mardi 21 mai 2013
Omelette aux têtes de violons et au Sabot de Blanchette (et quelques trucs pour réussir une parfaite omelette!)
samedi 11 février 2012
Crêpes farcies à la roquette, aux épinards et au jambon
Les crêpes farcies ont longtemps été une spécialité de ma mère, qui transformait, chaque Noël, la prime de Noël de mon père en une piles de tranches épaisses et savoureuses dont l'une était toujours et invariablement destinée à faire des crêpes au jambon. (Je suppose que c'est le moment de préciser que la prime de Noël de mon père a été, pendant de longues années et ce jusqu'à sa suppression lors de la crise économique de 2008, une énorme jambon forêt noir de bonne qualité.) C'était, à l'époque, avant le boom gastronomique du tournant des années 2000, quelque chose comme le comble de la finesse que de recevoir quelqu'un avec cette spécialité française, et ma mère s'y adonnait régulièrement dans les semaines suivant la réception de la dite prime précédemment mentionnée. J'ai toujours trouvé que ces repas un peu trop lourds avaient quelque chose d'incroyablement chaleureux et réconfortant. C'est un peu l'esprit que j'ai essayé de recréer avec ces petites crêpes orgiaques.
Pour alléger l'ensemble, j'ai remplacé une partie du jambon par une quantité appréciable d'épinards et de roquette. Une fois sautées et flétries, les verdures n'ont besoin que d'un souçon de sauce ou de crème pour lier l'appareil au jambon, ce qui contribue grandement à la digestibilité de cette recette. Pour remplacer la traditionnelle béchamel maternelle, j'ai utilisé un restant de sauce mornay confectionnée un peu plus tôt cette semaine pour des croque-monsieurs façon bistro. À vous de voir ce que vous préférez.
Ce qu'il vous faut (pour 4 petites crêpes qui combleront deux personnes):
- 125 grammes de jambon fumé de bonne qualité, coupé en petits dés
- 2 tasses d'épinards, lavées, essorées et grossièrement hachées
- 1 tasse de roquette, lavée, essorée et grossièrement hachée
- Sel et poivre du moulin, au goût
- 1/3 de tasse de farine tout-usage, non-blanchie
- 1 pincée de sel
- 1 pincée de sucre
- 1 oeuf
- 2 cuillères à thé de beurre fondu
- 2/3 de tasse de lait
- 1/2 tasse de cheddar fort, râpé, ou autre fromage goûteux au goût
- 1 recette de sauce Mornay (ou votre recette de béchamel épaisse préférée)
Modus:
- Préchauffer le four à broil.
- Dans un bol, tamisez la farine avec le sel et le sucre. Dans un autre bol, battre l'oeuf et incorporer le lait et le beurre fondu. Former un puits au centre du mélange de farine et incorporer le mélange de lait en fouettant sans cesse pour éviter la formation de grumeaux.
- Chauffer à feu moyen-vif une poêle d'environ 9 pouces de diamètre et la badigeonner d'un peu de beurre fondu ou d'huile d'olive. Lorsque la poêle est très chaude, verser 1/4 de tasse de l'appareil et l'étendre en forme de cercle en utilisant le dos d'une louche. La pâte doit couvrir le plus de surface possible et être relativement mince. Lorsque des bulles apparaissent sur l'entièreté de la surface de la crêpe, la retourner pour griller l'autre côté, quelques secondes, jusqu'à une minute. Réserver.
- Lorsque toute les crêpes sont prêtes, garder la poêle chaude sur le feu et ajouter un peu de beurre. Faire sauter les dés de jambon jusqu'à ce qu'ils soient dorés, puis ajouter les épinards et la roquette. Sauter jusqu'à ce que la verdure soit bien flérie et retirer du feu.
- Verser environ une à deux cuillères à soupe de sauce Mornay sur le tout et touiller pour lier.
- Étendre une crêpe sur un plan de travail et déposer au centre le quart du mélange. Avec une spatule, former un boudin avec la farce et tasser la vers l'une des extrémités de la crêpe. Rouler délicatement et déposer dans une assiette allant au four ou sur une plaque à biscuit doublée de papier parchemin. Répéter avec chacune des crêpes.
- Former des "ensembles" de deux crêpes en les collant bien comme il faut (pour qu'elles retiennent bien la sauce et le fromage au creux du pli) et arroser de sauce Mornay. Répartir le fromage râpé et enfourner. Cuire à broil jusqu'à ce que le fromage commence à dorer (surveillez constamment, pour éviter de les brûler.
- Servir avec un bon café et des fruits frais.
samedi 19 novembre 2011
Poêlée de champignons sauvages à la crème d'ail, croûte au Chant du Coq
Des milliers de recettes, et pourtant, quand je cherche quelque chose de vraiment précis, comme la meilleure recette de salade de papaye verte au monde, ou la meilleure façon de confire un canard, je repousse mes livres et je me tourne vers Malorie (Chipeuse, du blogue Il faut jouer avec la nourriture, dont je vous avais déjà parlé ici), dont les conseils précieux m'ont guidé dans plein de découvertes et d'expérimentations, notamment dans ma découverte des huîtres et du foie gras, deux aliments maintenant adorés qui figuraient bien sûr au menu de notre souper festif à Chéri et moi.
