mercredi 14 mars 2012

Sandwich au tofu grillé à l'érable, sauce louisianaise


Cette recette, c'est peut-être une réponse à Josée Blanchette qui me demandait récemment, sur Twitter, si ça existait, un repas de cabane à sucre presque végé. Évidemment, lui ai-je répondu ! De la soupe aux pois, des fèves-pas-au-lard, une belle omelette soufflée, cornichons, betteraves et cretons de lentilles... Y'a moyen de moyenner quoi !

Mais là, j'ai trouvé encore mieux. L'une des plus grandes qualités de la cuisine végétarienne, c'est d'être créative et adaptable. Pourquoi alors se cantonner aux classiques un peu éculés de la cabane à sucre traditionnelle quand on peut utiliser le sirop d'érable à toutes les sauces dans la cuisine végé ? C'est sur cette base que j'ai développé l'idée d'escalopes de tofu marinées dont la saveur prédominante serait l'érable. Et comme je n'aime pas tant que ça les trucs trop sucrés, j'ai joué avec l'idée d'ajouter du piquant, du salé, et même un petit goût de fumée. Et qu'est-ce qu'on obtient quand on mélange tout ça ? Une marinade qui ressemble drôlement aux sauces barbecues sucrées-salées classiques du sud des États-Unis. Comment faire pour transformer ce tofu du Sud en quelque chose d'encore plus soul food, donc ? Et bien, en mettant le tout entre deux morceaux de pain, pour faire une sorte de croisement entre le po'boy et le pulled pork, et en arrosant le tout d'une bonne mayonnaise piquante inspirée par les condiments par excellence de la cuisine cajun: le tabasco et la moutarde créole.

Voilà un sandwich végé un peu plus satisfaisant et intéressant que les traditionnels pita et hummus qu'on nous propose dans les livres. Mon seul regret est de ne pas avoir réussi les photos à la juste valeur du plat, qui était aussi appétissant pour la bouche que pour les yeux.


Ce qu'il vous faut (pour deux impressionnants sandwiches):

- Environ la moitié d'un bloc de tofu ferme, tranché en escalopes d'environ 0,5 cm d'épaisseur (un peu plus, un peu moins, au goût)
- 2 cuillères à soupe de sauce soja foncée
- 2 cuillères à soupe de sirop d'érable (idéalement, du moyen ou du foncé, le sirop clair ne ressortira pas assez dans cette marinade)
- Quelques gouttes de fumée liquide (si vous n'en avez pas, utilisez une pincée de pimentòn)
- Plusieurs gouttes de Tabasco

- 3 cuillères à soupe de mayonnaise légère
- 1 cuillère à soupe de moutarde créole (moutarde à gros grains, à l'ancienne ou moutarde de Meaux)
- 1 cuillère à thé de sauce chili (celle qu'on utilise pour faire la sauce cocktail là...)
- 1 cuillère à soupe de sirop d'érable
- Quelques gouttes de fumée liquide (encore une fois, on peut remplacer par une pincée de pimentòn)
- Plusieurs gouttes de Tabasco

- 2 pains ciabatta multigrains
- 1 oignon Vidalia, coupé en tranches épaisses d'environ 1cm
- 1 tomate, coupée en tranches
- 2 feuilles de laitue Boston ou romaine, les côtes enlevées (ça aide à ce que votre tofu tienne bien en équilibre sur le pain)


