mercredi 19 août 2009

Zelda et Scott


Hier, j'ai commencé et fini de lire Alabama Song, le livre qui a valu à Gilles Leroy le prix Goncourt en 2007. J'étais pleine d'ambitions pour ce livre qui n'était pas issu du cartel de l'édition française (ce qui avait surpris tout le monde lors de sa sélection), d'autant plus que je ne pardonnerai jamais à l'Académie Goncourt d'avoir honoré Les Bienveillantes (pour des raisons que vous connaissez déjà si vous avez lu mon article L'art du roman, en 2007).

Et bien c'est un échec.

J'ai détesté cela. Détesté d'une façon incroyable, en maudissant l'auteur et son sujet qui me rendaient irritable et de mauvaise foi. En fait, pour être exacte, ça m'a d'abord fait le même effet que ma lecture de Bonjour Tristesse (pour la postérité, voici ce que je pensais de Bonjour Tristesse, attention, c'est lapidaire: " Bonjour tristesse de Françoise Sagan: ne plus jamais lire. C'est à mourir d'ennui: l'intrigue est amenée à la truelle, les développement sont grossiers, stupides et invraisemblables, l'écriture est ampoulée et fatiguante, les péripéties inexistantes... et le "fameux" scandale sexuel de ce roman se résume à un ou deux "frissons de plaisir" et "nous nous aimâmes physiquement". N'importe quoi. Heureusement que c'était tout au plus une centaine de pages, sinon je ne l'aurais pas fini. Un autre roman qui me fait entretenir l'idée qu'on ne doit pas publier des auteurs trop jeunes, ils n'ont généralement rien à dire, et pire, aucune façon de le dire."), à ceci près que je ne pouvais absolument pas reprocher à Gilles Leroy d'avoir 18 ans.

Bref. Au départ, l'idée d'une biographie très très romancée sur la vie du couple littéraire le plus glamour des années 20, Zelda et Francis Scott Fitzgerald me semblait intéressante. Toutefois, Leroy a eu le don de rendre chacun de ses personnage insupportables (Zelda autant que Scott, ce qui fait beaucoup de monde à détester dans un roman à deux personnages), en plus d'être incapable de donner de la crédibilité à leurs paroles (ok, je m'excuse d'insister, mais quand les personnages parlent, on dirait un roman écrit par une adolescente. C'est mauvais !!!). Finalement, le montage de leurs vies est véritablement fait à la truelle: certains épisodes grossiers et désagréables sont invraisemblables (l'avortement de Zelda ou son internement "de force", notamment, alors que l'évolution de sa schyzophrénie fut très bien documentée), et pour ne s'aider aucunement, Gilles Leroy mentionne à la fin tous les rajouts qu'il a utilisé pour raccorder les vies de ces icônes de la génération perdue. Ce sont, évidemment, tous les épisodes dérangeants qui me sont restés en travers de la gorge.

Finalement, on parlait de ce roman comme "le grand roman américain" de Gilles Leroy. Quelle idée absurde et hexagonale ! Qui parlerait d'un grand roman américain quand la plupart de l'intrigue se déroule en Europe ? Quel écrivain peut prétendre écrire "un grand roman américain" en direct de la Province ? L'américanité, ça se vit par tous les pores de la peau, pas dans la tête ! Est-ce que quelqu'un aurait l'ignoble idée de décréter que Paris est une fête est "le grand roman français" de Hemingway ?

Décidément, l'Académie Goncourt, depuis Les mandarins, n'a rien honoré de bon.

2 commentaires:

aka Danger Ranger a dit…

Les gagnants de grands prix, et en général ce qui se publie en France, faut juste pas lire ces cochonneries...

Pas trop...

En tout cas, moi, j'ai abandonné. Quand je prends le temps de lire un livre, j'aime beaucoup mieux découvrir des auteurs américains. La litt française... c'est tellement lourd, je trouve!

Daiva a dit…

J'ai lu beaucoup d'auteurs américains après L'Amérique au jour le jour, surtout Dos Passos, Faulkner, Sinclair, Thoreau... C'est vrai que c'est différent et souvent, très innovateur (je pense à U.S.A de Dos Passos). En même temps, je me dis que si on prend la peine de dire d'un livre que c'est le meilleur nouvel auteur publié cette année-là (par exemple), ça doit valoir la peine. Je me suis rendue compte que non, pas vraiment.

Dernière déception en lice: La route de McCarthy. Mon dieu, d'un ennui !

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