Alors évidemment, il y a quelques semaines, quand je me suis mise à mijoter des idées de menu pour notre anniversaire conjugal, Malorie est la première personne que j'ai pensé à contacter. Ses courriels débordants de bonnes idées toutes plus raffinées les unes que les autres (j'ai encore un peu de regret quand je pense au carpaccio de cerf aux copeaux de truffes que je n'ai pas fait mais qui a failli être notre entrée !), elle a vite fait d'aiguiser ma curiosité avec cinq petits mots: champignons à la crème d'ail.
Champignons.
Crème.
Ail.
Sérieusement, qui peut douter de ce parfait mélange ?
Je me suis donc empressée de demander cette recette à Malorie, et je vous la présente ici avec ma petite variation encore plus décadente: une belle croûte de pain de campagne aux grains entiers (on a pris du pain Montignac Intégral, bien brun et corsé), grillée et... gratinée. C'est si bon, si riche, une vraie recette pour laquelle je pourrais me damner.
Ce qu'il vous faut (pour 2 entrées, mais vous pourriez utiliser des petits croûtons pour faire des portions "apéro"):
- 2 tranches de pain intégral, badigeonnées d'huile d'olive et légèrement grillées
- 2 tranches de fromage Chant du Coq (disponible au Marché des Saveurs, le Chant du Coq est un fromage crémeux et fondant avec des notes assez relevées d'herbes et de beurre. S'il n'est pas disponible, remplacez par du Alfred Fermier, du 1608 ou par du raclette au lait cru)
- 250 grammes de champignons sauvages (ici, des chanterelles et des chanterelles tubulaires, parce que la famille des chanterelles a-do-re le fromage, la crème et l'ail. Comme la saison des cueilleurs de champignons achève, vous pouvez utiliser des champignons de culture comme des pleurotes, des cremini et des shiitake)
- 2/3 de tasse de crème 35%
- 6 à 8 grosses gousses d'ail, pelées
- Persil plat, haché
- Sel et poivre, au goût
Modus:
- Dans une petite casserole, déposer les gousses d'ail et verser la crème dessus. Chauffer à feu moyen jusqu'à ce qu'il y ait un frémissement, puis réduire le feu et cuire jusqu'à ce que les gousses d'ail soient très tendres et que la crème ait réduit au moins de moitié (même un peu plus).
- Lorsque les gousses sont cuites, saler et verser le tout dans le mélangeur. Mixer jusqu'à l'obtention d'une crème lisse et épaisse (la texture sera un peu comme une mayonnaise détendue). Mettre dans une ramequin et réserver.
- Dans une poêle, à feu moyen-vif, saisir les champignons (si vous en avez de différentes grosseur/texture, assurez-vous de donner une ou deux minutes de cuisson de plus à ceux qui sont plus gros/plus fermes) dans environ 1 1/2 cuillère à soupe d'huile d'olive (ajouter une noix de beurre pour le goût) durant environ deux minutes. Diminuer ensuite à feu moyen et poursuivre la cuisson jusqu'à ce que les champignons soient bien dorés, cinq à six minutes (selon la grosseur des champignons). Saler et poivrer au goût.
- Ajouter une bonne quantité de crème d'ail (2 à 3 cuillères à soupe) dans la poêlonne et touiller pour enrober. Incorporer les feuilles de persil.
- Pendant ce temps, griller au four les tranches de pain badigeonnées d'huile. Lorsque le dessous est doré, retourner et poser les tranches de Chant du Coq sur le pain. Cuire jusqu'à ce que le fromage soit fondu et légèrement grillé, mais encore blanc.
- Sortir les croûtes au Chant du Coq du four et couvrir chaque tranche de la moitié des champignons à la crème d'ail. Déposer une petite cuillère à thé de crème d'ail sur chaque crostinis.
- Dégustez immédiatement, avec beaucoup de plaisir... ;)
lundi 3 octobre 2011
Sole meunière
It arrived whole: a large, flat Dover sole that was perfectly browned in a sputtering butter sauce with a sprinkling of chopped parsley on top. The waiter carefully placed the platter in front of us, stepped back, and said: "Bon appètit!
I closed my eyes and inhaled the rising perfume. Then I lifted a forkful of fish to my mouth, took a bite, and chewed slowly. The flesh of the sole was delicate, with a light but distinct taste of the ocean that blended marvelously with the browned butter. I chewed slowly and swallowed. It was a morsel of perfection.
La perfection, vous disais-je. Et si Julia Child le dit...
Ce qu'il vous faut:
- 2 à 3 filets de sole par personne, épongés et asséchés
- 3 cuillères à soupe de farine
- 1 citron
- 3 cuillères à soupe de beurre, divisées
- 1 cuillère à soupe d'huile
- Sel et poivre du moulin
- Persil haché
Modus:
- Assécher les filets de sole avec un essuie-tout ou un linge propre. Saler et poivrer de chaque côté.
- Enrober les filets dans la farine et secouer délicatement pour enlever l'excédent.
- Faire chauffer à feu moyen-vif une cuillère à soupe de beurre et l'huile d'olive dans un poêlon jusqu'à ce que le beurre commence à brunir.
- Cuire les filets jusqu'à ce qu'ils soient dorés et croustillants, en tournant à mi-cuisson. Ajouter un peu de beurre ou d'huile dans la poêle au besoin.
- Déposer les filets de poisson dans un plat de service et arroser de jus de citron (modérément). Parsemer de persil haché.
- Dans la poêle encore chaude, déposer les 2 cuillères à soupe de beurre restantes et cuire jusqu'à ce que le beurre soit légèrement bruni. Retirer immédiatement du feu et arrêter la cuisson en pressant un trait de jus de citron sur le beurre.