Modus:
  • Mélanger tous les ingrédients du premier mélange et en recouvrir les escalopes de tofu. Mettre dans un plat hermétique et laisser mariner au frigo durant au moins quatre heures (vous pouvez aller jusqu'à 24h, sans problème).
  • Mélanger tous les ingrédients du deuxième mélange et goûter pour rectifier l'assaisonnement au besoin. Couvrir et mettre au réfrigérateur pour laisser le temps aux saveurs de se mélanger. La sauce devrait être d'un bel orangé avec un bon goût fumé et épicé; vous pouvez la faire plus piquante au besoin.
  • Lorsque le tofu est prêt à cuire, le laisser reposer 30 minutes à température ambiante. Chauffer une poêle et y verser une cuillère à soupe d'huile d'arachides. Frire les escalopes de tofu à feu moyen-vif en les retournant à l'occasion. On veut que l'extérieur soit relativement croustillant, sans que les escalopes ne deviennent trop sèches. Lorsque le tofu est prêt, l'égoutter sur du papier absorbant et réserver.
  • Pendant ce temps, couper les ciabatta en deux et les badigeonner, au goût, d'un peu d'huile d'olive. Cuire au four jusqu'à ce qu'elles soient chaudes et qu'elles commencent à griller, sans qu'elles ne soient trop croustillantes. Sortir du four et réserver.
  • Pour le montage des sandwiches, badigeonner la base des ciabatta avec la sauce louisianaise, puis empiler les ingrédients dans l'ordre: feuilles de laitue, escalopes de tofu, tranches de tomates (on peut saler poivrer à ce moment là), rondelles d'oignons Vidalia. Ajouter un peu de sauce louisianaise sur le dessus des sandwiches et couvrir de l'autre moitié du pain.
  • Servir avec un cure-dent et des napkins, pour éviter les dégâts !

lundi 12 mars 2012

La tague des blogueurs

Au mois de février, alors que j'étais plongée jusqu'aux oreilles dans mon contrat de correction pour le Ministère de l'éducation, j'ai été taguée par deux blogueuses afin de partager avec mes lecteurs mes petites confidences culinaires. Les règles de la tague sont simples: je dois d'abord vous confier onze choses que vous ignorez à propos de moi-même, et je dois ensuite répondre aux onze questions qui m'ont été posées tour à tour par Libellule et Wimzie. Normalement, je devrais aussi passer la tague et créer onze questions pour onze blogueurs différents, mais comme j'ai pris un mois à répondre aux questions qui m'ont été posées, pas mal tous les blogueurs que je connais ont déjà eu la tague ! C'est dommage, mais j'ai quand même pas mal de plaisir à répondre aux questions de mes consoeurs blogueuses.

Donc... voici onze choses que vous ignorez sur moi-même:

1. Il n'y a rien du tout qui me destinait à devenir éditrice et rédactrice d'un blogue culinaire. Je me suis tout bonnement levée un matin, et j'ai décidé que comme je trouvais la plupart des blogues végétariens trop dogmatiques à mon goût, j'allais en créer un moi-même qui allait promouvoir la diversité alimentaire sans tomber dans le rigorisme. Le succès de l'expérience a été une grande surprise pour moi ! Surprise pour laquelle je vous remercie, d'ailleurs...

2. Même si j'ai l'air de passer ma vie à cuisiner et à lire des livres de recettes (activité qui, je dois dire, m'occupe quand même pas mal), il ne s'agit pas du tout de mon champ d'expertise. Au contraire, je dois être la seule spécialiste québécoise de Simone de Beauvoir qui s'adonne à une activité aussi hétéronormative que la cuisine...

3. Il ne faut toutefois pas se fier à mes dehors intellectuels, je n'en ai pas l'âme du tout. Outre le fait que j'aime la langue française et la littérature et que je ne dédaigne pas une bonne discussion politique ou philosophique, la plupart de mes passions sont excessivement girly: j'aime le vernis à ongle, les films de filles, les vêtements vintage, les sacs à main en cuir recyclé et pas mal tout ce qui est un peu rose. J'ai essayé, ça ne se guérit pas.

4. Je suis accro aux jeux questionnaire et j'ai été joueuse toutes étoiles de mon équipe de Génies en Herbe à l'université. Conséquence: personne ne veut jamais jouer à Quelques arpents de piège avec moi.

5. Un de mes plaisirs coupables littéraires est la littérature jeunesse. J'ai lu tous les tomes du Journal d'Aurélie Laflamme, et je relis presque tous les ans la série des Raisins de Raymond Plante. À la vente annuelle de la Bibliothèque nationale, je traque les livres que je lisais étant jeune, comme la série des Arpents de Alan Wildsmith, et je les achète en faisant semblant que je les accumule pour mes futurs enfants. C'est faux: c'est pour les lire enroulée dans une doudou, comme quand j'avais 10 ans.

