais ce sont des vins encore jeunes, issus d'une première cuvée. Ils bénéficieront sans doute des commentaires recueillis lors de cette première mise au monde. Les premiers Shiraz YellowTail Reserve seront disponibles à la SAQ sous peu et le Cabernet-Sauvignon en janvier. Si vous aimez les vins bien structurés, je vous dirais d'y aller sans hésiter. Au prix de détail suggéré, ils feront de très bons vins de semaine, un peu plus raffinés que ce qu'on achèterait normalement. Ils n'éclipseront pas votre bonne bouteille du samedi à 25-30$, mais il y a de quoi avoir amplement de plaisir à boire et à manger.

(Et moi, j'ai une bouteille de réserve d'ici à ce que la Cabernet soit disponible au Québec, niak niak niak !).

PS: À voir ce qu'ils ont pu faire pour trois douzaines de personnes à servir en même temps, je recommanderais sans hésiter le restaurant Vauvert: le menu en ligne a l'air décadent, et tout ce que j'ai goûté était très bon et très maîtrisé.

Quelques photos de l'évènement...

Ma nouvelle obsession: les structures représentant les anciennes fondations de la ville dans le Vieux-Montréal (face à l'hôtel St-Paul)


La plus belle table d'appoint illuminée au monde


Gens importants



Journaliste au travail (c'est quand même un beau métier... ;) )


Quelques goodies pour les goûteurs


Petit salon de l'hôtel St-Paul


Couverts entropiques


Pavé de saumon grillé, sésame, gingembre, sauce au citron frais sur lit de nouilles soba


Penne Aglio, champignons sauvages, roquette et parmesan


Carré d'agneau, feta, brocolini et pois chiches grillés; humus et salsa de concombre, tomate et menthe


mercredi 15 septembre 2010

Critique restaurant: La Salle à manger


C'est une salle à manger qui a pignon sur la rue Mont-Royal, quelque part près de la rue Chambord, aux abords du Point G et du Chaud Lapin. Sous la coupe de Samuel Pinard, une brigade à l'allure décontractée évolue dans une cuisine à aire ouverte, rivalisant d'inventivité et d'imagination pour construire de bons petits plats à la fois réconfortant et gastronomique. À La Salle à manger, la cuisine a ce petit quelque chose de familier à quoi nous ont habitué Martin Picard au Pied de cochon et, d'une façon un peu plus américaine, Chuck Hughes au Garde-Manger. Quelque chose de rustico-bistro-chic, de très chaleureux et d'absolument savoureux. Et la cuisine n'est pas la seule à nous taper dans l'oeil quand on entre à la Salle à manger: la salle à manger elle-même, grande, aérée, avec ses tables et ses chaises en bois, sa lumière orangée et sa grande table commune, a quelque chose de convivial et de sémillant, à l'image du service de la pétillante Ariane, le meilleur que nous ayons eu dans un gastropub à ce jour.



Nous avons amorcé la chose par le choix de nos entrées respectives. Chéri s'est enfourné une chose absolument incroyable, délicieuse et bien équilibrée, un étagé de foie gras au torchon, melon brodé et persil plat, servi sur un pain brioché bien grillé et arrosé d'une vinaigrette sucrée légèrement acidulée, donnant le kick nécessaire à ce plat pour lui donner du corps et de l'énergie en bouche. C'était fabuleux. De mon côté, j'ai démarré la soirée avec une assiette de charcuteries maison, peut-être ma seule déception de la soirée, non pas parce qu'elle n'était pas bonne mais parce qu'elle était, à mon avis, mal équilibrée. Se succédèrent, sur une planchette de bois, rillettes du Mans, porc en gelé, tête fromagée, terrine d'abats, braseola, pâté de foie, pancetta, pastrami maison, jambon cru, marinade maison et variété de moutardes. Ce qui, dans l'ensemble, était très bon et bien exécuté (à l'exception de la terrine d'abat, que j'ai trouvé bien assaisonnée mais trop ferreuse pour être appréciable), mais il y avait beaucoup trop de terrines pour deux personnes, et trop peu de charcuteries (lire ici: de viandes froides) Peut-être aussi aurais-je dû suivre mon instinct et prendre le tartare de canard aux figues, dont je me suis privé sous le prétexte bidon de ne pas manger deux fois du canard dans la soirée. Drôle d'idée. Nous avons arrosé nos entrées d'un verre de bière, très appropriées pour soutenir le salé et le caractère de nos plats.