- Verser immédiatement sur la sole.
- Servir avec des légumes vapeurs.
dimanche 28 août 2011
Croquettes de quinoa au fromage de chèvre
Ce qu'il vous faut:
- 340 grammes de quinoa cuit (85 grammes de quinoa sec, bien rincé, devraient suffire; cette plante est exponentielle !) - environ 2 tasses
- 4 oeufs
- 2 petites échalotes grises, finement émincées
- 1 petit oignon vert, très finement émincé
- 1 poignée de persil, grossièrement haché
- 85 grammes de fromage de chèvre - environ 1/2 tasse
- 1/2 tasse de parmesan grossièrement râpé
- 100 grammes de chapelure - un peu plus de 3/4 de tasse
- Sel, poivre, origan, herbes salées (au goût)
Modus:
- Préchauffer le four à 450 degrés. Chemiser une plaque à biscuit de papier parchemin et badigeonner d'un peu d'huile végétale.
- Dans un grand cul-de-poule, mélanger le quinoa et les oeufs battus puis assaisonner au goût (sel, poivre, origan, herbes salées ou autre).
- Ajouter l'échalote, l'oignon vert, le persil, le parmesan et le chèvre et touiller pour mélanger, jusqu'à ce que le chèvre soit bien amalgamé au reste.
- Incorporer la chapelure et mélanger, puis laisser reposer pour qu'elle absorbe l'humidité de l'appareil.
- Façonner le mélange en galettes (environ 16) et déposer sur la plaque de cuisson.
- Badigeonner le dessus des galettes d'un soupçon d'huile d'olive. Cuire 10 minutes, puis retourner les galettes. Cuire encore 5 minutes ou jusqu'à ce que les galettes soient fermes et bien dorées.
- Servir immédiatement ou manger à température pièce.
lundi 15 août 2011
Clafoutis aux pêches, aux bleuets et à la crème fraîche
En prime, c'est super facile à réaliser.
Ce qu'il vous faut:
- 2 grosses pêches mûres, lavées, séparées en deux et coupées en tranches épaisses
- 1/2 tasse de bleuets
- 2 oeufs + 1 jaune
- 3/4 de tasse de crème fraîche
- 3/4 de tasse de lait
- 2 cuillère à thé d'extrait de vanille
- 1/3 de tasse de farine
- 1/2 tasse de sucre granulé (plus environ 1 cuillère à soupe pour le plat de cuisson)
- 1 pincée de sel
- Sucre à glacer
- Beurre
Modus:
- Préchauffer le four à 375 degrés.
- Beurrer un plat de cuisson de 9 pouce (et d'au moins 2 pouces de profondeur) et saupoudrer de sucre granulé. Secouer au-dessus de l'évier pour enlever l'excédent.
- Arranger les tranches de pêches au fond du plat pour former un motif et saupoudrer des bleuets.
- Battre les oeufs et le jaune d'oeuf avec la crème fraîche, le lait, et la vanille.
- Incorporer la farine, le sucre et le sel et mélanger jusqu'à l'obtention d'une texture de type pâte à crêpes.
- Verser l'appareil sur les fruits et enfourner délicatement pour ne pas déplacer les fruits.
- Cuire environ 35 minutes où jusqu'à ce que la costarde commence à dorer sur les côtés et à se détacher du plat de cuisson.
- Laisser refroidir sur une grille. Saupoudrer de sucre à glacer et servir avec un peu de crème fraîche en extra, pour les gourmands.
dimanche 24 juillet 2011
Oeufs à la florentine
Ce livre, Eggs, de Michel Roux, porte un titre très à propos dans la mesure où il présente toutes les variations possibles qu'on puisse faire subir à un oeuf: des oeufs à la coque aux crèmes anglaises, en passant par les omelettes et autres brouillades en tout genre, c'est une véritable encyclopédie du savoir-cuisiner l'oeuf. Et cette recette d'oeufs à la florentine a été pigée dans le chapitre qui honore ma façon préférée de cuire les œufs, c'est-à-dire pochés, donc crémeux, onctueux... Ici, les oeufs encore très coulants sont déposés sur une tombée d'épinards, puis recouvert d'une délicieuse sauce Mornay avant d'être gratinés. Avec une salade de persil et quelques tranches de baguette, c'est un super souper léger et élégant pour les soirs de semaine où on a envie d'un tout petit peu plus.
Ce qu'il vous faut (pour 2 personnes):
- 4 oeufs
- 3 cuillères à soupe de vinaigre blanc
- 1 paquet de bébé épinards de 112 grammes
- 1 pincée de sucre
- 2 cuillères à soupe de crème 15%
- Sel et poivre du moulin
- 1 cuillère à soupe de beurre
- 1 cuillère à soupe de farine
- 1 tasse de lait
- 2 jaunes d'oeuf
- 2 cuillères à soupe de crème
- 2/3 de tasse de fromage Comté ou d'un bon fromage à raclette québécois, râpé
- 1 pincée de muscade
- Sel
- Poivre blanc
- 2/3 de tasse de fromage Comté ou d'un bon fromage à raclette québécois, râpé
- 1/3 de tasse de parmesan
Modus:
- Dans un premier temps, préparer la sauce Mornay: à feu moyen-doux, faire fondre le beurre dans une petite casserole puis ajouter la farine en fouettant. Cuire le roux environ 3 à 4 minutes, sans colorer, puis ajouter le lait lentement, en fouettant toujours, jusqu'à ce que le tout soit bien incorporé. Chauffer à feu moyen jusqu'à ébullition, puis baisser le feu à nouveau et laisser mijoter pendant 10 minutes. Fouetter les jaunes d'oeufs avec la crème et incorporer à la béchamel en fouettant. Reporter à ébullition et cuire une minute en fouettant sans arrêt, puis retirer du feu. Verser le fromage râpé en pluie sur la sauce et incorporer en brassant. Maintenir chaud.