6. Serdaigle et fière de l'être. Le courage, ce n'est pas tout dans la vie !

7. Un de mes plaisirs coupables culinaires est d'aimer à peu près tout ce qui contient du fromage orange manipulé génétiquement. Un de mes déjeuners préférés, c'est une rôtie de pain aux grains germés sur laquelle je dépose deux blancs d'oeuf frits dans un soupçon d'huile d'olive et une tranche de fromage sans gras. Ah oui: j'arrose copieusement le tout de Sriracha, sinon, ce n'est pas aussi bon.

8. Je pense que mes papilles gustatives souffrent un tantinet de mon obsession pour les sauces piquantes, mais ça ne m'empêche pas de souhaiter plus que tout aller au Austin Hot Sauce Festival au moins une fois dans ma vie.

9. Je ne serais jamais capable d'être strictement végétarienne parce que... j'aime bien trop la saucisse à hot dog ! On dira ce qu'on voudra, des tofu-pogo, c'est plate.

10. Même si mon cursus universitaire mène en général à l'enseignement de la littérature, je rêve plutôt d'un emploi stable dans une maison d'édition ou une magazine culinaire. Je trouve beaucoup plus stimulant d'écrire toute la journée que d'enseigner à des jeunes blasés.

11. Un de mes rêves est de posséder une chèvrerie pour faire une production artisanale de fromage. J'en profiterais aussi pour élever des canards et les gaver moi-même, afin de ne jamais manquer de foie gras !

Mes réponses aux questions de Libellule:

1. Si vous pouviez faire un métier, n'importe lequel, que choisiriez-vous? Comme tout le monde, je pense que j'aimerais être un ingénieur en astrophysique pour voyager dans l'espace. Sinon, journaliste culinaire me conviendrait.
2. Quel groupe de musique vous a rendu groupie pendant votre adolescence? Nine Inch Nails
3. Aimeriez-vous changer de prénom? Si oui, pour lequel? Pour les deux réponses: pourquoi? Ça ne m'est jamais passé par la tête... je pense que je suis adaptée à mon prénom.
4. Votre dernière gaffe mémorable? Elle ne devait pas être si mémorable, parce que j'ai oublié ! ;)
5. Quel bidule de cuisine gardez-vous, mais que vous n'utilisez jamais? Aucun ! Ma cuisine est remplie de trucs que j'utilise souvent, ou pas trop souvent mais qu'on est heureux de s'en servir quand on en a besoin. Je ne suis pas une acheteuse de gadgets. (Quoique, j'ai un pèle-ananas... mais je m'en sers chaque fois que j'ai des ananas à la maison.)
6. Quelle était votre dessin animé d'enfance favori? Quand j'étais jeune, je pense que je tripais énormément sur Maya L'abeille, mais honnêtement, à part la chanson thème chantée par Nathalie Simard, je ne m'en rapelle plus vraiment.
7. Votre phrase fétiche? Écrire, c'est ébranler le sens du monde. - Roland Barthes
8. Parlez-nous de votre pire travail d'étudiant... J'ai toujours aimé mes emplois étudiants, mais il y en a qui ont de pires mauvais côtés que d'autres. Parlez-en à une fille qui a été cinq ans de temps préposée au service à la clientèle chez Zellers...
9. La saveur qui vous rend gaga en cuisine et celle que vous détestez? J'adore tout ce qui est piquant (duh, quelle révélation !). Il n'y a rien que je n'aime pas, même les trucs très âcres comme le fromage bleu, j'apprends à les apprivoiser.
10. Votre tendance culinaire du moment? La cuisine coréenne !
11. Une mauvaise habitude que vous avez en cuisine? Je goûte tout, tout le temps, et quand arrive le repas... je n'ai plus faim. :(

Et celles de Wimzie:

