vendredi 21 août 2009

La vengeance n'est pas un plat qui se mange froid


Ou, à tout le moins, pas dans Inglorious Basterds, le dernier film de Quentin Tarantino que je suis allée voir aujourd'hui (étouffez vos rires) au Colossus de Laval (lol). Je dois admettre que le film m'a agréablement (ok, le terme agréable est weird pour un film de Tarantino) surprise et que je l'ai trouvé dense, constant, intéressant, interactif (oui, interactif comme dans produisant des symboles qui font réagir le public, donc moi) et plein d'une énergie absolument jouissive (ce qui fait beaucoup de bien aux gens qui encaissent beaucoup mais déversent peu).

Honnêtement, le marketing du film (au Québec à tout le moins - j'ajoute cette phrase surtout à l'adresse de Cibiou, parce que je me demande comment s'est passé le marketing du film en France) a un peu faussé mes attentes envers le film (que je supposais festin de violence et d'action, disons, plutôt que lente progressision vers une catharsis historique fantasmée), et il me semble que l'attention donnée aux Basterds dans la bande-annonce occulte plutôt le synopsis du film, qui, à lui seul, vaut le déplacement (même si le déplacement implique un déplacement vers le Colossus). Chéri, lui, a trouvé l'ensemble un peu trop complaisant (ses arguments se basent sur l'abus de dialogue - que je n'ai pas trouvé abusif, mais on a le droit de ne pas être en accord, au moins une fois par jour - et la longueur du film, qui lui ont donné l'impression que Quentin Tarantino se regardait réaliser, sur le modèle des gens qui s'écoutent parler, mettons), mais moi, j'ai trouvé, au contraire, que malgré une absence d'économie des mécanismes fictionnels, le film était "monté serré". Comme quoi tous les goûts sont dans la nature.

Au contraire des deux précédents sévices de Tarantino, j'ai trouvé le film absolument bien dosé, c'est-à-dire que la violence n'y était pas pornographique (se basant sur le postulat que, dans Kill Bill, la violence était utilisée comme le sexe dans les films pornographiques, c'est-à-dire grossièrement et vulgairement, malgré une photographie magnifique), ni spectaculaire (disons qu'on est loin du body count de 236 victimes du dernier Rambo). J'ai trouvé que même les scènes les plus graphiques avaient leur place, et qu'elles étaient aussi "amorties" par de très belles scènes (belles photographiquement parlant), notamment celle où Shosanna se grimme pour la première de La fierté de la nation. Finalement, l'ensemble est assez bien mené pour qu'on ait une impression tangible de tension dramatique en constante progression, tant et si bien que la scène finale entre Shosanna et Frederick m'a donné la désagréable impression de ne pas avoir droit à mon bonbon. (C'est exactement ainsi que je me suis exprimée à Chéri: ewww, c'est comme si j'étais passée super proche d'avoir un orgasme et que le téléphone avait sonné au même moment. En deux mots: cock block.). Heureusement pour nous, le dénouement attendu a lieu, et le spectateur en ressort particulièrement satisfait.

Je peux toutefois comprendre les gens qui ont qualifié Inglorious Basterds d'être carrément de la pornographie historique (je sais que c'est Eli Roth qui a qualifié le film de pornographie kasher, mais le mot a été amplement repris). À ceci, j'aurais tendance à répondre que nous ne pouvons toutefois pas taxer Quentin Tarantino de ce genre de prétentions puisqu'il n'est PAS juif, ce qui, à mon avis, donne une crédibilité différente et assez intéressante au film, que je considère comme plutôt intuitif. Le seul détail qui m'a chicotée était dans le montage final: il me semble que j'aurais mis la scène d'opéra baroque (c'est-à-dire, l'incendie) en tout dernier lieu, après le dénouement avec Landa. C'eût été une finale merveilleuse.

Finalement, message à Chéri: j'ai menti dans la voiture en revenant (mexcue) quand j'ai dit que, contrairement à Batman l'été dernier que j'aurais facilement amputé d'une demi-heure en coupant le bout à Hong-Kong, je n'avais trouvé aucune longueur dans le film. C'est vrai que la scène de la taverne à Nadine est un peu longue. Mais juste un peu. Je ne trouve juste pas que cette longueur justifie l'épithète complaisant. Je t'aime. (L)

2 commentaires:

cib a dit…

Effectivement. on peut faire la meme constatation avec le marketing du film en France, où l'accent était totalement mis sur les basterds eux-même. Pour ma part, je suis donc vraiment restée sur ma faim et malgré quelques scènes jouissives et un Christoph Waltz formidable, je n'ai pas réussi à vraiment apprécier ce film. il faut dire que j'ai bloqué sur la partie "française" : l'actrice déja et les dialogues qui étaient du dernier ridicule (on sentait beaucoup trop que c'était de l'anglais traduit ou à traduire). bref, une petite déception pour moi

Daiva a dit…

Oui, ça m'a étonnée aussi qu'il fasse l'effort de garder la trame originale pour l'allemand et l'anglais, mais pas pour le français. Il y a sans aucun doute des dialogues qui se passent en français dans la version originale qu'on nous a retraduit sans que ce soit nécessaire.

Je n'ai pas non plus accroché énormément sur l'actrice (Mélanie Laurent, je crois ?), que j'ai trouvé un peu juvénile et assez peu dénuée de caractère comparé aux autres égéries de Taratino (on est loin de Jackie Brown ou The Bride !!). J'ai trouvé ça assez étrange parce que c'est quand même une de ses "signatures".

Par contre, l'ensemble du film m'a plu, et même si le marketing m'avait donné l'impression de voir un tout autre film, celui que j'ai vu m'a plu. Je dirais que mon chum est plutôt de ton avis par contre. Ce qui explique peut-être le succès mitigé du film dans les festivals.

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