- Préchauffer le four à broil.
- Remplir une casserole d'eau et ajouter le vinaigre. Casser les oeufs dans des ramequins et verser dans l'eau bouillante un à la fois. Cuire une minute et demi puis retirer de l'eau à l'aide d'une cuillère trouée. Réserver.
- Dans une poêle, faire fondre un peu de beurre et sauter les épinards en les parsemant de sucre (ce qui aidera à maintenir leur couleur verte). Ajouter la crème et saler et poivrer au goût.
- Verser la tombée d'épinards dans deux plats à gratin allant au four, puis déposer sur chacun un oeuf poché. Couvrir de sauce Mornay et parsemer du fromage râpé.
- Enfourner et cuire jusqu'à ce que le fromage soit doré et légèrement croustillant.
- Servir immédiatement avec du pain et une salade verte.
lundi 20 juin 2011
Crème brûlée à la rhubarbe, à l'anis étoilé et à la cardamome
Par contre, s'il y a un dessert que j'aime vraiment beaucoup, c'est la crème brûlée, que j'ai découvert pour la première fois cette année. Et c'est en fantasmant sur la délicieuse croûte caramélisée d'une crème brûlée que j'ai eu l'idée de combiner costarde et compote de rhubarbe pour un dessert qui nous satisferait tous les deux. J'ai infusé la crème et la compote avec de l'anis et de la cardamome pour une touche de fraîcheur exotique des plus agréables.
J'ai eu une petite bulle au cerveau en prenant les photos et je n'ai pas creusé assez ma crème brûlée, donc on ne voit pas la compotée de rhubarbe, mais je vous jure qu'elle est là et que c'est une touche délicieuse.
PS: C'était trop bon, j'en ai refait. Preuve que la compote de rhubarbe existe: voir plus bas. ;)
Ce qu'il vous faut:
- 4 tiges de rhubarbe, coupées en petits dés (environ 2 tasses)
- 1/2 tasse de sucre
- Le zeste d'un citron
- 1 tête d'anis étoilé (ou environ 6 morceaux)
- 4 à 5 gousses de cardamome verte
- 1 cuillère à soupe d'eau
- 2 tasses de crème à 35%
- 6 jaunes d'oeuf
- 1/2 tasse de sucre
- 2 têtes d'anis étoilé
- 5 à 6 gousses de cardamome verte
- Sucre granulé
Modus:
- Moudre la première quantité d'anis et cardamome.
- Dans un petit chaudron, faire chauffer la rhubarbe, le sucre, le zeste de citron et l'eau à feu moyen. Cuire doucement en remuant souvent, jusqu'à ce que la rhubarbe rende son jus et qu'elle soit tendre, tout en conservant sa forme.
- Saupoudrer l'anis et la cardamome, touiller et retirer du feu.
- Verser la compotée de rhubarbe dans six ramequins et laisser tiédir.
- Préchauffer le four à 325 degrés.
- Verser la crème dans une casserole et chauffer à feu moyen vif. Ajouter l'anis et la cardamome entière et cuire jusqu'à ce que la crème fasse des bulles.
- Retirer du feu et laisser infuser 15 minutes.
- Battre les jaune d'oeufs et la deuxième quantité de sucre jusqu'à ce que les oeufs blanchissent.
- Filtrer la crème et jeter les aromates.
- En fouettant doucement (pas avec la mixette), incorporer la crème en filet dans le mélange d'oeufs jusqu'à ce que le mélange soit épais et homogène.
- Verser la costarde sur la rhubarbe dans les ramequins.
- Déposer les six ramequins dans un plat et verser de l'eau jusqu'à mi-haut des ramequins.
- Cuire au four de 25 à 30 minutes, jusqu'à ce que les bords de la costarde soit pris et le milieu encore "woobly" (c'est-à-dire une texte du jell-o). Surveillez bien la cuisson parce qu'une crème brûlée trop cuite ressemble à un soufflé et c'est vraiment moins bon.
- Laisser tiédir 15 minutes dans le bain-marie puis déposer sur une grille et refroidir au moins 45 minutes à température pièce.
- Couvrir et réfrigérer au moins 4 heures.
- Au moment du service, saupoudrer la surface des crèmes d'une couche mince mais uniforme de sucre et griller avec une torche de cuisine jusqu'à ce qu'elles soient d'une belle couleur caramel. (Vous pouvez aussi les passer à broil en surveillant pour les retirer dès que le sucre est caramélisé).
- Dégustez !
mardi 19 avril 2011
Salade de thon et de légumineuses
PS: Oui, oui, c'est si simple que la recette n'a que trois étapes.