1- L'aliment ou le met que vous avez le plus honte de manger ? Chaque semaine, je mange un bol de Kraft Dinner au micro-ondes. C'est habituellement ma collation du vendredi soir. J'aime mieux ça que le Kraft Dinner en boîte, et si je n'en mange pas, je "m'ennuie" de mon p'tit bol. Bizarre.
2- Avez-vous déjà servi un truc acheté et devant les bons commentaires des vos invités vous n'avez pas osé le dire? Et si oui, Wimzie veut que vous vous confessiez! Qui? Quoi? Quand? Hm, non, ça ne m'est jamais arrivé: soit je le confie, soit je le cuisine moi-même ! Mais il y a du très bon déjà tout cuisiné, il ne faut pas avoir honte... Les quiches de La p'tite boulangerie sur Fleury sont bien meilleures que les miennes...
3- Votre péché mignon ? Les chips. Dur, dur de résister, j'essaie de ne pas en acheter sauf quand on prend une bière entre amis. Même chose pour le fromage salé.
4- Même si on me payait un milion , je ne ferais jamais... Considérant que je suis actuellement au chomâge, c'est une réponse à géométrie variable ! Hehe ! Mais comme je suis quelque'un d'intègre, je ne ferais jamais quelque chose qui va à l'encontre de mes valeurs, comme être porte-parole pour une cause que je n'endosse pas du tout, par exemple.
5- Si vous pouviez changer le nom de votre blog, ce serait? Je ne sais pas trop, quelque chose dans lequel il n'aurait pas le mot "végé", pour que je ne me sente pas coupable quand je fais une recette de viande !
6- Votre pire mauvais coup? J'suis bien trop sage pour faire ça, des mauvais coups.
7- Une personne avec qui vous aimeriez avoir une discussion et pourquoi? Simone de Beauvoir, parce que honnêtement, je suis pas mal sûre qu'elle était insatisfaite de son pacte avec Sartre, et je me demande pourquoi tous ses biographes passent sous silence la souffrance qu'elle a vécu...
8- Chose que vous aimeriez que les gens se souviennent de vous? Euh... Ma générosité, je pense.
9- Si je ne devais manger qu'un seul repas jusqu'à ma mort.. Ce serait... et Pourquoi? Aucune idée, ça change selon les jours... peut-être de la soupe pho, on dirait que je ne me tannerai jamais d'en manger.
10- Objet les plus quétaine que vous possédez? Une collection de doudous auxquelles je suis très attachée, pour différentes raisons. L'une de mes préférées a été crochetée à la main par une dame qui travaillait dans un camp de vacances avec moi, une autre m'a été offerte par mon beau-père décédé il y a bientôt deux ans. Je ne m'en séparerais pas.
11- La plus belle chanson d'amour selon vous? Facile: Mon Dieu de Édith Piaf, écrite juste après la mort de Marcel Cerdan. Ça m'arrive souvent de pleurer si je l'écoute quand je suis trop fatiguée... Même chose pour Orly de Jacques Brel.

Voilà ! J'espère que vous avez trouvé l'exercice intéressant et que ça vous a permis de mieux me connaître.


La Cabane 2012


Comme l'année dernière, j'ai eu la chance de recevoir une invitation au lancement médiatique de La Cabane, cet évènement qui réunit chaque année trois des choses que j'aime le plus au monde: des chefs inspirants, de la bonne bouffe et du glamour. Cette année encore plus que l'année dernière, je me suis sentie privilégiée parce que Chéri a pu m'accompagner, nous avons eu une belle soirée de bombance festive et nous sommes rentrés à la maison la panse bien pleine, satisfaits et heureux comme jamais. Si le décor de La Cabane a peu changé depuis l'année dernière, le look rustique-trash de celle-ci est toujours aussi chaleureux et invitant, et il dépayse juste assez pour nous mettre dans l'ambiance. Cette fois, j'ai vraiment flashé sur les chaises berçantes suspendues dont le recouvrement imitait le motif d'un bon gros bas de laine, un élément de décor qui représente ce que doit être, pour moi, une cabane: cozy, confortable, décontractée...