Le reste de la soirée s'est déroulée dans un atmosphère de fête et de joie épicurienne, nos pauvres âmes faibles déjà affectées par l'entrée de foie gras. Nous avons choisi d'accompagner notre repas d'un verre de vin en importation privée, un vin nature portant le joli nom de Mélodie d'automne, un Beaujolais du domaine Michel Guignier, cuvée 2007. Ce fût une belle surprise: moins corsé et moins alcoolisé que ce qu'on boit d'habitude, cette Mélodie d'automne, naturelle et biologique, avec sa belle robe grenat brouillé, s'accordait parfaitement avec la douceur des sauces en crème et le boisé des champignons sauvage. Tout un plaisir !



Chéri a donc choisi la cuisse de chapon rôti, vin jaune, lobster mushrooms et pommes de terre grelots. L'ensemble était super: servi dans un grand bol chaud, les champignons étaient à peine tombés dans le beurre et très croustillants, tempérant ainsi le caractère crémeux de la sauce. Le chapon était rôti à point, la viande se détachant de l'os, baignant dans une sauce crème, moutarde et vin jaune avec succulence. Les pommes de terre grelot étaient elle-même très réussies, probablement cuites à même les jus de cuisson, l'extérieur était légèrement caoutchouteux, résistant sous la dent, et l'intérieur était souple et parfaitement cuit, l'instrument idéal pour lécher la sauce au fond de l'assiette. J'ai trouvé que ce plat était une sorte de réinterprétation du lapin à la moutarde, mais les champignons conféraient à l'ensemble un caractère boisé et rustique qui convenait parfaitement à l'ensemble. Un classique d'automne qui, je l'espère, restera longtemps au menu de la Salle à manger.


De mon côté, mon assiette (dont, vous le conviendrez, la présentation était moins réussie) consistait en une lasagne étagée de canard effiloché et de champignons sauvages (bolets, giroles). Le tout baignait dans une délicieuse demi-glace de canard légèrement montée à la crème, et était surmonté d'une salade de crudités, toute en fraîcheur, qui ajoutait croquant, texture et délicatesse à l'ensemble, robuste et forestier. Je peux vous dire que ce plat m'a sortie de ma zone de confort question goût (moi qui, en général, n'aime pas vraiment les champignons !), et je n'en ai été que plus satisfaite et plus heureuse. Je n'avais jamais mangé quelque chose d'aussi sylvestre et d'aussi agreste, et j'avais l'impression que ce plat venait carrément titiller les instincts primitifs en moi.



Avec beaucoup de difficultés, nous avons fini la soirée sur un gâteau au chocolat noir, qui consistait en un étage de ganache (un peu trop dure, ce qui nous rendait le picorage difficile) courant une énorme couche de praliné. L'ensemble était adoucit par des morceaux de génoise arrosés de coulis de rhubarbe. Un sorbet de fraises servait à équilibrer l'ensemble, des plus sucrés et des plus chocolatés. De quoi rouler sous la table à la fin de la journée, ce que nous avons fait.



Dans l'ensemble, j'ai adoré mon expérience à la Salle à manger, notamment parce que pour une fois, le service était chaleureux et agréable, ce qui nous change des serveuses qui font de l'attitude et qui s'habille trop court pour avoir de meilleurs pourboires. Plein de choses m'ont plues, notamment le pain aux raisins maison, pour ouvrir le festin, et la sélection de vin au verre, courte mais pensée pour accompagner les plats du menu. On a aussi trouvé très sympathiques les longues tables au centre de la salle à manger, pour accueillir les groupes, et les menus à partager pour 2, 4 ou 6 personnes, tous plus décadents les uns que les autres. Si j'ai eu quelques déceptions en ce qui a trait à l'assiette de charcuteries, le reste de la cuisine est sans reproche, inventif et gastronomique. Et je n'étais pas la seule conquise, Chéri l'était aussi.



On y va pour: manger du canard et boire du bon vin.

On y retourne pour: le service chaleureux et le foie gras décadent.

La Salle à Manger
1302 avenue du Mont-Royal Est (coin Chambord)

Ouvert de 17h à minuit, tous les jours
Entrées entre 12 et 16$, plats principaux entre 22 et 30$, desserts 8$.

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