Ce qu'il vous faut:
- 1 grosse boîte de haricots rouges, rincés et égouttés
- 1 petite boîte de pois chiches, rincés et égouttés
- 1 boîte de thon dans l'eau ou dans l'huile (selon vos goûts), égouttée
- 2 échalotes françaises, finement émincées
- 1/2 petit oignon rouge, finement émincé
- 1/4 de tasse d'huile d'olive
- 3 cuillères à soupe de vinaigre de vin rouge
- 1 cuillère à soupe de moutarde crémeuse à l'aneth
- 1 grosse poignée de persil italien, haché (Chéri a pris du frisé puisque c'est ce qu'il a acheté à l'épicerie, mais je vous assure, ce sera meilleur avec du persil plat ! )
- 1 pincée d'origan
- Poivre grossièrement moulu, en quantité
- Fleur de sel
Modus:
- Dans un grand saladier, combiner les haricots rouges, les pois chiches, le thon, les oignons, les échalotes et le persil.
- Dans un autre bol, fouetter la moutarde et le vinaigre de vin rouge puis ajouter l'huile graduellement pour émulsionner le mélange.
- Ajouter la vinaigrette au mélange de légumineuse et parsemer d'origan. Saler et poivrer au goût puis touiller pour incorporer les ingrédients. Servir frais avec un peu de pain de campagne et un bon jus de légumes.
dimanche 20 mars 2011
Truite pochée au vin blanc et salade de fenouil à l'orange sur pain au levain
Ce qu'il vous faut:
- 1 filet de truite d'environ 200 grammes
- 1 branche de céleri, coupée grossièrement
- 1/4 de tasse de vin blanc sec
- 1/4 de tasse de vinaigre de yuzu (remplacer par du jus de citron au besoin)
- Eau en quantité suffisante
- 1 petit bulbe de fenouil, paré (les tiges et les feuilles enlevées, mais réservées), tranché très finement à la mandoline (de l'épaisseur d'une feuille de papier, environ)
- 1 orange, le zeste râpé et le jus exprimé
- 1 échalote grise, très finement tranchée
- 1 poignée de feuilles de menthe, déchiquetée grossièrement
- 1 poignée de feuilles de bébé roquette, entières
- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 1 cuillère à soupe de vinaigre de vin rouge
- Sel et poivre du moulin
- Baguette au levain, tranchée en croûtons épais
¸
Modus:
- Dans une grande poêle, déposer les tiges et les feuilles du bulbe de fenouil ainsi que les morceaux de céleri. Mettre le filet de truite sur les légumes et arroser du vin et du vinaigre de yuzu. Saler et poivrer abondamment, au goût. Couvrir le tout d'eau à hauteur, suffisamment pour que le filet soit entièrement immergé.
- Ouvrir le feu (à feu très doux) et attendre le frémissement (devrait prendre entre 35 et 45 minutes).
- Dès que le liquide frémit, retirer du feu et laisser le poisson refroidir dans le liquide. Lorsque le mélange est à température pièce, égoutter la truite et la défaire en flocons. Jeter le liquide de cuisson et les aromates.
- Pendant ce temps, mettre les tranches de fenouil dans un grand bol d'eau glacée et laisser tremper environ 30 minutes. Égoutter et assécher.
- Mélanger les tranches de fenouil, l'échalote, la roquette et la menthe, puis ajouter le zeste d'orange. Saler et poivrer au goût.
- Combiner le jus d'orange, le vinaigre de vin rouge et l'huile d'olive.
- Incorporer les flocons de truite à la salade de fenouil et arroser de la vinaigrette à l'orange. Touiller et rectifier l'assaisonnement au besoin.
- Servir en empilant la salade sur des tranches épaisses de pain au levain.
lundi 14 février 2011
Pain doré caramélisé aux poires
Ce qu'il vous faut:
- 2 poires mûres, épluchées et tranchées
- 10 tranches de baguette au levain (ou 7 tranches de pain ordinaire), coupées en quatre
- 2 oeufs
- 1/4 de tasse de crème 15%
- 3/4 de tasse de lait
- 2 cuillères à soupe de beurre
- 3/4 de tasse de sucre
- 2 à 3 cuillère à soupe de crème 15%
Modus:
- Préchauffer le four à 400 degrés.
- Dans un cul de poule, battre les oeufs et incorporer le lait et la crème.
- Déposer les tranches de pain et de poire dans le mélange et remuer en écrasant avec le plat de la cuillère, pour que tout le pain soit bien imbibé et que le mélange soit complètement absorbé.
- Mettre la préparation dans un moule à pain beurré et bien presser pour mouler.
- Enfourner et cuire 40 à 45 minutes où jusqu'à ce que le pain soit relativement ferme et bien doré sur le dessus.
- Réfrigérer au moins une heure pour faciliter le démoulage (à un certain point, je pense que ce pourrait être une bonne idée de préparer le pain la veille et de le glacer le lendemain seulement). Couper en quatre morceaux et démouler.
- Faire fondre le beurre à feu moyen jusqu'à ce qu'il soit mousseux. Ajouter le sucre. Comme le sucre absorbera presque la totalité du liquide, le caramel se fera à sec, il faut donc être attentif puisqu'un caramel sec caramélise vraiment plus rapidement.
- Cuire jusqu'à ce que le sucre soit fondu et commence à dorer.
- Retirer la poêle du feu lorsque le caramel est brun pâle. Ajouter la crème avec précaution et remuer pour obtenir un mélange homogène (en ajouter un peu plus si le caramel est un peu trop épais).
- Glacer les morceaux de pain avec le caramel et les retournant doucement avec une spatule, de deux à trois fois.