C'est Martin Juneau qui succédait à Patrice Demers, Marc-André Jetté (édition 2011) et Danny St-Pierre (édition 2010) aux commandes des fourneaux du Scena du Vieux-Port. Je dois admettre que le travail de cette brigade m'a particulièrement impressionnée: tout, ou à peu près, était également délicieux et savoureux. Un premier service d'entrées qui était une sorte de jeu sur le thème du comfort food nous a jetés par terre: malgré un creton de truite (ou de saumon, le menu et le serveur ne s'entendaient pas à ce sujet) un peu sec, ce sont les saveurs explosives du petit sandwich au pulled pork (et sa sauce barbecue à l'érable juste assez épicée) et le smoked meat de bison (dont la saveur de fumée était si riche qu'elle chatouillait le nez) et sa moutarde à l'érable que nous avons le plus aimé dans notre soirée. Juste pour ça, le menu de La Cabane vaut le détour. J'ai un peu moins apprécié le deuxième service, la soupe nouilles et canard (je pense que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus "wow" que des rotelle et du bouillon), que j'ai trouvé juste un peu chiche et plus traditionnelle. En même temps, je suis toujours un très bon public pour une bonne soupe alors je l'ai enfournée avec plaisir malgré tout; ce n'était pas pas réussi, ce l'était juste un peu moins que tout le reste.


De tous les plats composant le plat principal, Chéri et moi avons préféré, et de loin, la tarte au boudin noir et son chutney de pommes. Moi qui n'avais jamais mangé de boudin (hé non...), je dois avouer que j'ai été surprise de la texture et du goût de cette préparation. C'était à la fois crémeux, souple et résistant sous la dent, un peu chewy... Je n'arrive pas à trouver le mot juste alors disons le simplement: c'était très bon. Aussi, le contraste de texture entre la croûte pur beurre, le boudin et le chutney de pommes était des plus intéressants. Pour accompagner ceci, Martin Juneau a cuisiné une pièce de flanc de porc DuBreton cuite à la perfection, dont la viande était tendre et juteuse et la couenne, croustillante comme on les aime, des fèves au lard traditionnelles et des légumes racines rôtis: l'assiette était en somme bien équilibrée et chacun des éléments m'a plu; je trouvais le tout généreux et appétissant.


Les desserts ont aussi été appréciés, parce qu'ils réinterprétaient des classiques à la fois rustiques et populaires. J'ai adoré le whippet à l'érable, avec un biscuit hyper feuilleté et croustillant, une guimauve à l'érable et un enrobage chocolaté et délicat. Chéri, lui, s'est attaqué aux beignets farcis au berre d'érable avec un enthousiasme inégalé: c'est en effet une belle trouvaille, parfaite pour les dents sucrés aguerries comme lui. Seul le nougat façon tarte à la farlouche m'a un peu moins satisfaite, mais je n'ai jamais été une grande fan de cette concoction à base de raisins secs et de sirop d'érable. Ce qui est étrange, c'est que même si je n'ai pas été particulièrement allumée par ce dessert, j'ai trouvé que le goût du nougat était vraiment très proche de la vraie tarte à la farlouche de ma grand-mère; on peut donc dire qu'il était tout à fait réussi quand même.


Finalement, une nouvelle addition à La Cabane cette année, c'est le divertissement musical en fin de soirée. Quand le service est terminé, on tamise les lumières et un DJ s'installe aux platines pour mixer un judicieux hybride entre la musique traditionnelle et électronique. On peut se dégourdir les pattes avant de rentrer, une excellente façon de faciliter la digestion !

La Cabane
Le Scena du Quai Jacques-Cartier, Vieux-Port de Montréal
514-444-4383
59$ par personne pour les cinq services - 20$ pour les enfants
Sur réservation seulement


jeudi 8 mars 2012

Biscuits à la citrouille et à l'érable des fins de semaine au chalet


Je ne sais pas trop ce qui a déclenché ma toute récente passion pour les biscuits (prononcez à l'américaine, bis-kits), ces petits pains au babeurre pour lesquels il n'existe pas d'équivalent en français quand vient le temps de les désigner, mais j'ai une récente passion pour les biscuits feuilletés et bien beurrés, typique du sud des États-Unis. C'est peut-être, avec le macaroni au fromage et le gumbo, la plus belle réussite de la soul food: chauds, croustillants, tartinés d'un peu de beurre, ils sont parfaits pour déjeuner. À nouveau tartinés de beurre puis réchauffés dans la poêle, ils font un excellent écumoir pour les restants de gravy ou de sauce dans le fond des assiettes. Finalement, la pâte en elle-même est particulièrement polyvalente, et on peut la modifier à ravir en ajoutant nos ingrédients préférés, salés ou sucrés. Ceux que je vous présente aujourd'hui sont de type sucrés: au chalet, avec des amis, on les a ouverts en deux avant de les tartiner copieusement du beurre d'érable provenant de l'érablière familiale de Chéri (sans blague). J'en ai fait récemment avec de la purée de citrouille aussi, mais en remplaçant le sirop d'érable par de la Sriracha (je suis si prévisible) et en ajoutant une bonne dose de cheddar fort. Ils étaient délicieux tout nus, mais encore plus beurrés, pour éponger les restants de gumbo végé que j'avais servi en accompagnement de notre mac and cheese dominical. Honnêtement, la Nouvelle-Orléans ne fait rien de mieux.