- Servir immédiatement.
dimanche 30 janvier 2011
Tartiflette au fromage d'ici
C'est pour ça que je ne m'en fais pas trop quand les habitants de Haute-Savoie de ma connaissance (oui, oui, il y en a quelques uns - deux dans les faits) poussent les hauts cris quand je parle de mon intention d'utiliser un fromage québécois pour mon gratin de pommes de terre. Au contraire, même, avec la qualité et la diversité des fromages qui se produisent au Québec, ce serait plutôt acheter un reblochon en importation qui serait un sacrilège. Après quelques tergiversations, Chéri et moi avons choisi de faire notre tartiflette avec le Kénogami des fermes Lehmann - les mêmes qui produisaient le fameux Valbert au lait cru avant la crise de la listériose. Pour un goût noisetté et une texture crémeuse encore plus proche du Reblochon, on pourrait choisir le Gaulois de Portneuf - un des seuls fromages au lait cru commercialisé au Québec - mais les meules qui étaient en inventaire chez Hamel cette semaine manquaient un brin de caractère à notre goût.
Finalement, la tartiflette traditionnelle est végétarienne: pommes de terre, oignons, fromage, vin blanc, et c'est tout. Il est cependant assez commun d'y ajouter des lardons de porc ou de canard - on pourrait même en faire une version assez cochonne avec du confit de canard effiloché. Pour ma part, je suis restée très près de l'essence même de ce plat réconfortant. Allez-y selon votre inspiration !
Ce qu'il vous faut (pour une tartiflette qui servira deux à trois personnes):
- 2 grosses pommes de terre épluchées ou environ 650 grammes de pommes de terre
- La moitié d'une meule de Kénogami ou une pointe d'environ 200 grammes de fromage québécois
- 2 oignons, émincés en demi-rondelles
- 2 cuillères à soupe de beurre
- 1/2 tasse de vin blanc sec (idéalement savoyard)
- 1 à 2 cuillères à soupe de crème
- Poivre du moulin
- Sel
Modus:
- Dans une casserole, porter de l'eau à ébullition et cuire les pommes de terre entières jusqu'à ce qu'on puisse les percer, sans plus. Ne pas trop cuire.
- Égoutter les pommes de terre et mettre la casserole au frigo pour les faire refroidir.
- Lorsque les pommes de terre sont tièdes, les trancher très finement.
- Préchauffer le four à 375.
- Pendant ce temps, faire fondre le beurre et faire sauter les oignons à feu moyen, jusqu'à ce qu'ils soient translucides. Si les oignons collent un peu au fond, déglacer avec un soupçon de vin et râcler les sucs de cuisson.
- Déposer les tranches de pommes de terre sur les oignons, saler et poivrer et laisser rôtir un peu. Remuer délicatement, en prenant garde de ne pas briser les pommes de terre.
- Verser le vin et laisser réduire.
- Lorsque les pommes de terre ont absorbé tout le liquide, garnir toute la surface du mélange de tranches fines de Kénogami. Verser la crème sur l'ensemble.
- Enfourner et cuire 15 à 20 minutes, jusqu'à ce que le fromage soit fondu, presque liquide.
- Servir avec une salade verte et un bon jus de légumes, pour alléger un peu !
mercredi 26 janvier 2011
Bouts de côte de boeuf braisées au cambozola
Ce qu'il vous faut (pour quatre bonnes portions réconfortantes):
- 4 côtes de boeuf sur l'os (vous pouvez demander à votre boucher de choisir les côtes dans l'épaule, qui sont un peu plus petites - idéales pour les demoiselles, ce sont celles que vous voyez sur les photos - ou d'y aller pour les côtes de boeuf pour homme, qui sont... énormes)
- 1 bouteille de vin corsé (nous avons utilisé un Douro à 13.5%, délicieux)
- 1 conserve de bouillon à fondue au vin rouge (dans le livre, cette conserve était une autre bouteille de vin. Comme je n'avais pas deux bouteilles du même cépage sous la main, j'ai préféré remplacer, mais si votre budget le permet, allez-y pour deux bouteilles de rouge.)
- 4 gousses d'ail, entières, légèrement écrasées avec le plat de votre couteau
- 1 oignon, émincé
- 2 carottes, grossièrement hachées
- 4 branches de céleri, grossièrement hachées
- 1 betterave, pelée et hachée
- 1 ou 2 branches de thym frais
- 1/2 tasse de sirop de riz brun ou de cassonade
- Farine en quantité suffisante
- Poivre du moulin
- Sel de mer
- 1/4 de tasse de beurre froid en petits cubes
- 125 grammes de fromage cambozola ou autre fromage persillé à pâte élastique. Si vous n'aimez pas le bleu, allez-y avec un classique triple crème, genre Riopelle.
Modus:
- Séparer les côtes de boeuf et retirer le surplus de gras (gardez-en un peu pour le goût, quand même !). Frotter la chair avec le sel et le poivre puis fariner la viande. Réserver.
- Dans une cocotte ou une poêle en acier (pas d'antiadhésif ici !), faire chauffer de l'huile et du beurre à feu vif, et saisir la viande à feu vif, de chaque côté, jusqu'à ce qu'elle soit bien dorée. Retirer de la poêle et réserver à nouveau.
- Dans la même poêle, sans la nettoyer, cuire les légumes sans les remuer durant une à deux minutes, pour bien les caraméliser. Touiller et continuer de cuire en remuant, jusqu'à ce qu'ils soient colorés de tous les côtés.