Sauf peut-être du bourbon. Et du tabasco et des huîtres. Mais c'est un autre registre ! ;)


Ce qu'il vous faut:

- 2 tasses de farine tout-usage non blanchie, tamisée
- 1 cuillère à soupe de sucre granulé
- 2 1/2 cuillères à thé de poudre à pâte
- 1 bonne pincée de sel
- 5 cuillères à soupe de beurre (1/4 de tasse + 1 cuillère à soupe) très froid, coupé en gros dés
- 1/3 de tasse de babeurre (si vous ne voulez pas acheter 1l de babeurre - même si c'est un produit très polyvalent qui se congèle bien - vous pouvez remplacer par la même quantité de lait auquel vous ajoutez une cuillère à soupe de jus de citron (laissez reposer avant d'utiliser))
- 3/4 de tasse de purée de citrouille, maison ou du commerce
- 3 cuillères à soupe de sirop d'érable

Modus:
  • Préchauffer le four à 400 et préparer une plaque à biscuit en la doublant de papier parchemin.
  • Mélanger la farine, le sucre, le sel et la poudre à pâte, puis ajouter les dés de beurre et touiller pour les enrober de farine.
  • Au robot culinaire, ou à l'aide d'un coupe-pâte ou de deux couteaux, pulser la farine et le beurre ensemble jusqu'à la formation d'une texture de chapelure très grossière, avec des morceaux de beurre de la taille d'un petit pois, environ. Mettre le mélange au frigo pour raffermir le beurre, environ 10 minutes.
  • Pendant ce temps, mélanger le babeurre, la purée de citrouille et le sirop d'érable, et fouetter jusqu'à l'obtention d'un appareil relativement homogène.
  • Sortir le mélange de farine du frigo et à l'aide d'une cuillère de bois (ne pas le faire au robot pour éviter de défaire les morceaux de beurre), y ajouter les ingrédients humides jusqu'à ce que la pâte soit humide, tout juste.
  • Mettre la pâte sur un plan fariné et pétrir doucement, 4 à 5 fois, jusqu'à ce que le pâton soit souple et lisse, en ajoutant de la farine au besoin pour que la pâte ne colle pas. Ne pas trop manipuler.
  • Former une abaisse de pâte rectangulaire, d'environ 9 par 5 pouces et de 1,5 cm d'épaisseur. Saupoudrer l'abaisse avec de la farine et la replier en trois morceaux, en pliant les côtés les plus courts (comme quand on plie une lettre). Recommencer une deuxième fois (former l'abaisse en un rectanble, saupoudrer de farine, replier l'abaisse), puis étaler la pâte pour qu'elle ait environ 2 cm d'épaisseur.
  • À l'aide d'un emporte-pièce ou d'un verre d'environ 3 pouces de diamètre, couper environ 10 biscuits dans l'abaisse (vous aurez peut-être besoin de reformer le pâton).
  • Poser les biscuits sur la place en les espaçant d'environ 1 pouce. Enfourner et cuire de 13 à 15 minutes, jusqu'à ce qu'ils soient dorés et feuilletés. Retirer du four et laisser tempérer 2 minutes.
  • Pour un maximum d'érable et un summum d'indulgence, tartiner de beurre d'érable alors qu'ils sont encore chauds.