- Déglacer la poêle avec le vin rouge (utilisez la bouteille au complet si vous utilisez une cocotte, sinon mettez en une bonne quantité) et râcler le fond pour bien décoller les sucs de cuisson. À ce moment, si vous utilisez une poêle, verser le mélange dans une casserole allant au four.
- Remettre les jarrets dans la cocotte et incorporer le bouillon à fondue, le thym et le sirop ou la cassonade.
- Cuire à 300 degrés, environ quatre heures où jusqu'à ce que le viande se défasse facilement à la fourchette.
- Lorsque la viande est cuite, retirez-la de la cocotte et déposez-la dans une assiette. Couvrez de papier d'aluminium et laissez reposer.
- Passer la sauce au tamis fin et écrasez les légumes pour libérez un maximum de saveur. Jeter les légumes.
- Remettre la sauce sur le feu et portez à ébullition. Laisser réduire du 2/3 (ou un peu plus). Cette étape peut prendre jusqu'à une demi-heure, mais cela vaut la peine d'être patient. La sauce, une fois réduite, doit avoir une consistance crémeuse et lisse et doit napper le dos d'une cuillère de bois.
- Lorsque la sauce est prête, incorporer le beurre en fouettant. S'il vous reste un peu de fromage, vous pouvez l'incorporer aussi.
- Trancher le fromage cambozola en quatre tranches épaisses. Déposer le fromage sur les accompagnements (pommes de terre en purée, polenta crémeuse, nouilles aux oeufs...) et coiffer le fromage d'un bout de côte entier, avec l'os.
- Garnir de sauce et d'un peu de persil frais. Servir immédiatement. Dévorez.
mercredi 19 janvier 2011
Soupe de champignons à la purée de pois chiches
À accompagner d'un bon morceau de pain, de tartines ou de morceaux fromages pour un repas complet.
Ce qu'il vous faut:
- 350 grammes de champignons café (Cremini), tranchés
- 1 petit oignon blanc, finement émincé
- 2 ou 3 gousses d'ail, finement émincées
- 1 échalote grise, finement émincée
- 2 ou 3 branches de thym, effeuillées
- 1/4 de tasse de porto ou de vin de Madère
- 6 tasses de bouillon de légumes
- Poivre du moulin
- Sel
- 3/4 de tasse de purée de pois chiches nature, maison ou du commerce (hummus)
- 2 oignons verts, très finement émincés
- 1 poignée de persil plat, émincé
- Yogourt nature ou crème de soja, pour garnir
Modus:
- Dans une casserole de grandeur moyenne, faire chauffer deux cuillères à soupe d'huile d'olive et y faire tomber l'oignon et l'échalote à feu moyen. Cuire jusqu'à ce que les oignons soient translucides, environ 5 minutes.
- Ajouter les champignons, saler et poivrer et cuire encore 10 minutes, jusqu'à ce que le liquide des champignons se soit évaporé.
- Incorporer l'ail et cuire une minute en remuant, pour éviter qu'elle ne brûle. Déglacer avec le porto et laisser réduire du 2/3, en râclant le fond de la casserole pour détacher les sucs de cuisson.
- Ajouter le bouillon de légumes et le thym et porter à ébullition. Réduire le feu et cuire en frémissant entre 20 et 25 minutes.
- Retirer la casserole du feu et incorporer la purée de pois chiches en fouettant à la fourchette.
- Déposer le 2/3 de la soupe dans un mélangeur et réduire en purée lisse. Remettre la purée dans la soupe et chauffer jusqu'à ce que le mélange frémisse.
- Incorporer les oignons vert et le persil et rectifier l'assaisonnement.
- Servir dans des bols chauds et garnir d'un peu de crème de soja ou de yogourt nature.
mardi 21 décembre 2010
Génétique du macaron
Et le fait que je n'avais jamais essayé d'en faire et que je ne connaissais personne qui puisse me conseiller n'a pas semblé dérangé mes ambitions outre mesure. Et ma bulle au cerveau devait être pas mal grosse, parce que je me suis dit que tant qu'à en faire, je pourrais très bien en faire trois sortes, de trois couleurs différentes. Beau projet, non ?
En tout cas, c'est pleine d'ambitions que j'ai débuté la confection de ces petites choses hier. Les récits de failed macarons pullulant sur les Internets n'ont pas suffit à me faire prendre garde: je me suis lancée tête baissée, armée de ma balance et de mon thermomètre à bonbons... Et ce fut un échec cuisant. Même si j'ai mesuré mes ingrédients avec un soin maniaque. Même si j'ai mesuré la température du sirop de sucre avec une précision obsessionnelle. Même si j'ai suivi toutes les instructions de la recette à la lettre. Et c'est d'autant plus navrant que je l'ai fait avec la ferme conviction que je ne pouvais échouer en suivant la recette les yeux fermés (et bien, ils étaient en fait ouverts, mais vous comprenez...).
J'ai d'abord opté pour la technique utilisant une meringue italienne, puisque les coques confectionnées à base de cette meringue sont moins fragiles à la cuisson. Selon mon livre, on disait que même si cette recette demande un niveau de technicité plus grand, les risques d'échec sont moindres. J'ai donc mélangé amandes, sucre et blancs d'oeufs à un peu de colorant orange pour faire la base de ma pâte, et je me suis lancée dans la confection de la meringue italienne.