dimanche 4 mars 2012

Tofu à la pâte de piment coréenne


Si vous avez suivi mes dernières péripéties culinaires, vous avez sans doute remarqué que j'étais récemment tombée en amour avec la cuisine coréenne. Le kimchi n'a plus de secrets pour moi (j'ai d'ailleurs profité de ma première semaine de chômage pour transformer sept livres de chou nappa en un kimchi parfumé et épicé que j'ai très hâte de goûter !), ni ses différentes utilisations d'ailleurs. Je suis aussi devenue une fan finie du gochujuang, cette pâte de piment fermentée qui se retrouve dans toute une panoplie de mets coréens. J'étais très curieuse de goûter à ce condiment après avoir entendu David Chang et Marja Vongerichten en vanter la versatilité et les saveurs dans leurs différents livres de cuisine, et dès que j'ai pu m'en procurer (à La Dépense, au Marché Jean-Talon), ce fût un coup de foudre instantané. Même si c'est un condiment presque exclusivement à base de piments, la fermentation lui donne un goût très doux, presque doucereux, un tantinet sucré sur les bords, même si c'est aussi épicé et salé. En plein le genre de saveur que j'aime !

Dans cette recette de tofu, on retrouve les vraies saveurs de base de la cuisine coréenne: le gochujuang, le gochugaru, l'ail, le gingembre... Ces ingrédients sont vraiment mis en valeur ici, et même si c'est une recette relativement pimentée, l'ensemble atteint un bel équilibre agréable en bouche. À essayer si vous êtes curieux ! :)


Ce qu'il vous faut:

- 1 bloc de tofu ferme, coupés en petites escalopes

- 1 cuillère à soupe de vodka
- 2 cuillère à soupe de gochujuang (pâte de piment fermentée)
- 1 cuillère à soupe de gochugaru (poudre de piment fort)
- 1 cuillère à soupe de sucre
- 2 oignons verts, très finement émincés
- 2 gousses d'ail, très finement émincées
- 1 morceau d'environ 1 pouce de racine de gingembre, râpé

- 2 cuillères à soupe d'huile d'arachides (un peu plus, au besoin)

Modus:
  • Dans un cul de poule, dissoudre le gochujuang dans la vodka (utilisez de l'eau si vous n'en avez pas) et ajouter tous les ingrédients de la marinade. Touiller jusqu'à l'obtention d'une belle pâte lisse et homogène.
  • À l'aide d'un pinceau à pâtisserie, badigeonner chaque côté des escalopes de tofu avec la marinade et verser le reste sur le dessus.
  • Laisser reposer au frigo 24h en retournant les escalopes au moins une fois.
  • Lorsque le tofu a mariné suffisamment longtemps, le sortir du frigo et le laisser reposer à température pièce 15 minutes.
  • Chauffer un wok à feu vif et y verser l'huile jusqu'à ce qu'elle soit très chaude, presque qu'au point de fumée, et y faire saisir les escalopes de tofu jusqu'à ce que l'extérieur soit croustillant, environ 3 à 4 minutes par côté. Ajoutez de l'huile au besoin.
  • Égoutter les escalopes sur du papier absorbant et servir sur un lit de riz vapeur. Accompagner d'un bachan traditionnel coréen (ce sont des petits plats qui sont servis sur la table au début du repas mais qui sont faits pour accompagner la nourriture), comme une salade d'oignons verts ou du kongnamul muchim (des fèves de soja sautées assaisonnées de gochugaru, comme vous voyez sur la photo), ou d'un plus simple sauté de légumes.

PS: Il paraît que la cuisine coréenne fait partie des 10 grandes tendances qui influenceront le monde de la cuisine en 2012; vous devriez vous y mettre avant d'être dépassés. ;)

jeudi 1 mars 2012

Et le gagnant est...




Voilà, le tirage d'un exemplaire du livre The Art of Living According to Joe Beef a pris fin, et c'est le site randomgenerator.net qui s'est occupé de choisir un gagnant.

Cette personne est Sophie, dont le livre de recettes préféré est La pâtisserie maison de Marlette.

Sophie, je te demande d'entrer en contact avec moi afin que je puisse t'envoyer ton prix. Pour ce faire, tu n'as qu'à cliquer sur mon profil Blogger, tu y trouveras mon courriel. Je te laisse jusqu'au jeudi 8 mars (le jour de la femme ! ;) ) pour te manifester et réclamer ton prix.

Félicitations à la gagnante et j'espère pouvoir vous organiser un autre concours sous peu.

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