Je l'ai raté une première fois. Ne disposant pas d'un thermomètre électronique, j'ai oublié de surveiller la cuisson de mon sirop et je l'ai réchappé au moment où il atteignait 170 degrés, soit un peu moins de 50 degrés de trop. J'ai plongé la casserole dans un bassin d'eau glacée en espérant faire diminuer la température du sirop et une fois tempéré, je l'ai versé en filet sur mes blancs d'oeufs battus en neige. La meringue est tombée. De luisante et onctueuse qu'elle était à la moitié de l'ajout du sirop, elle est passée à liquide et flasque. J'ai supposé que le problème venait du sirop trop chaud, et j'ai recommencé.
Je l'ai raté une seconde fois. J'ai monté les blancs d'oeufs en neige avant de faire le sirop et j'ai surveillé la température de celui-ci constamment jusqu'à ce qu'il atteigne le fatidique 121 degrés. J'ai versé le sirop en filet sur mes blancs d'oeufs battus en neige, et de luisante et onctueuse qu'elle était à la moitié de l'ajout du sirop, la meringue est devenue liquide et flasque. J'ai soupçonné que la quantité de sirop était trop grande pour la quantité de blancs d'oeufs et j'ai essayé de rajouter du blanc d'oeuf pour continuer de monter la meringue (c'est ce qu'on fait quand une meringue monte en graine, après tout !). Ce fut un échec.
Frustrée, j'ai jeté la première base de pâte à la poubelle et j'ai décidé de me rabattre sur la méthode française, plus facile d'exécution mais plus fragile. J'ai tamisé ensemble la poudre d'amandes et le sucre à glacer, puis j'ai commencé à monter mes blancs d'oeuf en neige. Je pense que c'est à ce moment que j'ai failli briser ma mixette, alors qu'un des batteurs mal fixé s'est coincé dans l'autre, faisant surchauffer le moteur. J'ai aussi failli m'arracher des doigts en essayant de les décoincer puis, j'ai eu la bonne idée de débrancher ma mixette avant de recommencer. J'ai monté mes blancs d'oeufs et j'ai saupoudré délicatement le sucre en pluie sur mes ceux-ci, petit peu par petit peu, battant toujours à vitesse moyenne. La meringue a continué de se tenir. Je l'ai teint. Elle a continué de se tenir.
Il fallait ensuite incorporer les poudres très délicatement au mélange d'oeufs en les versant en pluie, sporadiquement, sur la meringue, pliant la pâte avec la maryse pour ramener le mélange vers le centre jusqu'à incorporation complète. On disait que le mélange devait se lisser à plat: il était plutôt granuleux. J'ai continué de plier puis, découragée de la texture, j'ai repoussé le cul-de-poule en me disant que je n'y arriverais jamais. C'est là que la pâte s'est miraculeusement mise à luire et à s'étaler, la surface devenant lisse, lisse, lisse.
J'ai donc tapissé mes plaques à biscuits de papier parchemin et j'ai versé la pâte dans une poche à douille pour façonner les coques. Et là, j'ai constaté qu'il y avait une sorte de problème avec la pâte. Une sorte de problème comme: elle sortait toute seule de la poche à douille et s'étalait dans tous les sens, sans former le petit rond parfait qu'elle était supposée faire. J'ai râclé la pâte affreusement étalée avec un couteau, et je l'ai remis dans la poche, j'ai changé de papier parchemin et j'ai recommencé. Le résultat a été des plus hasardeux, mais j'ai fini par arriver à quelque chose. J'ai laissé sécher les coques et lorsque la croûte sur le dessus était prête, je les ai enfournées.
Et je les ai ressorties. Les six malheureuses petites coques rondes et parfaites trônaient au milieu des 34 boursouflées, difformes et craquelées qui ont craqué à la cuisson. Échec.
Vous pensez que ça s'arrête là ? Non. Je suis plutôt masochiste. Quand Chéri est revenu du travail, il a séché mes larmes et il m'a suggéré de recommencer avec une autre recette, celle de Gordon Ramsay dans Just Desserts. Et j'ai recommencé. Les oeufs. Le sucre. La meringue. Les poudres en pluie. Plier la pâte. Remplir la poche à douille. Faire des ronds. Au moment de façonner les coques, j'ai remarqué que la pâte se tenait mieux. Qu'elle s'étalait moins et qu'elle formait des presque-ronds. J'ai laissé sécher la pâte plus longtemps, pour éviter que les coques ne craquent. J'ai mis la température du four à 285 au lieu de 295. J'ai cuit 11 minutes au lieu de 12. Et elles sont sorties. Presque parfaites. Pour 37 d'entre elles.
Du moins, c'était le cas jusqu'à ce que j'essaie de les décoller de la feuille de papier parchemin. Et qu'elles refusent. Et craquent. Pas toutes. Une dizaine d'entre elles. Peut-être douze.
Adieu rêve de macarons parfaits et prétentions Marie-Antoinettiennes.
J'ai bien sûr récupéré la plupart d'entre elles. Un macaron légèrement craqué est quand même aussi délicieux qu'un macaron parfait, il est juste moins beau. Malheureusement, les macarons dans les pâtisseries sont toujours parfaits. Et pas les miens. Bouhou. Au lieu des 18 macarons prévus, mes hôtes recevront chacun deux macarons à la mangue et au poivre vert et quatre macarons au chocolat et à la Stout.
En attendant, j'ai photographié les trois plus beaux pour vous !